Le fractionnement du revenu: avantageux pour la société?

D’après la mise à jour économique qu’il a publiée, le gouvernement fédéral conservateur renoncera à afficher un excédent budgétaire cette année et, à la place, empruntera de l’argent pour financer de nouvelles mesures fiscales, notamment le fractionnement du revenu.

Au cours des deux derniers mois, les conservateurs ont annoncé des modifications fiscales dont le coût s’élève à plus de 3 milliards de dollars pour l’année courante, en particulier, une onéreuse mesure de fractionnement du revenu. S’ils avaient suivi le plan établi par le regretté Jim Flaherty, le budget fédéral afficherait un modeste excédent cette année, au lieu d’un déficit de 3 milliards.

Au début de l’année, M. Flaherty a exhorté les conservateurs à abandonner l’idée de permettre le fractionnement du revenu en disant : « Je crois que le fractionnement du revenu doit être analysé longuement et rigoureusement […] afin de savoir qui il touchera et dans quelle mesure, parce que je ne suis pas convaincu que, dans l’ensemble, ce soit avantageux pour la société ».

Il avait raison. La nouvelle mesure de fractionnement du revenu que projettent les conservateurs (ce qu’ils appellent la « baisse d’impôt pour les familles ») ne rapportera pas un sou à plus de 85 % des ménages canadiens. En revanche, cette mesure coûtera à la population 2,4 milliards de dollars, rien que cette année.

Nous ne pensons pas qu’il est juste de demander aux familles de la classe moyenne de payer encore plus pour accorder un allégement fiscal de 2000 $ à des familles comme celle du premier ministre. Un gouvernement libéral s’attacherait plutôt à aider la classe moyenne.

On constate en outre, dans cette mise à jour économique, une baisse du taux de croissance de l’économie canadienne, chaque année entre 2015 et 2019, ainsi que l’inutilité des dernières mesures fiscales des conservateurs pour renverser cette tendance. Ce n’est pas acceptable. Il est temps que le gouvernement change de cap, fasse de l’économie sa priorité et commence à faire passer les emplois canadiens et la croissance avant la politique.