Sauvées malgré elles

Alors que notre société accorde aux femmes la possibilité d’exercer leur libre arbitre et d’exprimer leur choix de vie, des interventions s’accumulent pour les « protéger », qu’elles le demandent ou non. Cela a commencé par des velléités de l’interdiction du port du voile islamique pour les employées de l’État contenues dans la charte des valeurs québécoises. Un des arguments : « Les pauvres femmes, elles sont soumises à leur mari, leur père, leur frère, leur communauté, etc. Il faut les aider pour qu’elles s’en sortent. »

 

Puis, le Conseil du statut de la femme s’y est mis en proposant la transformation de l’union de fait en une union plaçant en commun tous les avoirs du couple après deux ans de vie commune, même sans enfant. Maintenant, le gouvernement canadien y va pour « encadrer » la prostitution avec sa loi C-36, qui permet la vente du service (la prostitution), mais en interdit l’achat. Ces dispositions accroissent le danger pour les prostituées qui, au lieu de se protéger elles-mêmes, seront obligées de protéger leurs clients. Situation proprement kafkaïenne ! Il ne fait pas de doute que certaines personnes ont besoin d’aide pour se sortir d’une situation qu’elles n’ont pas librement choisie. Toutefois, est-il nécessaire de les contraindre toutes dans la voie adoptée par d’autres ?

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4 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 12 juin 2014 10 h 55

    Charte de la laïcité

    Bien que je déplore comme vous la tagente qu'a prise le débat sur la laïcité, je reste convaincu qu'il se serait agi d'un plus pour notre société si l'État et ses représentants étaient devenus laïques. Mais ça veut aussi dire pas de Je vous salue Marie à Saguenay et pas de messe publique pour les victimes de Lac-Mégantic.

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 12 juin 2014 16 h 27

      Ni d'exemptions fiscales aux organisations religieuses, ni de financement aux écoles confessionnelles.

  • Philippe Stephenson - Inscrit 12 juin 2014 11 h 11

    Les féministes connaissent le droit chemin

    C'est que pour certains, si on n'est pas d'accord, c'est soit à cause d'une mauvaise volonté de notre part, ou parce qu'on s'est fait laver le cerveau. Par exemple : les femmes musulmanes qui disent porter le voile selon leur volonté ont tort - c'est qu'elles ont intériorisé la patriarchie! À leur insu, bien entendu - mais heureusement les féministes occidentales sont là pour leur montrer le droit chemin. Si, par contre, un homme défend la liberté des femmes de porter le voile, de se prostituer - bref, de faire ce qu'elles veulent (si c'est effectivement ce qu'elles veulent) - sont sûrement de mauvaise foi, et ne font qu'avancer cer arguments pour défendre la suprématie masculine.

    C'est facile comme ça - quand on a découvert le droit chemin, nul besoin de défendre ces arguments, ou de respecter les choix des autres, y compris ceux des femmes qu'on prétend aider.

    • Jana Havrankova - Abonnée 13 juin 2014 10 h 50

      Merci, Monsieur Stephenson, de votre commentaire. Mon texte aurait pu en effet s'intituler de façon ironique « Le droit chemin ». Ou, mieux, le Droit Chemin, vu la forte dose de paternalisme/maternalisme que contiennent ces propositions de « protection ». Jana Havrankova