Le piège de la performance

La consommation d’antidépresseurs, d’anxiolytiques et de barbituriques augmente à un rythme ahurissant depuis plusieurs décennies. Nous voulons toujours plus et encore, jamais satisfait de ce nous avons, et, par le fait même, nous poussons encore plus la machine humaine pour être capable de se procurer financièrement ce qui nous manque. Ce cercle vicieux nous rend encore plus malades, et pourtant le rythme de la société continue de s’accélérer toujours et encore dans un cycle sans fin de plus en plus profond, nous poussant directement vers les maladies de l’âme.

 

Nous courons après le bonheur et nous récolterons le désastre. Cette cadence effrénée ne laisse plus à l’être humain le temps de réfléchir, de s’amender. Plus on accumule les connaissances, plus on bouge vite, plus on fait des choses en quantité, plus, théoriquement, on va être quelqu’un dans la société. Pourtant, au contraire, tout cela, selon moi, dirige l’individu directement à un abonnement chez le psychologue. Ces fausses valeurs sociales rendent l’individu malade et, par le fait même, l’ensemble de la société […].

 

Au lieu de consulter un psychologue, peut-être serait-il temps de diminuer le tempo et de se donner tout simplement du temps libre, du temps à ne rien faire, du temps pour méditer, du temps pour réfléchir. La ligne de démarcation a été franchie et, pour notre santé collective, nous devons ralentir car nous sommes en train de nous assassiner. Le manque de contentement individuel nous rend constamment insatisfaits de notre état intérieur. En quelque sorte, nous courons après du vent, de l’autovalorisation qui se transforme dès le lendemain, à recommencer cette quête d’être dans les normes de la société, c’est de l’autodestruction collective. De l’automutilation spirituelle.

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10 commentaires
  • Josée Duplessis - Abonnée 26 juin 2014 06 h 15

    Au lieu de consulter un psychologue?
    Peut-être que la conscientisation peut commencer chez le ou la psychologue. Ils peuvent être de bons guides parfois...et ça peut être de courte durée.

  • François Beaulé - Abonné 26 juin 2014 08 h 03

    La spiritualité se développe en groupe

    Ralentir est important. Mais l'être humain a besoin d'intégration sociale. Et s'il recherche exagérément et frénétiquement l'intégration économique, c'est que son besoin d'intégration sociale est pervertie par le système économique.

    Pour sortir de cette dépendance, il faut un soutien du groupe, il faut une culture de la spiritualité. Il faut un retour du religieux.

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 26 juin 2014 08 h 41

      D'accord, mais en faisant la distinction avec la structure religieuse ou l'église institutionnelle, n'est-ce pas?

    • François Beaulé - Abonné 26 juin 2014 08 h 50

      Ou en révolutionnant la religion.

    • Raymond Turgeon - Inscrit 26 juin 2014 13 h 44

      Ma démarche spirituelle se passe très bien de religion.

  • Jacques Morissette - Inscrit 26 juin 2014 11 h 39

    Notre nature humaine nous veut surtout du bien quand on sait l'écouter.

    Une meilleure connaissance de l'être humain éviterait les excès. Le système économique se nourrit de ces excès que l'être humain est porté à faire, pensant que c'est en courant avec et en compéttion avec les autres qu'on peut le mieux s'adapter.

  • Nicolas Bouchard - Inscrit 26 juin 2014 12 h 11

    En effet

    Éloge de la lenteur - Carl Honoré

    Merveilleux livre que je recommande à tous !

    Nicolas B.

    • Jacques Morissette - Inscrit 26 juin 2014 14 h 28

      Oui, ispiré par son contenu, je le lis encore depuis plus d'un an. Je le savoure.

  • jean-marc girard - Inscrit 26 juin 2014 21 h 56

    jean-marc girard

    Mme Duplessis,vous avez raison, a certain moment le psy peut-etre tres utile mais je parlais surtout de revenir a calmer le ryhtme de la vie pour tous.