Transports en commun gratuits?

Malgré la bonne volonté des petits gestes que nous pouvons faire chaque jour pour améliorer l’environnement, il faudra bien que de grands gestes soient aussi faits pour que l’on puisse constater un tant soit peu des changements vérifiables et concluants pour vivre dans un monde moins pollué.

À titre d’exemple, pourrait-on envisager que le mieux-être de notre monde passe par un accès gratuit aux transports en commun dans les villes ? Un service public qui pourrait devenir entièrement subventionné par nos gouvernements avec l’aide du privé. Sinon, ce service pourrait être financé par les postes de péage de nos autoroutes. Mais là, on verrait sans doute une forme d’ironie ou d’affront aux automobilistes.

Force est de constater que l’un des facteurs importants de la pollution dans les villes vient du nombre de plus en plus grand de ces mêmes automobilistes. Offrir la gratuité aux utilisateurs du transport en commun aurait-il pour conséquence de créer d’autres problèmes liés à l’urbanisme, tels le manque d’espace dans les métros ou une demande trop forte en effectifs ; trains de banlieue, autobus, transports adaptés, etc. ? Je ne le crois pas, puisque cette gratuité deviendrait un incitatif pratique et économique pour bien des travailleurs, malgré les quelques inconvénients que cela pourrait amener. Et le vrai problème actuel, n’est-il pas l’accroissement vertigineux du parc automobile ici même au Québec et partout dans le monde d’ailleurs ?

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8 commentaires
  • Sébastien Paquin - Inscrit 24 septembre 2014 04 h 34

    Le transport en commun est déjà saturé aux heures de pointes à Montréal. Il n'y pas de place pour plus d'usagers dans les trains de banlieue et le métro. La gratuitité n'y changerait rien.

    • Jean Richard - Abonné 24 septembre 2014 11 h 07

      Vous avez sans doute raison : la gratuité n'est pas une solution car pour la majorité des gens circulant en ville, le coût est loin d'être le facteur le plus important quand vient le temps de choisir un moyen de transport.

      En banlieue surtout, les mesures incitatives élaborée sur cette notion de bas coût ou pire, de gratuité, ont échoué. La part modale des transports en commun dans la mobilité suburbaine est encore et toujours à la baisse (on dissimule souvent la réalité en disant que la fréquentation des TEC a augmenté – mais en oubliant de préciser qu'elle a moins augmenté que la population automobile).

      On pourrait même aller plus loin en faisant une remise en question de l'abonnement à usage illimité. Le syndrome du buffet chinois, vous le connaissez ? Vous payez un prix fixe et vous mangez à volonté. Vous y voyez ainsi des gens qui se servent quatre ou cinq assiettes remplies à ras bord, et inévitablement une partie de ce contenu va à la poubelle.

      L'abonnement périodique pourrait ressembler à ceci : ça coûte cher le premier jour et le reste du mois, c'est gratuit. Pour « rentabiliser » le coût du laisser-passer, on utilise l'autobus ou le métro le plus possible, même entre deux stations. Ça contribue à la saturation sans améliorer la mobilité. Idem pour Bixi d'ailleurs. À Madrid, on a conservé cette notion de tarif à la pièce quand on a mis en place BiciMad (vélos en libre service). L'abonnement à BiciMad est beaucoup moins cher que celui à Bixi, mais en contrepartie, il y a un montant à payer pour chaque déplacement.

      Une telle approche pour les TEC pourrait à moyen terme améliorer leur efficacité, ce que la gratuité ne fera probablement jamais.

  • J-F Garneau - Abonné 24 septembre 2014 13 h 30

    Question de priorités

    La question est à savoir, est-ce que chaque nouveau dollar investi dans le transport en commun devrait aller pour la gratuité du service ou plutôt vers une meilleure couverture du réseau?
    La Suisse, ou j'habite présentement, possède un des réseaux ferroviaires les plus denses au monde, et les Suisses demeurent les plus grands utilisateurs de train au monde, devant même les japonais, avec 2307 km per capita.
    La densité des transports en commun est aussi très importante (trains, bus, tramways). Les trains circulent à des fréquences élevées toute la journée.
    Dans la plupart des agglomérations, il n'y a aucun problème pour voyager par transports en commun. Pour moi, l'agrandissement du réseau prime nettement avant la gratuité. En Suisse (le pays est relativement riche, soit) mais un "abonnement général" donnant droit à tous les trains et transports en commun de façon illimitée, coute CHF3500 par année (+/- $4,000) et plusierus autres options d'abonnement (demi-tarif) existent. La clé, c'est la couverture, la qualité et la fréquence, pas le prix.

    • Marie Allard - Inscrite 24 septembre 2014 22 h 12

      La densite de peuplement de la Suisse n'a rien a voir avec celles du Quebec...

    • J-F Garneau - Abonné 25 septembre 2014 09 h 46

      @Mme Allard,
      1- Ce n'était vraiment pas mon point... mais plutôt un investissement dans une plus grande desserte avant la gratuité. Les gens le prennent s'il est là et pratique.
      2- vous avez raison la densité du des agglomérations urbaines du Québec est supérieure à celles de Suisse! Zurich a une densité de 4234 habitants/km2 alors que Montréal est de 4517.

      La réalité c'est que si pour faire un parcours en transport en commun il faut 4 à 6 fois plus de temps que pour le même parcours en auto légèrement hors pointe, genre 7h pm, la gratuité ne prêchera qu'aux déjà convertis.

    • Sylvain Auclair - Abonné 25 septembre 2014 12 h 22

      La zone peuplée du Québec n'est pas si grande. Personne ne s'attent à une autoroute Montréal-Kuujjuaq.

      La Suisse est montagneuse. Cette difficulté doit bien compenser la densité.

  • Marie Allard - Inscrite 24 septembre 2014 22 h 11

    Le Québec et les distances à parcourir demeurent un problème. Même à l'intérieur d'une métropole comme Montréal, tout le transport en commun est orienté vers le centre-ville.
    Je travaille souvent en région accessible uniquement par avion...ces gens paient les mêmes impôts (les inuits ne sont pas des Indiens au sens de la loi et sortir de chez eux coute des milliers de dollars).

    Ceci dit, on n'a même pas besoin d'aller aussi loin...étant résidente de Montréal impossible d'aller nulle part en dehors des heures pointe sauf au centre-ville en moins de deux heures (essayez Île-des-Soeurs - Baie d'Urfe en zone industrielle...faut ajouter le taxi). Tout le transport en commun est fait en faveur d'un seul denominateur commun: le centre-ville de Montreal.

  • Carroll Roy - Inscrit 24 septembre 2014 22 h 19

    Utilisateur, payeur...

    Quelle est la contribution d'une personne qui utilise le transport en commun pour payer les routes, les frais de péages....? Je dirais nul car le prix du ticket ne va uniquement que pour la Commission de transport.

    Alors, tout passager qui traverse le futur nouveau pont champlain devrait payer une parti de la somme de son ticket pour le péage du pont. Traverser en auto ou en autobus.... c'est traverser pareil....donc, pas de passe droit aux utilisateurs du transport en commun. rien de moins.