Lettre - En réserve de la République

En 1946, Charles de Gaulle s’est mis en réserve de la République. En 1958, il est revenu sur le devant de la scène. Je crois qu’il faut prendre acte des résultats des élections du 7 avril et mettre l’idée d’indépendance en « en réserve de la République » pour quelques années.

 

Après avoir fait un vigoureux bilan, le PQ ne devrait pas modifier sa raison d’être, son article premier. De même, Québec solidaire ne devrait pas abandonner l’un de ses fondements. L’attente sera frustrante, mais, comme peuple, on en a vu d’autres. Pas de panique ! De facto, le PQ et QS vont rejoindre, sous ce rapport, la Coalition avenir Québec dont le moratoire sur la question nationale devra bien se terminer un jour.

 

D’ici là, Philippe Couillard va aller se colleter avec Ottawa et recueillir frustration sur frustration, que ce soit dans le dossier du péage sur le pont Champlain ou dans mille autres dossiers. Sa fierté canadienne va s’éroder au test de la réalité.

 

Nous, les souverainistes, nous continuerons pendant ce temps à mettre de l’avant les vertus de l’indépendance de façon confiante, sereine, tenace, modeste, sobre, délicate, feutrée, polie, retenue et réservée comme « en réserve de la République ».


Jacques Fournier - Montréal, le 9 avril 2014

28 commentaires
  • Raymond Saint-Arnaud - Inscrit 10 avril 2014 02 h 45

    La pédagogie de l'indépendance

    Il ne faut pas mettre la question nationale en veilleuse. Au contraire, il faut s’attaquer dès maintenant à faire la pédagogie de l’indépendance, en s’inspirant entre autre du programme d’Option nationale: rapatriement de nos lois, impôts et traités. Il faut expliquer le pourquoi et le comment de ces éléments.

    Cela prend des missionnaires de l’indépendance, un peu comme Jacques Parizeau qui parcourait les cégeps et universités pour y exposer les bienfaits de l’indépendance et mousser la fierté d’être Maître chez soi comme tout peuple normal.

    Et à l’instar de la partie adverse fédéraliste qui contrôle la majorité des médias québécois (La Presse et le groupe Power) pour rapetisser le Québec et faire peur au monde, il faudra que le camp souverainiste infiltre les medias pour y promouvoir son option. Le Camp Chrétien-Pelletier était en guerre contre les souverainistes québécois; c’est maintenant au tour des souverainistes québécois d’être en guerre contre les fédérastes qui s’acharnent contre notre caractère distinct de Québécois francophones.

    Il nous faut des porte-parole qui réagissent coup sur coup aux attaques. Finis les coups bas qui restent sans riposte.

    • Loraine King - Abonnée 10 avril 2014 14 h 20

      Les fédérastes, la Nuit des Longs Couteaux, le référendum volé, le contrôle des médias par Power (comme si Péladeau n'existait pas) celà me fait penser au 'lore' Irlandais - les banshees, les leprechauns...

      Les Québécois sont des êtres humains comme les autres. Ils ne font guère confiance aux gens qui prennent des mythes pour des réalités.

    • Pierre Desautels - Abonné 10 avril 2014 18 h 16

      Ah non, S.V.P. pas encore cette m... expression "pédagogie de l'indépendance" qu'on nous sert depuis trente ans après une défaite du PQ et qui n'est finalement que du vide. Il faut juste que les dirigeants et députés du PQ en parlent avec passion et fierté, tout simplement, comme en Écosse et en Catalogne...

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 10 avril 2014 07 h 14

    En réserve ou en cryoconservation

    M. Fournier,

    Je ne connais pas votre âge. Moi, j'ai 68 ans et je trouve qu'il se fait tard, pour ne pas dire qu'il est trop tard. D'autant que l'avenir de notre peuple, la jeunesse, n'en veut pas et n'y croit pas... ou si peu. Elle vogue allègrement ailleurs.

    Lea Québécois ne veulent plus du Québec. Il faudrait une série de maladresses de la part des fédéralistes pour faire bifurquer la tendance. Et même là...

    Alors, si ça vous console de croire à des lendemains radieux, allez-y. Je ne vous en tiendrai pas rigueur, bien au contraire.

    Je préfère, quant à moi, en faire mon deuil et passer à autre chose. La vie reste belle quand même et la beauté se cache partout. Prenons le temps de la découvrir.

    • Marko Werger - Inscrit 10 avril 2014 10 h 00

      "Lea Québécois ne veulent plus du Québec"

      Les Québécois ne veulent pas, refusent le Québec du PQ ( = constamment en guerre avec des phantômes inventés pour semer la haine et la discorde), ce n'est pas la même chose.

    • André Le Belge - Inscrit 10 avril 2014 12 h 26

      Je suis fatigué pour ne pas dire tanné et blessé de lire et de relire cet argument sur la charte qui serait un élément de haine et de discorde. J'étais pour la charte et je ne suis ni raciste ni xénophobe. Je crois profondément à la véritable laïcité, à un veritable Etat laïc qui ne permet pas aux religions de s'immiscer dans l'Etat. Le droit de pratique de la religion n'a rien à voir à l'affichage pharisianique de sa religion et ce droit ne peut-être au-dessus des autres droits tels que l'égalité des sexes, le droit de libre-pensée...
      Cette charte était peut-être le seul véritable moment d'audace du PQ

    • Marko Werger - Inscrit 10 avril 2014 15 h 28

      La Charte est une chose offensive, délirante, mesquine, utilisée pour gagner les elections sur le dos d'une certaine minorité en inventant un problème qui n'y est pas.

      Vous confondez "laïcité" avec "nationalisme étroit".

      Du fait que vous n'y voyez rien d'abnormal, c'est un problème.

    • Jean-Philippe Delorme - Inscrit 10 avril 2014 19 h 46

      @M. Werger,
      Vous aurriez pu rajouter que le projet de charte était "démoniaque" et "hérétique" un coup parti. Et profitez en donc pour nous parler des belles valeurs progressistes du Canada de Stephen Harper tant qu'à y être. Ah! Ces Canadiens! Ils sont bien courageux et nobles; majoritaires dans leur pays souverain. On peut-tu essayer ça nous aussi?

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 10 avril 2014 08 h 17

    Transferts fédéraux.

    Il faudrait prouver une fois pour toutes si c'est possible( sic) si on reçoit plus du Fédéral qu'on lui donne! Que les génies de l'arithmétique se lèvent!

    • Claude Smith - Abonné 10 avril 2014 09 h 33

      Il faudrait se référer au rapport de M. Legault du temps où ce dernier était au parti québécois. Je ne comprends pas le silence qui entoure ce rapport et qui mettait en évidence le fait que le Québec donne plus au fédéral qu'il n'en reçoit même en tenant compte de la fameuse péréquation. Il serait intéressant de mettre cette étude à jour.

      Claude Smith

    • Sylvain Auclair - Abonné 10 avril 2014 10 h 11

      Il ne faut pas être un génie, mais simplement un moine et éplucher tous les comptes fédéraux disponibles. Et je suis d'accord avec vous: quelqu'un doit faire ce travail, et il faut profiter de la présence du Bloc à Ottawa pour le faire.

    • Martin Pelletier - Inscrit 10 avril 2014 10 h 58

      Ottawa a accumulé 150 milliards déficits depuis l'arrivée des Conservateurs au pouvoir. Le surplus que le Québec recoit (16G en 2011) est puisé dans les déficits d'Ottawa

  • Philippe Stephenson - Inscrit 10 avril 2014 08 h 22

    La pédagogie redondante de l'indépendance

    J'ai un projet très simple, très facile pour les souverainistes qui veulent faire la promotion de la souveraineté : trouver les Québécois qui n'ont toujours pas entendu parler du projet souverainiste, et n'ont pas entendu maintes fois vos arguments, et leur faire 'la pédagogie de l'indépendance'. Et pour ce faire, vous pouvez infiltrer les médias, vous donner un journal quotidien qui fait la promotion quotidiennement de la souveraineté...sauf que c'est déjà fait.

    Bon, trêve de plaisanterie. Ce que je veux dire avec le précédent paragraphe, c'est qu'il faut arrêter de prendre les Québécois fédéralistes (la majorité - on l'a vu à deux reprises) pour des niaiseux. Ou des lâches. Ou, encore pire, des traitres.

    • Claude Smith - Abonné 10 avril 2014 09 h 43

      Vous voulez rire, le seul temps où, depuis 1995 on entend parler d'indépendance, c'est pendant une campagne électorale qui a pour mandat d'élire un gouvernement.

      En 1995, il y a eu une véritable consultation populaire à la grandeur du Québec où nous avons réellement échangé sur le sujet. Or, le oui a recueilli 49.6% et ce, malgré les magouilles du camp du non, notamment au niveau du non respect de notre loi sur le financement de la campagne référendaire.

      En somme, il y a une différence entre entendre parler et être pleinement informé.

      Claude Smith

    • Marko Werger - Inscrit 10 avril 2014 09 h 51

      M. Stephenson, il faudrait que vous sachiez que le dénie et la négation di réel sont deux characteristiques spécifiques aux séparatistes.

      Même s'il sont lourdement perdu, même si la grande majorité des Québécois a dit NO au PQ et ses "wedge issues", même si le bilinguisme (et le multilinguisme) sont de plus en plus une nécessité incontournable, même si on leur a fortement dit NON à propos d'un troisième Référendum, ils continueront à répéter : "Oui, en tout cas nous avons gagné", "Nous revendrions et vaincrons", "Nous sommes plus forts qu'auparavant".

      Evanuerunt in cogitationibus suis (= ils se perdirent dans leurs pensées).

    • Benoît Gagnon - Inscrit 10 avril 2014 12 h 38

      Être pour le fédéralisme et contre l'indépendance ne peut résulter que d'une paresse intellectuelle (ou d'une malhonnêteté), M. Stephenson, car les faits convergent tous vers un seul et même point : Faire partie d'une fausse-fédération coûte très chère aux Québécois, socialement, politiquement, économiquement et environnementalement.

    • Benoît Gagnon - Inscrit 10 avril 2014 12 h 45

      @ M. Werger

      Être bilingue ne signifie justement pas être unilingue anglais. Voir l'exemple des pays de l'Europe du nord à cet effet.

    • Philippe Stephenson - Inscrit 10 avril 2014 15 h 12

      M. Gagnon, seriez-vous fâché de lire qu'un Canadien hors Québec traite la majorité des Québécois de paresseux sur le plan intellectuel, ou de malhonnêtes? Parce que c'est que vous venez de faire.

      Le Canada ne nuit pas socialement aux Québécois - il protège les droits linguistiques des minorités linguistiques, ce qui comprend les Canadiens-français horss Québec. Ça n'a pas toujours été le cas, mais ce l'est actuellement. Pour ce qui est de l'économie, l'état actuel des choses est que le reste du Canada bénéficie au Québec (tout comme à d'autres provinces, d'ailleurs - et c'est normal, ce n'est rien de mal en tant que tel que certains contribuent à la péréquation et autres en profitent).

    • Marko Werger - Inscrit 10 avril 2014 15 h 41

      Qui vous a dit que tous les anglais sont unilingues ?? Est-ce que vous en avez la preuve ?

    • Patrick Lépine - Inscrit 10 avril 2014 17 h 47

      @ Stephenson, pourtant une communauté francophone de Colombie-Britannique a tenté, en vain, de se doter d'une école de langue française, vous pouvez expliquer en quoi le fédéral a défendu leurs droits dans ce dossier?

    • Cyril Dionne - Abonné 10 avril 2014 22 h 28

      @ Philippe Stephenson

      « Le Canada ... - il protège les droits linguistiques des minorités linguistiques, ce qui comprend les Canadiens-français hors Québec. »

      Je crois toujours rêver quand j'entends des paroles de ce genre. Nos anglophones du Québec qui jouent la carte du bon fédéraliste; celui qui est ouvert et où tous les Canadiens peuvent s’épanouir supposément dans une des deux langues officielles. Quelle fausseté! Ce qu’ils ne semblent pas comprendre, c’est que le fédéralisme agit comme un rouleau compresseur et continue à assimiler les voix francophones qui restent dans le ROC dans un esprit qui nous rappelle bien le rapport Durham. Et ceux-ci vantent les mérites du Canada. Ils essaient d’entretenir cette notion que les francophones ne pourraient pas s’émanciper sans leur grand frère d’Ottawa et qu’ils y ont tout à gagner dans cet engrenage fédéraliste envahissant et assimilant.

      Et pourriez-vous me dire, moi comme Franco-Ontarien de 3e génération, où est-ce que je pourrais travailler dans ma langue maternelle et avoir les mêmes privilèges et droits que mes concitoyens anglophones à part quelques postes publiques ou éducationnels ? Qu'est-ce que cela veut dire protéger mes droits linguistiques quand je ne peux même pas exister dans la langue de mes ancêtres dans un pays qui se dit officiellement bilingue ?

      S’il existe encore une très petite minorité de francophones hors Québec, ceci découle surtout du fait que des gens au Québec se sont levés dans les années 60 lors de la Révolution tranquille pour demander une participation juste et équitable à un système qui faisait fi de leurs besoins et aspirations. Et en bon fédéraliste, ils ont acheté quelques votes francophones au Québec en construisant une façade linguistique hors Québec.

      Et maintenant, ce que l'on voit officieusement en Ontario, c'est l'assimilation à 95% en une génération.

      Il est peut être beau votre pays, mais il n'est pas le mien puisqu'il essaye tout simplement de m'assimiler.

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 10 avril 2014 10 h 21

    Il y a des fois où...

    le défaitisme semble plus facile à accepter ...après une dure bataille!

    Mais c'est faux, archi faux ! c'était juste "une" bataille...pas la guerre!

    On voudrait nous faire croire que l'assimilation est la solution ! On voudrait nous faire croire que nous sommes destinés à être des porteurs d'eau! On voudrait nous faire croire que nous sommes des "french pea soup" (pissous) (peureux)! On voudrait nous faire croire que nous sommes un peuple sans Histoire!
    (les lord Durham de ce monde ne sont pas tous morts et enterrés, à ce je vois)

    Allons, nous sommes des gens fiers de nos valeurs, de nos origines.
    Nous avons déjà, dans le passé, cédé le Québec suite à "une" bataille perdue... Ne nous laissons pas faire cette fois-ci !
    Je me mets en réserve... d'un pays possible et désiré.