Lettre - Parler d’Israël

Réplique à « Le sionisme critiquable en Israël… mais pas au Québec » (Yakov Rabkin, Le Devoir, 8 avril 2014)

 

Il est pour le moins ironique de lire Yakov Rabkin se lamenter dans Le Devoir que les détracteurs d’Israël et du mouvement de libération nationale juif, le sionisme, n’aient pas droit de cité. Faut-il vraiment rappeler que M. Rabkin doit toute sa notoriété à ses écrits pamphlétaires antisionistes qui lui valent depuis une décennie une attention soutenue des médias québécois ? Attention qui n’est accordée à aucun autre universitaire juif québécois se prononçant sur Israël et le sionisme ? Le complexe de persécution dont semble souffrir M. Rabkin se passerait de commentaire s’il ne versait pas dans lacalomnie incendiaire à l’endroit de lacommunauté juive québécoise lorsqu’il ose prétendre, au mépris éhonté des faits, que ses organisations orchestreraient des poursuites judiciaires à l’encontre des ennemis de l’existence d’un État-nation pour le peuple juif. Cette accusation infondée et calomnieuse donne à penser que c’est plutôt M. Rabkin qui pratique ce qu’il nous reproche aussi gratuitement. Nous sommes toutefois d’accord avec M. Rabkin sur un point ; on devrait en effet pouvoir parler d’Israël comme de n’importe quel autre État et donc cesser de remettre en question, entre tous les États du monde, la seule légitimité de l’État-nation du peuple juif.

14 commentaires
  • michel lebel - Inscrit 12 avril 2014 10 h 38

    De la critique...

    Tous les "ismes" sont critiquables, le sionisme comme l'antisionisme, etc. Quant à Israël, ses politiques doivent être critiquables comme celles de tout État. Son existence même ne doit cependant pas être remise en question.

    Michel Lebel

    • Nicole Bernier - Inscrite 12 avril 2014 17 h 41

      Comme les défenseurs du christianisme et les défenseurs du nationalisme ou encore les défenseurs de l'occidentalisme....

    • michel lebel - Inscrit 13 avril 2014 09 h 33

      @ Nicole Bernier,

      Par "critiquable" , je veux dire être soumis à la critique, comme toute idée et encore plus, toute idéologie. Le débat démocratique se fait ainsi.

      M.L.

  • Marc Provencher - Inscrit 12 avril 2014 14 h 03

    Bien d'accord ; par contre remettre en cause l'État-nation n'est pas remettre en cause la patrie israélienne, ni le peuple juif

    M. Ouellette,

    Les vues de M. Yakov Rabkin ne sont vraiment pas les miennes ; par contre, vous nous en passez une petite vite en martelant "État-nation". Vous écrivez au Devoir, dont on peut penser que bien des lecteurs sont nationalistes. Est-ce ainsi que vous avez calculé? En tout cas vous ne m'aurez pas. Il y a là une astuce rhétorique binaire cousue de fil blanc: soit je suis d'accord avec l'idéologie nationaliste, donc avec l'État identitaire, donc avec la confusion entre citoyenneté et nationalité ; soit je suis contre Israël - que dis-je, contre la présence même d'Israël, et me voilà d'avance assimilé aux fanatiques de diverses obédiences qui veulent "rejeter Israël à la mer"!

    Or un pays et une idéologie sont deux choses très différentes.

    On peut très bien être un patriote ardent tout en étant un antinationaliste tout aussi ardent. C'était le cas du comte Sforza, antifasciste historique de la droite libérale:

    «Le nationalisme n'est pas seulement la caricature et la contrefaçon du patriotisme, mais à proprement parler son antithèse même.»

    Pour Sforza, mazzinien convaincu, le concept de nationalité - qui a tant fait rager le satrape Metternich - pouvait et devait servir à faire l'Italie ; mais aussitôt faite l'Italie, il aurait fallu le laisser tomber, pressentir le danger, car dès que la patrie existe c'est la citoyenneté et non l'identité qui doit compter aux yeux de l'État, sinon on risque de vouloir se mettre à "faire les Italiens" (et c'est ce qui arriva, hélas).

    Il y a les patries, faits politiques ; il y a les peuples, faits culturels et historiques, faits de la vie sociale. Mais le concept d'État-nation, qui prétend fusionner citoyenneté et identité culturelle, mène toujours à ne reconnaître comme citoyens que les "nationaux". C'est ce qu'on a vu se profiler même en Israël depuis qu'une droite populiste a pris le relais d'une droite intelligente, et qu'un néofasciste (aujourd'hui en disgrâce) s'est retrouvé au gouvernement.

    • Nicole Bernier - Inscrite 12 avril 2014 17 h 43

      Super argument.... beaucoup moins simpliste que l'argument de l'article

  • michel lebel - Inscrit 12 avril 2014 15 h 30

    Le grand défi israélien

    Israël est la patrie du peuple juif, mais Israël a aussi une importante minorité arabe. Israël ne doit pas se définir en vertu d'une seule religion ou d'une seule ethnicité ou culture. Israël doit garder sa spécificité mais ne doit pas non plus se refermer sur elle-même. Voilà tout un défi pour elle.

    Michel Lebel

    • Pierre Brassard - Inscrit 12 avril 2014 18 h 14

      Il y a des druzes aussi. Même dans l'armée israélienne.

    • michel lebel - Inscrit 13 avril 2014 09 h 27

      @ Pierre Brassard,

      J'avais oublié les Druzes. Il serait une centaine de milliers vivant en Israël. Merci pour ce rappel.

      M.L.

    • Nicole Bernier - Inscrite 13 avril 2014 10 h 44

      Quand on sort de Jérusalem et de Tel Aviv, la minorité chrétienne de culture juive et de culture arabe, les bédouins ainsi que les juifs africains (noirs) sont aussi fortement ostracisés en Israël...

      Israël, pour imposer sa spécificité aux institutions, a fermé la porte à la protection et au développement de bien d'autres communautés.

      Il faut étudier dans une université israélienne comme Ben Gourion pour bien sentir le poids de l'armée et des discours pro-sionistes sur toutes les institutions et pour bien comprendre le difficile quotidien des gens différents de la culture dominante.

  • Magali Marc - Inscrit 14 avril 2014 09 h 01

    Vous avez dit ostracisme?

    Mme Bernier: Vous ne vous privez pas de critiquer les sort des minorités ethniques et religieuses en Israël. Que n'appliquez-vous tant d'attention aux sort des premières nations au Québec! Les «Indiens» dans les réserves (quand on sort de Montréal) vous paraissent-ils vivre une situation d'intégration heureuse dans le respect de leurs traditions? Ce que demande M.Ouellette c'est qu'on examine l'État d'Israël et le sionisme à l'aune des autres pays démocratiques. Mais vous persistez à juger Israël comme si aucun autre pays n'avait de minorités ethniques et religieuses! Comment sont traités les Tibétains? Les Ouïgours? Les Kurdes? Les Maronites en Égypte? Avez-vous lu les rapports de l'ONU concernant le traitement des Chrétiens en pays islamiques? Vos critiques à l'égard d'Israël sont-elles pures?

  • Rafik Boualam - Inscrit 14 avril 2014 16 h 18

    état voyou

    Pas d'amalgame, tout simplement, les agissements de l'état d'Israel sont des agissements d'un état voyou, vol de terres, expulsion de ses occupants, agression de masse illégale et meurtrière, crimes contre l'humanité, viole du droit international. N'importe quel état s'adonnant à de telles pratiques aurait subit les foudres de la communauté internationale. Même les puissants russes sont objet de sanctions, pourquoi Isreal devrait avoir un traitement spécial.

    • Magali Marc - Inscrit 15 avril 2014 08 h 57

      Quel foudre? Tous les pays occidentaux veulent acheter du gaz et du pétrole à la Russie et continuent de traiter Vladimir Poutin avec des gants blancs!
      Pourquoi traiter Israël d'État voyou et ne rien dire de la façon dont Erdogan et Assad traitent leurs concitoyens? Les millions de réfugiés syriens ne vous inspirent pas monsieur Boualam? N'êtes-vous pas un peu sélectif dans vos condamnations?