Le cas de l’Écosse

Vers un nouveau Moyen Âge? Cette question, empruntée à Alain Minc (Le nouveau Moyen Âge) me paraît fort appropriée à la suite du vote écossais. Faut-il interpréter ce dernier comme l’assentiment à demeurer fidèle au Royaume-Uni prospère ou comme un premier coup d’épée dans une union qui n’a plus sa raison d’être dans une Angleterre exsangue et constamment au bord d’une récession ? Le Non exprime selon moi une forme de nostalgie pour un empire disparu.

Il semble bien que la décadence amorcée durant la Première Guerre mondiale et qui n’a fait que s’accentuer après la seconde provoquera inévitablement un éclatement des régions jadis rattachées à un pouvoir centralisateur fort comme le concevaient Louis XI et Richelieu. L’Angleterre, jadis l’empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais, ne résistera pas tôt ou tard à cette implosion venant de l’Écosse. Ce n’est pas tant le résultat du vote qui importe ici que l’idée d’une sécession possible qui se répandra en Catalogne, en Bretagne, en Corse ou ailleurs, comme en Italie.

L’Europe, y compris le Royaume-Uni, ne peut d’aucune façon imposer son hégémonie comme c’est le cas pour les États-Unis ou la Chine. […] L’Écosse n’a pas plus de raisons d’appartenir à la Grande-Bretagne que jadis la Norvège à la Suède. Cette parcellisation du territoire européen pourra sembler regrettable en ce qu’elle affaiblirait le Royaume-Uni. Mais c’est bien parce que ce dernier est faible que l’Écosse ne voit aucun intérêt à servir de cataplasme sur une jambe de bois. L’Angleterre peut bien promettre mer et monde ; elle n’a hélas plus les moyens de ses ambitions.

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