Lettre - Soixante jours

En ce qui concerne la sentence de 60jours de prison reçue par un père pour avoir tué accidentellement sa fille, deux réflexions.

 

D’abord, il y a peu de temps encore, les châtiments physiques étaient normaux dans nos sociétés. La majorité de ma génération a été élevée, il y a maintenant plus de 60 ans, avec des gifles, des tapes sur l’arrière-train, des fessées et même le fouet. Tout ça était considéré comme normal, faisant partie de la bonne éducation, sévère mais juste. Avec le temps et la réflexion, la société n’a plus, heureusement, accepté ces valeurs, les a dénoncées et en a interdit l’usage. La gifle est très rare, mais la tape sur les fesses n’a pas disparu.

 

Les modèles de comportement en société sont les premiers acquis d’un ou d’une enfant. En général, les parents qui battent ont le plus souvent été des enfants battus. Il y a de nombreuses exceptions.

 

Deuxièmement, Moussa Sidimé a sans doute été élevé dans ce système d’éducation. Il répète le modèle, en toute bonne foi. Mais ce n’est pas une excuse. Si, légalement, aucune auto ne s’arrêtait à la lumière rouge, si tout le monde pouvait voler son voisin, la vie sociale serait, c’est un euphémisme, difficile et violente. Notre type de société a interdit par la loi que l’on frappe les enfants. Ce qui n’a pas éradiqué la problématique, mais on avance. Ne pas oublier que dans le droit romain, le père avait droit de vie et de mort sur ses enfants et n’avait aucune responsabilité d’en répondre devant une quelconque juridiction.

 

Il y a des valeurs que notre société ne peut plus accepter. Battre ses enfants ou battre sa femme en est une, et en faire la promotion est aussi condamnable. La sentence appliquée à M. Sidimé semble être une erreur. Elle indique à tout immigré que l’on comprend bien que ses actes sont les conséquences d’une éducation dans des valeurs différentes des nôtres. Ça ne marche pas. En photo, M. Sidimé semble être un homme de qualité. Il a commis un crime, il doit en répondre selon nos valeurs. Si un « pure Laine » se trouvait dans le même cas, il serait jugé avec la plus grande fermeté, même si celui-ci a été élevé dans la violence physique et verbale.

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1 commentaire
  • Rafik Boualam - Inscrit 26 mai 2014 11 h 02

    erreur

    Vous dites:"Si un « pure Laine » se trouvait dans le même cas, il serait jugé avec la plus grande fermeté, même si celui-ci a été élevé dans la violence physique et verbale". Sauf pour un certain chirurgien, pur laine, qui se promène en liberté après avoir découpé ses enfants en morceaux, reflechissez avant de débiter de telles énormités.