Lettre - Ces juges qui siègent

Ce lundi, c’est une Cour suprême des États-Unis très divisée idéologiquement qui a jugé que la récitation d’une prière catholique en ouverture des séances des conseils municipaux de ce pays ne violait pas la Constitution. Il est intéressant de constater qu’alors qu’ici, certains commentateurs avaient parlé de présumées nouvelles accointances conservatrices chez les péquistes porteurs du projet de charte québécoise de la laïcité, chez l’oncle Sam, ce sont plutôt les quatre juges dits « progressistes » qui ont plaidé en faveur du retrait de la prière dans les assemblées de l’État. Les cinq juges conservateurs, tout juste majoritaires, ont quant à eux soutenu le maintien de la « tradition » de la prière. Qu’on soit au sud ou au nord du 49e parallèle, voilà qui démontre bien que le noyautage du plus haut tribunal d’un pays à grands coups de nominations partisanes permet d’infléchir significativement et dans la durée la nature et le fonctionnement des institutions de l’État.

 

La récente contestation québécoise de la nomination du juge Nadon à la Cour suprême du Canada par le gouvernement Harper était donc loin d’être anodine. De plus, les cinq conditions énoncées par le gouvernement de Robert Bourassa en 1987 pour réintégrer le giron constitutionnel canadien — dont celle concernant le droit de regard du Québec sur la nomination des trois juges québécois à la Cour suprême — sont donc toujours d’une actualité très concrète. Et par conséquent, le débat constitutionnel sur la place du Québec au sein du Canada n’a rien d’une futile « vieille chicane ».

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4 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 7 mai 2014 09 h 59

    Deux commentaires

    Il ne s'agissait sûrement pas d'une prière catholique...
    Nous sommes bien au sud du 49e parallèle (qui constitue la frontière nord de l'Abitibi...)

  • Christian Gagnon - Abonné 7 mai 2014 17 h 52

    Deux réactions

    C'est bel et bien une prière chrétienne (prononcée par le clergé local au conseil municipale de Greece, état de New-York) qui est à la source de cette longue saga judiciaire. Les cinq juges favorables à la prière sont des catholiques, tandis que les plaignantes étaient une athée et une juive.

    Et en effet, bien que le 49e parallèle définisse la frontière entre les États-Unis et l'ouest canadien, ce n'est pas le cas à partir des Grand lacs jusqu'à l'océan Atlantique. Mais l'expression est consacrée.

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 7 mai 2014 20 h 06

    Les vieilles chicanes

    ELles ne sont peut-être pas caduques mais elles sont certainement vieilles ces chicanes. Pour des gens comme moi pro-harmonie on en a soupé un petit peu. L'article semble porter sur la récente décision de la cour suprême des É-U sur le droit de prononcer une prière chrétienne catholique en début d'assemblée, mais le texte se conclue en un parallèle avec la nomination de nos juges et encore une fois, le débat constitutionnel sur la place du Québec dans le Canada. C'est à croire que peu importe la nouvelle, les journalistes de cette section parviennent à ramener le sujet sur le sempiternel débat constitutionnel. C'est important certes, mais est-ce qu'on pourrait lire sur d'autres litiges parfois, il y en a tellement. C'est peut-être à cause de l'abus de zèle de certains que ces chicanes paraissent si usées et non car ils sont d'ignorants irresponsables sans aveu...

    • Christian Gagnon - Abonné 7 mai 2014 23 h 13

      Madame Bouchard, j'aimerais bien vous avoir comme cliente. Je ne vous livrerais pas votre dû, mais je garderais votre argent et je sais que je vous aurais à l'usure.