Lettre - L’avenir du mouvement souverainiste

Dans Le Devoir du 9 avril, Louise Beaudouin et Gérard Bouchard, comme d’autres commentateurs à l’humeur chagrine, estiment que le mouvement souverainiste est moribond ; leur diagnostic est rapide et catastrophiste. Les Québécois n’ont pas rejeté la souveraineté à ce scrutin. Durant l’ère Charest, tout comme pendant l’intervalle de 18 mois pendant lequel le Parti québécois était au pouvoir, le PQ et Québec solidaire n’ont jamais fait la promotion de la souveraineté et n’ont jamais expliqué quels étaient les bienfaits qu’elle pouvait apporter à la société québécoise. Comment peut-on penser que les Québécois adhéreront à une idée dont on ne leur parle jamais ? Dans ce contexte, il est certain que la profession de foi souverainiste de Pierre Karl Péladeau a pu effaroucher les électeurs : pour bien des Québécois, la souveraineté est un concept très abstrait, voire inquiétant.

 

Le Parti québécois a maintenant quatre ans pour promouvoir la souveraineté, pour montrer aux Québécois qu’elle est la meilleure façon d’assurer la vitalité économique et culturelle du Québec. Le PQ doit, en outre, réunir tous les souverainistes, qu’ils soient de droite ou de gauche, comme René Lévesque l’avait fait, en 1968, en réunissant en un seul parti trois partis indépendantistes distincts et dont les positions sur l’axe gauche-droite étaient fort différentes. Il est indubitable que le PQ doit fusionner avec Option nationale, un parti où se retrouvent des promoteurs enthousiastes de l’idée d’indépendance ; Option nationale regroupe, en outre, de jeunes souverainistes qui donneraient un vent de fraîcheur à un Parti québécois de plus en plus vieillissant. Quant à Québec solidaire, il est à souhaiter que ses membres acceptent de faire des compromis avec les éléments plus à droite du PQ, sinon on ne pourra plus sérieusement considérer que ce parti désire réaliser la souveraineté. Le parti né de la fusion de Québec solidaire, du Parti québécois et d’Option nationale pourrait être rebaptisé. Peu importe. Une chose est certaine, il est impérieux que les souverainistes s’unissent.


Nicolas Bourdon - Professeur au collège de Bois-de-Boulogne, Le 9 avril 2014

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