Lapidation sans cailloux

Les propos tenus par un grand nombre de citoyens, à la suite de la libération de Guy Turcotte, me font peur. Très. J’entends les mêmes arguments que ceux utilisés par les défenseurs de la peine de mort aux États-Unis. La foule déchaînée, stimulée au maximum par des commentateurs inconscients, réclame justice. Mais quelle justice ? Celle de la justice populaire, celle qui mène à la lapidation sans cailloux d’une personne qui, jusqu’à maintenant, n’a pas été déclarée coupable d’un meurtre déjà avoué.

Le juge Vincent a rendu un jugement basé sur les règles de droit en vigueur au Québec. Prévoyant la réaction colérique d’une population qui préfère l’émotion à la raison, il a expliqué que sa décision était appuyée sur ces mêmes règles et qu’en juge sage il les appliquait comme il se devait de le faire. Le peuple n’est pas d’accord ? Tant pis, il n’a pas à en tenir compte, ce qui est fort rassurant. Il n’est pas payé pour augmenter un auditoire, mais pour analyser une situation le plus objectivement possible.

Je crains aussi que les gens veuillent se faire justice eux-mêmes. Comme au Moyen-Âge. Il est donc urgent que les stimulateurs de hargne calment les esprits. Sinon, nous pourrons les en tenir responsables.

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