Lettre - Le mépris

Je suis un immigrant de France, Québécois de coeur depuis 48 ans, marié à une Montréalaise anglophone et enseignant retraité. Connaissant bien le milieu anglophone par mon épouse et les Néo-Québécois par mes élèves adultes qui m’ont parlé sans réserve en me considérant comme un des leurs, j’ai malheureusement trop souvent entendu des propos négatifs et méprisants sur les « French Canadians ». Quoi qu’il dise ou quoi qu’il fasse, le Parti libéral obtient 90 % d’appui de cette tranche de l’électorat. Le Parti québécois a fait tous les efforts depuis 40 ans pour servir et accueillir les nouveaux arrivants : peine perdue. Montréal s’anglicise, les francophones sont divisés et tergiversent sur leur avenir de plus en plus compromis.

 

Le mépris, car c’est bien de cela qu’il s’agit, est-il un sentiment suffisant pour réveiller un sentiment de fierté, un besoin de s’affirmer et de s’unir pour être véritablement une nation respectée ? Oui, les Québécois se distinguent dans les arts, la culture, le sport et le commerce international, mais ils ne le doivent qu’à eux-mêmes, certainement pas à la confédération. Ce devrait être suffisant pour ne plus avoir peur des épouvantails du Parti libéral. Le Parti québécois, Québec solidaire, certains de la CAQ et Option nationale forment une majorité pour arriver aux véritables intérêts des Québécois. Sans renoncer à nos convictions, pour être majoritaires, il faut voter pour un seul parti, le Parti québécois. Plus tard, chacun trouvera sa place. Si on dit que tous les partis se valent, on sait qui est le champion de l’intrigue, de la magouille et du copinage pour des intérêts pas pour des idées.

Alain Bourdet - Le 26 mars 2014

7 commentaires
  • Nephtali Hakizimana - Inscrit 28 mars 2014 02 h 05

    Merci M. Bourdet!

    Que celle et celui qui ont des oreilles entendent...
    Mais ils se bouchent les oreilles et se ferment les yeux pour ne rien voir ni rien entendre.
    Vive la péréquation!
    Et Mme David dit: Il faut que je sois premier ministre; et M. Legault se dit: il faut que je sois premier ministre; et tous les membres d'Option nationale répètent en choeur: la souveraineté doit passer par nous!
    Et les <<French Canadians>> attendront longtemps, longtemps!...

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 28 mars 2014 05 h 52

    Réaction

    Bienvenu encore parmi nous Monsieur l'immigrant de 48 ans notre concitoyen. Mais votre réaction à fleur de peau contre le mépris démontre votre manque d’habitude à ce phénomène. Nous, les héritiers de 400 ans d’histoire vécue ici, nous y sommes accoutumé. Tellement que certains d’entre nous n’y portons presque plus d’attention, ça fait partie de notre environnement.

    D’autres pourtant ont trouvé une sortie positive à cette situation. Au lieu de chercher la réaction «contre», nous cherchons la réponse «pour» : Pour nous, pour notre développement, pour notre liberté, pour notre émancipation, pour notre avenir.

    On a le droit de rêver sans hargne. L’ado n’est pas obligé de sortir de la maison paternelle enragé. Il peut en sortir avec confiance dans son avenir. Ça donne moins de brûlements d’estomac et la journée devient plus belle.

    Merci de votre attention.

    PL

  • Patrice Drolet - Inscrit 28 mars 2014 06 h 57

    Idem avec le ROC

    22 ans dans l'armée canadienne. Autant d'années à ressentir ce mépris envers les canadiens français. Un anglais autour d'une table de 20, tout le monde doit parler anglais... Qui avait dans 90% le pouvoir alors que le ratio aurait dû être proportionnel au ratio de population QC/ROC? Les anglais. Et les francophones en "pouvoir" se faisait regarder de haut par leurs vis à vis anglos. Le mépris, c'est ce que j'ai ressentis pendant toutes ces années lorsque je devais côtoyer les anglais.

  • Patrice Drolet - Inscrit 28 mars 2014 07 h 02

    Et la menace

    Pour faire suite à mon message précédent, lorsque le PQ a été élu en 2012, un anglos m'a dit tout bonnement, en anglais bien entendu, que si on fait un référendum pour se séparer et qu'il est gagné, ils nous conquerrons encore! C'est ainsi que nous sommes vus par une grande majorité d'anglo du ROC. Un peuple soumis qui doit le demeurer.

  • Jean Richard - Abonné 28 mars 2014 10 h 35

    Le mépris qu'on mérite parfois

    Qui sont ces anglos qui nous méprisent ? Ce sont ceux qui ont mis le doigt sur notre principale faiblesse : notre incapacité à se faire respecter.

    Être anglophone au Québec ou au Canada, ça veut dire faire partie d'un écosystème linguistique, culturel et social doué d'un pouvoir d'attraction presque sans borne, qu'on appelle anglosphère. Si l'anglosphère est dominante, elle le doit non pas seulement à son histoire récente, mais aussi à sa vitalité, sa créativité et même sa solidarité. Son agressivité envahissante pourrait l'amener à s'auto-détruire à moyen terme, mais pour le moment, la menace est encore invisible. Alors, elle fonce et dévore tout sur son passage, comme un bulldozer.

    Être francophone, ça veut dire se sentir isolé, car la francosphère est morcelée, divisée entre la morosité du nord (France et Québec surtout) et l'Afrique, qu'on regarde de haut parce qu'on la croit pauvre et sans ressource – alors qu'elle a pourtant une riche culture.

    L'Afrique francophone est une Afrique coloniale, qui a accédé à son indépendance, mais qui a conservé en partie la langue coloniale. La condescendance et le mépris de la France et du Québec font en sorte qu'elle a de la difficulté à jouer à égalité dans cette francosphère linguistique et culturelle. Pourtant, c'est peut-être elle qui tient entre ses mains l'avenir du français dans le monde.

    Plus que jamais la langue et la culture débordent des frontières politiques. Un Québec souverain sur découpage linguistique ou même culturel n'a plus sa raison d'être. La souveraineté pourrait encore se négocier sur une base politique, économique et sociale. Or, le modèle d'état souverain proposé par le PQ tend, sur le plan politique, économique et social à niveler les différences entre le Québec et le ROC, ce qui le rend inutile. En voulant écarter QS du débat, les péquistes ne font que rendre la souveraineté inutile – et peu crédible aux yeux des anglophones.