Champlain et le ridicule

Pour que le ridicule des Harper, Lebel et compagnie, qui semblent vouloir renommer le pont Champlain en l’honneur d’un joueur de hockey, nous saute aux yeux, imaginons à Paris le pont d’Austerlitz reconstruit et le gouvernement songeant à le baptiser Zinédine-Yasid-Zidane. Ou, comme un journaliste l’a fait remarquer, imaginons à New York le pont George Washington refait et devenant le pont Babe-Ruth…

S’il faut tabler sur la popularité de célébrités, pourquoi pas le pont Céline-Dion, dont la voix relie Montréal à Las Vegas, ou le pont Louis-et-Véronique ? Car les sports, l’actualité et le monde du spectacle nous grisent de bonheurs par procuration, mythiques, de même que les buts de l’électrisant Maurice Richard au regard de feu ont donné du coeur au ventre à un peuple qui se croyait alors né pour un petit pain, ainsi que la gouaille de la Poune et les muscles bombés de Louis Cyr nous ont fait un petit velours. Le Canada anglais n’aime-t-il pas nous voir folkloriques ?

Samuel de Champlain, c’est les ligues majeures ! Il fut un grand voyageur au même titre que Marco Polo ou Vasco de Gama, et un découvreur remarquable. Même les Américains ne changeraient pas le nom du lac éponyme pour la seule raison qu’il leur donna des raclées militaires avec ses alliés amérindiens ! Il découvrit notre pays et le fonda, le cartographia, le décrivit, le gouverna, en sillonna les lacs et les rivières. Contre l’ahurissante stratégie de récupération politique des conservateurs, il nous faut préserver notre mémoire historique pour les générations à venir, de peur que la réalité du monde et l’histoire universelle n’échappent aux enfants de la télé et aux réseautés pour qui la vie est Bell.

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