Lettre - Aux défaitistes

À chaque défaite du Parti québécois, on nous sert la même rengaine : l’indépendance se meurt, il faut changer le programme du parti, la question nationale n’intéresse qu’une seule génération, et bien d’autres jérémiades du même style. En fait, l’indépendance est une idée qui transcende les générations, et aucun peuple n’y a renoncé après l’avoir acquise. C’est ça, la force du mouvement indépendantiste. D’ailleurs, le PQ devrait en prendre bonne note, car il mange une volée chaque fois qu’il s’éloigne de sa raison d’être.

 

Au lieu de pleurnicher, préparons-nous pour la prochaine élection. Se préparer, ça ne veut pas dire se présenter comme une option de gouvernance provinciale, cracher honteusement sur une idée noble en répétant à qui mieux mieux qu’il n’y aura pas de référendum, ni proposer d’écrire un livre blanc ou vert fluo une fois au pouvoir. Ces stratégies n’ont pas d’avenir, c’est maintenant démontré. Il faut se préparer à l’action dès maintenant, bâtir de solides alliances entre les formations souverainistes, avoir du cran et une attitude décomplexée, et unir les Québécois autour d’un programme de pays réaliste et emballant.

 

En fait, nous avons la partie facile, car tous les arguments penchent en faveur de l’indépendance. Pensons à notre langue, à notre culture, à notre développement économique, au financement de nos services publics, à la gestion de nos ressources naturelles, à notre rôle sur la scène internationale. Ces enjeux que certains aiment appeler « les vraies affaires » sont nombreux : il y en a pour tous les goûts. Or tous, sans exception, seront mieux servis dans un Québec qui vote l’ensemble de ses lois, perçoit tous ses impôts et signe lui-même les traités internationaux qui le lient aux autres peuples de la Terre.

 

L’indépendance du Québec est à portée de main : il suffirait que deux personnes indépendantistes en convainquent une troisième qui hésite encore. Quand on y pense, le gros du chemin est déjà parcouru. Si vous êtes malgré tout pessimiste, passez le flambeau. Mais de grâce, gardez vos états d’âme pour vous. Cela dit, le mieux est que vous vous rendiez utile : quatre ans, c’est largement suffisant pour convaincre votre voisin que le Québec a tout à gagner de décider lui-même de son avenir.


Antoine La Grenade - Professeur d’économie et de mathématiques au collège Champlain St-Lawrence, Québec, le 9 avril 2014

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2 commentaires
  • Fernand Lambert - Inscrit 11 avril 2014 14 h 34

    Élections : des chiffres qui parlent

    Dans notre système démocratique actuel, le nombre de députés élus fait la manchette mais la répartition des députés est trompeuse quant à l’expression du vote populaire.
    Alors regardons de plus près cette voix des électrices et des électeurs.
    Deux partis ont obtenu plus de votes du peuple en 2014 : le Parti libéral + 395 539 (1 361 536 en 2012 / 1 757 075 en 2014) et Québec Solidaire + 59 900 (263 224 en 2012 / 323 124 en 2014)!
    Deux partis ont connu une baisse des votes du peuple en 2014 : le Parti québécois – 319 286 (1 393 402 en 2012 / 1 074 116 en 2014) et la Coalition avenir Québec – 205 065 (1 180 672 en 2012 / 975 607 en 2014)!
    La débandade du Parti québécois, en terme de votes populaires, est juste un peu plus grande que celle de la Coalition avenir Québec, mais les analystes ne parlent pas de cela, laissant voir la CAQ dans une remontée!! Trois députés de plus mais moins de personnes ont voté pour cette formation cette année !!
    Avec la remontée du Parti libéral, il faut aussi souligner la montée de Québec solidaire en 2014. Ces chiffres démontrent que le vote proportionnel changerait le visage politique quant au nombre de députés de chaque formation politique et la voix du peuple serait davantage représentée.
    En regardant ces chiffres, diverses options sont encore largement exprimées par la population. Quand 1 430 504 personnes sur 4 232 262, soit 33,8% (tous partis nationalistes confondus) qui s’expriment pour avoir un pays, ça démontre que l’idée est loin d’être morte.
    Peut-être serait-il temps de regarder notre avenir autrement que par l’élection d’un parti politique. Dans le contexte canadien qui est le nôtre au Québec, vivrons-nous, au cours des 50 prochaines années, une assimilation lente et subtile des francophones par la masse anglo-saxonne qui nous entoure quand notre Premier ministre affirme qu’il n’y a pas de problème avec le français à Montréal et dans les entreprises qui oeuvrent au Québec ? Est-on en train de vivre un déni quant à

  • Renaud Guénette - Inscrit 13 avril 2014 07 h 00

    Pour reprendre vos mots: ''Or tous, sans exception, seront mieux servis dans un Québec qui vote l’ensemble de ses lois, perçoit tous ses impôts et signe lui-même les traités internationaux qui le lient aux autres peuples de la Terre.''

    C'est ce qui s'appelle faire son LIT. Lois, Impôts, Traités. Exactement ce que proposais Option Nationale.