Lettre - Brume d’élection

Le jour du vote approche et la campagne électorale ne cesse de nous surprendre… Les discours deviennent de plus en plus enflammés et la tension augmente elle aussi. Ça fait dix ans que je suis installée au Québec et je n’ai jamais vu une telle ambiance de tensions sociales accouchant de plus en plus de méfiance, d’isolement contribuant à l’apparition d’une intolérance manifestée ouvertement et de haine affichée gratuitement.

 

La gourmandise électorale use de maintes langues pour faire sortir des propos racistes camouflés par de grands titres tels « identité », « protection de la langue », « danger », et « prévention », et encore et encore… Cependant, en écoutant l’un des chefs, un souvenir m’est survenu, ça remonte à très longtemps, notamment lorsque j’ai reçu, lors de mon processus d’immigration, le livret qui présente le Québec sous différents aspects. Je me souviens facilement de ses beaux titres : « multiethnique », « diversité culturelle », « richesse », « liberté d’expression », « droits de la personne », « société ouverte et accueillante » offrant l’espoir à plusieurs personnes, l’espoir que ces valeurs existent bel et bien dans la réalité. Or, faire le choix d’y venir, choisir le Canada — notamment le Québec — pour y vivre, était pour choisir un pays sans corruption, libre, sécuritaire, au sein d’une société ouverte, qui respecte l’Autre, où la liberté sous toutes ses formes (liberté d’expression, de pensée, de parole, de religion, etc.) est affichée, vécue et respectée, dans une société civilisée sans corruption et sans racisme. Mais les discours de plus en plus racistes, invitant à l’isolement sous prétexte de prévention, à l’intolérance sous prétexte du danger, au non-bilinguisme sous prétexte de la protection de la langue française, m’ont beaucoup choquée… Je me vois, avec ma famille et beaucoup de mes amis, poussée, obligée de repenser mon choix.

 

Je me demande : quelles différences peuvent exister entre un pays où on est né, où la liberté se paie cher, très cher, un pays assouvi de corruption, un pays sous-développé qui a survécu à plusieurs guerres, un pays qui fait face à de grands défis reliés essentiellement à la sécurité, et une société qu’on a choisie, une société dite développée, ouverte et accueillante... Est-ce la réalité ?

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16 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 5 avril 2014 01 h 51

    La société québécoise est un phare démocratique

    La différence qui existe entre un pays non démocratique et un pays démocratique se retrouve justement dans le type de discours qu'entretienne les citoyens.

    Et est-il pas mieux de discuter des problèmes entre citoyens pour un meilleur vivre-ensemble même si le discours est parfois tonitruant au lieu de recourir à la violence lorsque le débat ne tourne pas en notre faveur ? Et pour la corruption, on repassera. Idem pour le supposé racisme (et ceux qui pensent que la situation est meilleure dans le ROC, il faudrait peut être qu'ils enlèvent leur lunettes roses). En fait, peut être que si les nouveaux arrivants ne votaient pas en aveugle pour un parti fédéraliste corrompu jusqu'à l'os, il y aurait peut être de la place pour de vrais changements qui seraient profitables à tous les citoyens.

    Et nous n'avons aucune leçon démocratique à recevoir de gens qui ont choisi de venir ici pour vivre dans une société des plus égalitaire, développée, ouverte et accueillante au monde.

    • Charles Bazinet - Inscrit 6 avril 2014 16 h 31

      «Et nous n'avons aucune leçon démocratique à recevoir de gens qui ont choisi de venir ici pour vivre dans une société des plus égalitaire, développée, ouverte et accueillante au monde.»

      Voilà un «raisonnement» pour le moins douteux. Vous pensez vraiment ce que vous écrivez là, M. Dionne? En matière d'intolérance et de fermeture à l'autre, on fait difficilement mieux. Navrant...

  • Gaetane Derome - Abonnée 5 avril 2014 02 h 24

    Des sujets importants pour nous.

    Vous etes arrive ici il y a dix ans,c'est peu en somme,et vous n'avez pas vecu nos deux referendums.
    On vous a peut-etre dit que le Quebec avait adopte en applaudissant la politique multiculturalisme communautarisme chere a Pierre Eliot Trudeau ce fossoyeur des canadiens francais.
    En fait,ce n'est pas que les quebecois sont xenophobes,ils sont prets a acceuillir l'autre qui veut s'integrer et aussi partager une partie de sa culture avec lui,echanger.Mais non au risque de nous perdre nous-meme.
    Notre langue on veut la conserver et c'est une lutte constante car nous sommes entoures d'une mer anglophone.
    La laicite est importante et nous faisons face a certains problemes avec l'islam entre autres.Nous avons combattu la religion catholique et ne voulons pas que d'autres religions viennent s'imposer.
    Je donne l'exemple de cet iman Foudil Selmoune qui a tenu des propos particuliers a Brossard en 2011,on rapportait ceci dans Le Devoir:
    "Le gouvernement doit savoir fixer des limites claires au-delà desquelles les propos diffamants et menaçant la sécurité publique ne sont plus acceptés. Les enseignements de Foudil Selmoune sont contraires aux droits de la personne et à nos lois; ils vont au-delà de la liberté de religion et de la liberté d'expression et on ne saurait les tolérer dans une société démocratique et civilisée."
    http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religio
    On ne peut etre ouvert et acceuillant a n'importe quel prix,et quand le prix ne me convient pas,tant qu'a moi,je change de boutique..

    • Roxane Bertrand - Abonnée 6 avril 2014 18 h 50

      Il est vrai que dix ans c'est très peu.

      Comprenez le pourquoi de la place de la religion au Québec. Comprenez l'histoire du français au Québec.

      Qu'on soit pour ou contre l'indépendance, cette idée n'a pas jailli un bon matin de la tête d'un fou. Le Québec n'est pas comme le reste du Canada, et cela n'est effectivement pas écrit dans les petits pamphlets d'immigration....mais pas parce le Québec ne le voulait pas!

      Le Canada est multicuturaliste mais le Québec est interculturaliste.

  • Jean Jacques Roy - Inscrit 5 avril 2014 08 h 00

    Brume et mirrage!

    Depuis 10 ans que vous êtes ici! Ouf, vous n'avez donc connu que les gouvernements les plus à droite au poste du gouvernement! Les conservateurs de Harper au Canada et le long règne de corruption sous Charest au Québec! J'avoue que cela met un nuage de brume sur le beau mirroir de Canada! Et, au cours de la dernière année, je comprends votre incompréhension face à cette campagne autour des pseudo valeurs québécoises qui a eu comme résultat de dresser des murailles au lieu de favoriser des rapprochements.
    Pourtant, je vous invite à ne pas désespérer! Vous vous êtes rendue compte qu'il ne faut pas se fier aux mirrages et qu'ici comme ailleurs on doit lutter pour défendre ses droits collectifs et individuels... Il y a du racisme, de l'ignorance et de l'intollérance... Mais il y a aussi des lois, des regroupements de citoyens, des services communautaires et des moyens légaux auxquels recourrir pour vivre dans la dignité.

  • Michel Dion - Abonné 5 avril 2014 09 h 53

    De brume et de confusion

    À la lecture de ce texte pour le moins brumeux, je me demande vraiment comment on pourrait réussir à sortir de sa confusion son auteure qui est de toute évidence mésadaptée. Il faudrait des mois, voire des années. J'y renonce, la tâche est vraiment trop lourde.

  • Hélène Paulette - Abonnée 6 avril 2014 03 h 55

    Vous auriez dû venir plus tôt....

    Lorsqu'au Québec, nous avions de généreux programmes pour accueillir les nouveaux arrivants... Hélas! Le gouvernement Charest les a réduits à peau de chagrin et encouragé les immigrants à s'assimiler aux anglophones, ça coutait moins cher. Nous sommes un peuple accueillant Madame mais il nous faut aussi préserver notre culture, sans quoi nous disparaitrons... Bienvenue au Québec!