Journalistes, liberté d’expression et PKP

Journalistes professionnels actifs ou retraités, nous avons constaté que le débat lancé par une motion de l’Assemblée nationale pour exclure de la vie parlementaire le député de Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau, a suscité de nombreuses polémiques où l’on semble confondre éthique journalistique, pouvoir de la presse et pouvoir politique.

Nous croyons que le Conseil de presse du Québec a eu raison de décliner l’invitation du gouvernement à intervenir dans cette affaire qui est d’ordre politique.

Nous affirmons que ce sont les journalistes eux-mêmes qui doivent respecter leur code de déontologie et s’assurer du respect de leur liberté d’expression, ainsi que de l’indépendance des salles de rédaction, des chroniqueurs et des éditorialistes.

À notre avis, tout citoyen, démocratiquement élu, a non seulement le droit de siéger à l’Assemblée nationale, mais aussi celui d’aspirer à apporter sa contribution à tous les niveaux politiques.

Dans le cas spécifique de l’actionnaire principal d’un groupe de presse, nous serions tout à fait rassurés s’il plaçait ses actions dans une fiducie sans droit de regard, sauf celui de pouvoir interdire au fiduciaire désigné de vendre son patrimoine sans son approbation.

En conclusion, nous soutenons donc que ces conditions étant remplies, M. Péladeau peut très bien poser sa candidature à la direction du Parti québécois, voire devenir un jour premier ministre du Québec.

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7 commentaires
  • Monique Brodeur - Abonnée 11 novembre 2014 07 h 31

    Tout à fait raisonnable

    Tout à fait raisonnable, madame et messieurs les journalistes. Ce ne sera sûrement pas plus dommageable pour la démocratie que l'influence du groupe Gesca (La Presse et autres) sur le Parti Libéral!

  • Normand Ouellet - Inscrit 11 novembre 2014 07 h 46

    Remettre les perspectives à l'endroit

    Bravo! voilà une position claire et bien communiquée qui fait appel au respect et à la responsabilisation des citoyens.

  • François Séguin - Abonné 11 novembre 2014 07 h 50

    Conseil de presse du Québec

    Vous semblez considérer que le Conseil de presse a un bon jugement dans l'affaire Péladeau. Un organisme digne de foi en matière journalistique. Avec raison.

    Vous omettez toutefois un peu facilement de mentionner que c'est le même Péladeau qui a décidé que les journaux de Quebecor n'adhéreraient plus plus au Conseil de presse. Monsieur considérait que "ses" journaux n'avaient pas de comptes à rendre. Si le passé est garant de l'avenir...

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 12 novembre 2014 05 h 43

      « "ses" journaux n'avaient pas de comptes à rendre» « Si le passé est garant de l'avenir...» Il est possible que le monsieur dise : «Le Québec n'a plus de compte à rendre au Canada.»
      Je mettrais un vieux«deux» là-dessus.

      Bonne journée.

      PL

    • Michel Sénécal - Inscrit 13 novembre 2014 06 h 58

      @ pierre lefebvre

      vous avez tout compris: pas de compte a rendre.

      Comme si ses médias étaient au-dessus de tous ça, l'étique, le bon goût.
      Alors que c'est pourtant ses tabloids qui en auraient le plus besoin.

      ...pas de compte a rendre.
      comme quand tu ne t'exprimes qu'a travers face de bouc... et refuses de répondre aux journalistes... comme s'il était au dessus de ça, PKP.
      Comme s'il n'avais justement pas de compte a rendre.

  • Gilles Théberge - Abonné 12 novembre 2014 13 h 21

    Comme disait l'autre

    Quand je dis l'autre, je ne parle pas de sa femme qui est capable de parler pour elle-même. Je parle de celui qui disait préférer un premier ministre possédant un Empire de presse, qu'un Empire de presse possédant un premier ministre.

    Arrêtez de nous bassiner les oreilles avec ça. Ouvrez vos yeux, l'Empire Gesca loge les libéraux dans son château, les couche, les nourrit, et les abreuve.

    Et après ils viennent nous dire en pleine face et sans rire qu'ils ne parlent pas de politique.

    Comme disait Léo Ferré «on peut rire de moi, ça dépend de quel rire»!

  • Gervais Pomerleau - Inscrit 12 novembre 2014 16 h 58

    Les journalistes du Devoir...

    C'est ce que j'aime quand je lis le Devoir: des journalistes qui réfléchissent avec leur tête plutôt qu'avec leur chèque de paye! Pour moi, c'est ça un vrai journaliste.