Lettre - Affaire Gab Roy: pas de consentement

La loi est claire sur l’âge de consentement à des contacts de nature sexuelle : au Canada, c’est 16 ans. Si un mineur âgé de 15 ans ou moins dit « oui », son consentement n’est pas reconnu par la loi et constitue alors, aux yeux de la justice canadienne, un véritable « non ». Bien sûr, quelques exceptions subsistent, dont celle où il y aurait des activités consensuelles entre jeunes dont la différence d’âge est petite et où aucune relation d’autorité n’existe.

 

Dans le cas de Gab Roy, la loi lui interdisait d’avoir des contacts sexuels et de solliciter une adolescente de 15 ans. Pourquoi ? Principalement parce qu’il était âgé du double de son âge (30 ans) au moment où il est présumé avoir eu des rapports sexuels avec elle dans un motel de Mascouche.

 

Pour entretenir des contacts sexuels avec cette adolescente en toute impunité, il aurait fallu que la situation soit bien différente et que :

 

1- Gab Roy ait été âgé de 20 ans, soit d’un maximum de 5 ans de plus que l’adolescente. En d’autres mots, pour ne pas faire face à la loi, il aurait dû avoir le tiers de moins de chandelles que ce qu’il avait au moment de commettre ces gestes.

 

2- la relation entre Gab Roy et l’adolescence ne soit pas établie sur un rapport de confiance. Aux yeux de la loi, le rapport de confiance renvoie à tout lien d’influence ou de persuasion ayant existé entre l’adulte et l’adolescente. Afin d’établir si un rapport de cette nature a existé entre Gab Roy et l’adolescente, la Cour évaluera le contexte général de leur relation, la nature de celle-ci, ainsi que le statut de l’humoriste par rapport à la jeune femme.

 

Même si on en sait peu sur la nature de leur relation ainsi que sur le contexte dans lequel elle s’est établie, les 83 pages de messages échangés sur Facebook entre juillet 2010 et mars 2014 démontrent l’ampleur de la détresse psychologique dans lequel l’adolescente baignait à cette époque (ses écrits relatent des problèmes d’ordre familiaux, de consommation de narcotiques, de troubles alimentaires, de mutilation et d’idées suicidaires). Tel qu’il l’a reconnu dans les écrits, l’humoriste semble avoir profité du pouvoir que lui procurait cet état de vulnérabilité pour s’attirer l’attention de la jeune femme. Fait intéressant, il le faisait généralement sous le couvert d’une sollicitude bienveillante, ce qui caractérise l’attitude de nombreux délinquants sexuels face à leurs victimes.