Lettre - La lettre d’un immigrant

Je viens de lire une lettre qu’un immigrant de Québec vient de faire paraître dans les journaux. Avec raison, cet homme qui vit au Québec depuis 34 ans nous fait la leçon. Il se dit désolé et peiné de constater que le peuple québécois est miné par la peur. Il nous pose carrément la question : « Comment un immigrant peut-il s’identifier fièrement à un peuple qui a peur ? » Il se dit déçu de nous voir suivre une élite qui veut rapetisser le Québec.

 

Cet homme debout a tout à fait raison. Il nous voit, surtout ici à Québec, à la merci de mercenaires de l’information au service d’une poignée de propriétaires des trois radios privées de la ville. Personne ne soulève la question du respect de la Loi sur le financement des partis politiques alors que des propagandistes distillent sur les ondes des mots d’ordre de vote pour le Parti libéral à coeur de journée. Jamais des nationalistes québécois n’auraient pu obtenir un permis d’Ottawa pour faire de la radio de cet ordre.

 

Cet immigrant n’est pas sans se rendre compte que ceux qui tiennent à la survie de notre peuple se divisent dans un système électoral qui ne peut mener qu’à l’élection des fossoyeurs de ce peuple. Il voit les anglophones voter à l’unisson pour les capitulards libéraux, car ils savent où se trouvent leurs intérêts. Cet immigrant a compris que dans la résistance, il faut momentanément oublier ses différences pour lutter victorieusement. Il a compris qu’un peuple mort n’est ni à droite ni à gauche, il est mort.

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32 commentaires
  • Françoise Breault - Abonnée 26 mars 2014 04 h 13

    Wow!

    Jamais lu un texte aussi percutant.

  • Yves Côté - Abonné 26 mars 2014 04 h 19

    Pardon mais...

    Monsieur Jasmin, puisque vous me semblez y faire référence évidente, avant de faire la leçon aux uns ou aux autres, je vous invite à vous intéresser au mouvements de Résistance européens pendant la Seconde Guerre Mondiale. En particulier à celui français, qui fut le plus structuré, puissant et efficace qui ait alors existé.
    Jamais, je dis bien jamais, les différences politiques droite-gauche des Résistants et de leurs diverses organisations ne furent abolis. Au contraire, la force du général de Gaulle, celui-ci aidé de Jean Moulin et de quelques autres sur le terrain, reposa dans sa capacité à unir les forces des uns et des autres malgré leur diversité politique. Soit, tout le contraire de ce que font concrètement Pauline Marois et le PQ...
    Les épreuves de force que Madame Marois affectionne tant depuis qu'elle est en politique active, ne devraient être réservées qu'aux adversaires de l'indépendance, pas contre celles et ceux de son propre camp qui osent montrer qu'un pays doit être englobant de toutes ses composantes... De droite ou de gauche, de souche ancienne ou d'enracinement récent, hommes-femmes, athées ou croyants, discrets ou ostentatoires, riches ou pauvres, personnes handicapées ou valides, blanches-noires-oranges ou vertes..., tous nous devons trouver à pouvoir nous emballer pour le pays à venir.
    Le Québec indépendant ne pourra jamais être le fait d'un parti, il faudrait bien que Madame Marois et le PQ s'en rendent compte un jour !?
    Le Québec indépendant ne pourra pas être autrement que le fait de Québécois qui viennent de tous les horizons de vie et qui y trouveront liberté.
    L'obsession partisane du ou des sauveurs du Québec n'est tellement plus d'actualité, que celle de la pluralité dans l'union des forces indépendantistes est devenue la seule qui puisse avoir le succès attendu.
    Qui croirait que les fédéralistes canadiens d'en face demandent à tous leurs supporters d'aligner une profession de foi libérale ?
    VLQL, Monsieur !

    • Cyril Dionne - Abonné 26 mars 2014 07 h 52

      Mais Québec solidaire et Option nationale ne veulent pas s'unir au seul parti qui a la chance de mettre un parti politique pourri au rancart afin de continuer l'émancipation du peuple québécois hors de ce carcan fédéraliste. Et que font ces partis, ils essaient tout simplement de le remplacer. Honte à eux et surtout à QS, ce parti pseudo-indépendantiste.

    • Jean Richard - Abonné 26 mars 2014 09 h 59

      L'élection du 7 avril ne sera pas référendaire. C'est pourquoi il importe que tous les Québécois visent à être représentés au lendemain de cette élection.

      Nous avons donc, sur notre bulletin de vote, à choisir entre deux partis : Québec Solidaire, le seul qui parle d'environnement, d'économie verte, de justice et d'équité sociales, entre autres, et de l'autre côté, la coalition PQ-PLQ-CAQ, qui parle de pétrole de schiste, de plan Nord, de plan Est, d'emplois (que malgré leur prétention, ils ne contrôlent pas), de charte des valeurs...

      D'une élection à l'autre, le bipartisme réel, celui de la gauche et de la droite, revient et ça, depuis longtemps. Parmi les partis susceptibles de faire élire des députés, ne serait-ce que deux ou trois, il n'y a que Québec Solidaire qui se situe à gauche de l'échiquier. Je ne vois pas où est la honte à vouloir représenter la vision économique, sociale et politque d'une partie non négligeable de la population.

      La pire défaite du Québec le 7 avril prochain serait non pas de voir les libéraux reprendre le pouvoir, même avec la majorité, mais de voir une partie non négligeable de la population non représentée parce que l'assemblée nationale sera toute à droite. On nous dira que trois ou quatre députés QS n'auront aucun pouvoir : je répondrai que oui, ils auront au moins le pouvoir de parler. La démocratie n'est pas qu'un vote, elle est aussi la liberté de s'exprimer.

      Une assemblée nationale 100 % PLQ-PQ-CAQ ne serait sûrement pas un grand bienfait pour la démocratie. Il est vrai toutefois qu'en voulant être optimiste, on en arrive à prévoir que dans une telle situation, on pourrait voir disparaître non pas la CAQ, mais bien le PQ. Se démarquant fort peu du PLQ autrement que sur la question nationale, le PQ n'aura que le choix de se repositionner, ce qui lui sera difficile, ou de disparaître, le scénario le plus plausible.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 26 mars 2014 15 h 09

      M. Côté, je suis 199% avec vous. Selon plusieurs ici, ce sont O. n. et Q. s. qui divisent le vote. Pourtant depuis ce parti existe, bientôt cinquante ans, il a reigné pratiquement toujours sans concurance, et a -t-il résussi à mener à bien son projet? Bien sûr, là, c'est de la faute aux anglais, aux immigrants. Ya pas à dire, selon eux nous sommes innocents de nature et irresponsables. Avec une telle vision comment pouvons nous espérer faire du Québec un pays?

      J'ai rencontré un premier anglophone indépendantiste alors que ni le P. q. ou le MSA exitaient. C'était tout juste après le "Vive le Québec libre" de De Gaule, lancé du balcon de l'hôtel de ville de Montréal, alors que je faisais de l'auto stop pour un emploi à Montréal, à cause d'une grève dans les transports. La radio était en anglais, et après un toune on y parlait de cet événement et de ses suites; il me demande, toujours en anglais ce que j'en pense. Je me sentais prise au piège dans ce désert urbain et Je lui dit que certains pensaient ceci et d'autres... il me coupa la parole et me dit (je traduis) je ne vous demande pas ce que les autres pensent mais ce que VOUS vous en pensez. Je n'allais pas me trahir et je lui ai dit que j'étais membre du RIN un parti indépendantiste, et que donc... Il secoua la tête et me dit en riant qu'il l'était aussi. Il venait de Londres, était ici depuis + ou - un an, et envoyait ses enfants à l'école française: Irlandais probablement. Je me souviens aussi du dernier discours de Boisclair la veille du scrutin qui aurait pu faire de lui un premier ministre: la salle, à Laval, était bondée et je fus étonnée du nombre de familles vietnamiennes qu'on y voyait.

      Révélateur de voir tant d'indépendantistes se plaindre qu'immigrants et anglophones votent contre nous: alors nous n'avons jamais ralié une majorité de Québécois de souche. Cela relève de notre état de colonisés: mais où est la clef?

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 26 mars 2014 06 h 50

    Au lieu d'utiliser un intermédiaire...

    ... Exprimez votre opinion, voilà tout.

    Le peuple québécois n'a pas de leçon à apprendre, mais seulement de leaders intègres et, oui, soucieux de préserver la culture et la langue française, et lidentité propre du Québec.

    • Mohamed Sow - Inscrit 26 mars 2014 09 h 39

      "Le peuple québécois n'a pas de leçon à apprendre"?..
      The defense rests,Your Honor

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 26 mars 2014 12 h 24

      Des propos toujours imprégnés d'une hostilité et d'une colère qui donne froid au dos, monsieur Sow.

  • Michel Lavigne - Inscrit 26 mars 2014 09 h 24

    La peur des autres

    Je ne suis pas d'accord. Mr. Alvarez a tout faux. Je suis fils d'immigrant et ce n'est pas la peur qui fait que je m'oppose à l'idée d'indépendance. Comme pour bien d'autre, je me suis toujours senti exclu de ce que les fervents québécois pure laine de souche appelent le ''peuple'' québécois. Je ne suis pas un québécois ''de souche'' et Mr Alvarez non plus. Mr Alvarez n'a sans doute jamais tout à fait réalisé à quel point cette appartenance à une race de pur laine est le letmotiv de toute cette course à l'indépendance. Je pense que certains mots du dictionnaires interdits de publication ici caractérisent très bien ce sentiment malsain qui alimente les tensions au sein de notre société depuis les temps lointain remontant à la bataille des Plaines d'Abraham, les Patriotes et tralala...De vieilles histoires du passé auquelles les québécois de souche se raccrochent pour se trouver une identité et se faire croire que le Québec leur appartient avant tout et que les autres sont des étrangers qui doivent se plier à leur idéologie. C'est ce que Pauline Marois voulait dire quand elle parlait il y a quelques années du ''Nous'' et des ''Autres'' dans ses discours politiques. La seule peur que je vois dans toute cette réthorique, c'est la peur des ''Autres''.

    • Yves Côté - Abonné 26 mars 2014 11 h 53

      Monsieur Lavigne, quand vous dites "cette appartenance à une race de pur laine est le letmotiv de toute cette course à l'indépendance", pardon mais vous avez tout faux.
      Tout.
      Je ne peux vous répondre avec grand soin tant votre jugement est complètement à côté de la carte.
      Bien sûr, comme dans toute société, certains de nous sont racistes. Puisque d'évidence c'est ce dont vous voulez parler. Mais dans les faits, et au contraire de ce que la propagande canadian s'acharne à convaincre depuis que les idées loyalists, ou orangistes si vous préférez, ont gagnées la victoire sur celles plus ouvertes du républicanisme en Amérique.
      Si vous connaissez un tant soit peu l'histoire du Canada, vous vous rappelerez sans effort de l'arrivée massive et triomphante de ces gens qui, poussés ou chassés de la Nouvelle-Angleterre par les rebelles qui finalement ont vaincu le carcan britannique dans lequel on voulait les enfermer ?
      Et bien qu'y avait-il au fond de leurs convictions sinon que les Canadiens, Français d'origine proche et donc qui ne pouvaient qu'être amis de Lafayette, ceux-là qui pendant des générations ont occupé un territoire papiste qui ne correspondait pas à leur nombre ni, selon eux, à la puissance de leur métropole, sinon que ces Canadiens, ou Français du Canada, étaient illégitimes en Amérique bien que dans leur propre pays depuis deux siècles ?
      Illégitimes, donc aussi nuisibles que ces rats desquels ils se rapprochaient dans leurs comportements individuels et collectifs (je ne fais que citer de mémoire l'expression connue de l'un d'eux ...).
      Non, il n'y a pas plus de personnes racistes parmi les Québécois que parmi les autres. Mais s'il y a une différence notable à ce titre, c'est bien celle que nos envahisseurs ont su habilement noyer notre territoire qui s'appelait "le Canada" et notre groupe au sein d'une organisation coloniale plus vaste, tout en faisant croire que notre refus de disparaître était une forme de racisme inhérente à notre existence
      honteus

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 26 mars 2014 13 h 08

      @michel lavigne
      Moi aussi je suis fille d'immigrants...arrivés ici au 17e siècle.
      Je ne suis pas d'accord avec votre point de vue...Être québécois(e)s de souche veut dire être bien enraciné dans la terre qui nous a accueilli(e)s. C'est surtout et avant tout:
      Apprendre ses us et coutumes, sa langue (française ici au Québec),sa culture (si riche de diversités) et transmettre le tout à ses enfants et petits-enfants. Pour mes ancêtres, ils eurent tout à innover: prendre un peu des us et coutumes des amérindiens, un peu des traditions,us
      et coutumes françaises et ...beaucoup de leurs propres expériences .
      C'est ce qui fit: la Nouvelle-France, le Canada français et le Québec
      d'aujourd'hui...pays en devenir!
      Nous ne nous raccrochons pas seulement à nos traditions, nous évoluons avec nos traditions...là est toute la différence! Parfois nos
      nouveaux compatriotes ne semblent pas comprendre toute la spécificité de notre histoire! Il est vrai que parfois aussi soit par manque de curiosité ou de livres d'histoire, ces derniers (nos nouveaux compatriotes) n'aient qu'une idée très sommaire de nos racines et comment elles ont pris forme! Alors que puis-je vous suggérer...?
      Un livre de chevet ? Une conférence sur l'histoire? Un cours d'histoire?
      La balle est dans votre camp!

    • Éric Alvarez - Inscrit 26 mars 2014 13 h 16

      J'insiste. Les Québécois sont un peuple des plus ouverts et j'ai eu l'occasion de les côtoyer dans mon travail (foresterie) dans les différentes régions du Québec. Pour s'en rendre compte, il faut cependant sonder l'âme d'un peuple et non pas s'arrêter à des discours.

    • F. Georges Gilbert - Inscrit 26 mars 2014 13 h 25

      Un autre son de cloche..Ma famille est ''cosmopolite'' et plusieurs de nos parents proviennent de différents pays et cultures.Ils se sont très bien intégrés,après une période d'acclimatation-d'adaptation normale à nos us et coutumes et notre langue.Mais surtout, ils nous ont aimé,accepté tel que nous sommes .Les de souches que nous sommes,se sont enrichis au contact de leur culture,de leur générosité,leur ouverture à l'autre et leur gastronomie..Nous n'avons pas eu peur des autres et le Québec regorge d'exemple semblable au nôtre.

  • Claude Verreault - Inscrit 26 mars 2014 09 h 29

    Bravo!

    L'élite! Comment un peuple peut-il être fier de ce qu'il est devenu quand l'élite, justement, passe son temps à lui dire qu'il parle mal. L'élite, encore et toujours!