La pensée unique

À écouter les commentaires des experts, chroniqueurs, politiciens, sauf exception, mercredi à la suite du dépôt du budget du gouvernement du Québec, on avait l’impression de se retrouver à l’époque des agences de presse russe (La Pravda) et chinoise (Chine nouvelle), où la pensée unique sévissait dans ces pays, comme c’est encore largement le cas aujourd’hui.

 

Comment peut-il en être de même dans notre société dite démocratique ?

 

Ceux et celles qui, au quotidien, nous disent quoi penser tenaient à peu près tous et toutes le même discours mercredi : les finances du Québec sont dans un état catastrophique, le pire reste à venir, il faut se serrer la ceinture, il faut couper dans les services publics, etc. Quelle belle unanimité ! À peu près aucune voix discordante, sauf quelques « groupes de pression » à qui il faut quand même laisser quelques secondes pour exprimer à l’antenne quelques notes discordantes au sein de l’orchestre où tous les musiciens jouent la même note.

 

Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que l’on nous donne l’impression qu’il faut tous penser pareil. Parce que les intérêts que défend tout ce beau monde sont tous les mêmes. Parce que tout ce beau monde défend le système en place. Parce que tout ce beau monde ne veut rien changer. Parce que ça s’appelle LA DÉMOCRATIE…


 
21 commentaires
  • Guy Vanier - Inscrit 6 juin 2014 05 h 57

    Non pas LA DÉMOCRATIE!

    OLIGARCHIE.....

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 6 juin 2014 07 h 20

      Tout à fait d'accord, monsieur Vanier.

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 6 juin 2014 09 h 50

      Tout à fait d'accord, monsieur Vanier, mais avec un bémol,
      corporatocratique.

    • Gilles Théberge - Abonné 6 juin 2014 17 h 18

      Oui oligarchie effectivement. Mais le peuple la sert bien en la soutenant sans relâche ostensiblement.

    • Françoise Breault - Abonnée 7 juin 2014 09 h 00

      Ploutocratie...pas démocratie. Cette dernière a été baïllonnée avec les accords de libre-échange et malheueusement nos gouvernements ont contribué à la ligoter.

  • Martin Pelletier - Inscrit 6 juin 2014 07 h 26

    Très juste

    Tout le monde a la même cassette: le Québec s'en va dans le mur. Aucun bémol.

    Pourtant deux chiffres indiquent le contraire.

    En 1997, le service de la dette représentait 15% du budget du Québec. Hier, on apprenait que c'était à peine 11%. Non seulement, le service de la dette dans le budget n'augmente pas, mais il diminue.

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 6 juin 2014 16 h 32

      Non seulement ça, mais le calcul du service de la dette est myope : il ne tient pas compte du fait que le montant déjà existant de la dette baisse de valeur.

      Donc prenez la dette brute et multipliez-la par l'inflation moyenne annuelle (2 %). C'est environ 3,8 milliards de $ de faux frais. Le coût réel de l'endettement est donc environ 5 % (du budget) de moins que ce qu'on dit ! C'est comme si le service de la dette était seulement 6 % du budget. Les corollaires de ça, c'est que quand on fait un déficit zéro, ça rembourse 3,8 milliards de $ de dette, et que pour que la dette ne change pas de valeur, il faudrait faire un déficit de 3,8 milliards de $.

      Le zéro comptable est biaisé par rapport à l'inflation et ça explique en partie pourquoi on semble faire aussi facilement des budgets déficitaires à répétition.

  • Christian Montmarquette - Inscrit 6 juin 2014 07 h 38

    Québec solidaire diffuse un contre-discours

    Si je suis d'accord avec vous sur la majeure partie de votre lettre Monsieur Chartrand, je trouve que vous omettez vous-même un élément important, soit le contre-discours à cette « pensée unique » que nous offre désormais Québec solidaire à l'Assemblée nationale elle-même.

    Je veux bien comprendre que vous n'avez pas apprécié certaines positions de QS. Mais, en taisant de la sorte l'orientation et l'action du seul parti antinéolibéral et anti-austérité du Québec, ne contribuez-vous pas vous-même à laisser en place le mal et la pensée unique dont vous vous plaignez?

    Personnellement, j'espère vivement que vous vous rallierez, parce que s'il est impossible d'être 100% d'accord avec les positions d'un parti politique.. QS demeure selon moi, le seul parti qui offre une alternative à cette pensée unique qui, je vous l'accorde, étouffe la pensée critique et étouffe notre démocratie à petit feu.

    «Aujourd’hui, nous vivons en démocratie, mais nous constatons que là où il y avait un «parti unique», il y a maintenant une «pensée unique.»―Ignatio Ramonet : «La «pensée unique», nouveau visage de la dictature»

    • Paul Gagnon - Inscrit 6 juin 2014 10 h 05

      Ce qui nous fait donc deux pensées uniques!
      Pardon, il ne s'agit pas ici, dans les deux cas, de pensée mais d'idéologie, avec un zest de morale et de bon sentiment en plus pour QS.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 6 juin 2014 11 h 15

      Pour plusieurs le contre-discours de Q. s. est irréaliste, irréalisable, entre autres parce qu'il n'explique pas où il prendra l'argent pour mettre sur pied ce monde idéal. Et cela c'est en plus du fait que si Q. s., ce monstre à deux têtes, était élu on ne sais même pas qui serait premier ministre.

      Tout cela explique que malgré un député de plus de temps à autres, depuis son dernier congrès de 2006, ce parti plafonne.

      D'autre part, parlant de contre-discours, Jean-Martin Aussant à la tête d'Option nationale a été le premier, le seul à mon avis à parler du côté positif de l'indépendance en ce qui concerne les finances de l'état. Aussant, comme Parizeau était et est toujours économiste, mais jamais Parizeau n'a tenu ce discours. Le discours d'Aussant était farçi d'exemples, en ce qui concernait entre autres la gratuité scolaire et aussi un tout petit exemple que Marois avait mentionné sans le citer, lui, lors de son "intronisation" à l'assemblée nationale. Selon ce que l'un et l'autre ont avancé, le Québec est la seule province canadienne où les citoyens doivent produire deux rapports d'impôts, ce qui coûterait une fortune à Québec; Marois sans en faire une promesse avait bien dit qu'il fallait arrêter cela, mais n'a rien fait, quand à Aussant il s'est débiné pour des raisons plutôt obscures, une histoire de famille, ouais...

      Cela dit, le silence de Parizeau et tout le reste, y compris ce dont je ne parle pas ici, me pousse à me demander si malgré qu'on ait tourné en bonne partie le dos à la religion, à sa pratique et à son discours, nous ne serions pas resté du côté d'une sorte d'allergie à l'argent surtout dans la sphère publique? qui nous amène à faire et à dire n'importe quoi. Ainsi je trouve assez étrange que le P. q. semble s'enligner du côté du PLQ là-dessus...

    • Christian Montmarquette - Inscrit 6 juin 2014 13 h 06


      «Ce qui nous fait donc deux pensées uniques!» - Paul Gagnon, .


      Ce commentaire ne tient pas debout.

      S'il n'y avait que le PQ, le PLQ et la CAQ qui endossent tous le néolibéralisme, c'est là, ou nous aurions une pensée unique, alors que justement Québec solidaire vient donner le contre-discours pour que le Québec ne se retrouve pas devant la même idéologie soutenue par trois partis politiques qui tentent de nous faire croire qu'ils sont différents, alors qu'ils prônent tous le même régime économique et le même type d'administration publique.

      Et je ne vois pas ce qu'il y a de mal a soutenir une « morale politique», parce que c'est justement parce que nous sommes gouvernés par des gens sans morale que nous avons autant de pauvreté et de corruption au Québec.

  • J-F Garneau - Abonné 6 juin 2014 08 h 31

    Pensée Unique vs Pensée Magique

    S'il est vrai que plusieurs s'entendent, c'est peut-être qu'il y a des faits, objectivement vérifiables et vrais, sur la situation financière du Québec.

    Maintenant, si vous voulez discuter des solutions possibles et des choix auquels nous sommes confrontés, c'est un autre sujet. Mais force est d'admettre qu'avec la liberté dont nous jouissons et de la diversité des sources que nous avons pour se "faire une tête" qui incluent les journaux, la télé, mais aussi les blogues, les médias sociaux... et aussi de la liberté que nous avons pour intervenir... de comparer le tout à la Russie de la Pravda et à la Chine relève de la mauvaise foi. Ironique de vous préciser que votre lettre ouverte dans ces pages prouve ce point abondamment.

    Mais voilà, la démocratie, ça demande malheureusement un peu de travail.

    S'il n'y a pas de bémols quant au constat (oui le Québec s'en va dans un mur) il y a d'autres parts bien des voix différentes quant aux solutions et remèdes, et c'est là que se joue la démocratie.

    Je préfère encore, par ailleurs, quant aux constats à apporter quant à la situation réelle du Québec, la Pensée Unique lorsque basée sur des faits, que la Pensée Magique qui nous permetrait, encore une fois, de pousser tout choix essentiel sous le tapis, en feignant que tout va très bien.

  • Jacques Morissette - Inscrit 6 juin 2014 09 h 08

    En effet, un gouvernement pris en otage par la ploutocratie et la pensée unique de l'oligarchie, sous l'influence du Syndrome de Stockholm.

    L'oligarchie et la pensée unique. Je comprends qu'il faut se serrer la ceinture. L'oligarchie ne donne pas les bonnes raisons, le fait aussi et surtout sur le dos de la population, comme si c'était elle la vraie responsable. Chose dont je doute! JM