Lettre - Insectes: diversifier pour préserver

On s’est penché récemment sur l’indésirable qu’est l’agrile du frêne par un sommet qui a capoté, peut-être à cause de la bêtise de nos administrations municipales qui se sont engagées à être plus vertes, un plus en soi, mais qui par ailleurs demandaient en retour beaucoup d’argent qui n’était pas au rendez-vous. D’où cet échec. On tentait ainsi de corriger des décennies de morosité arboricole qui ne privilégiait qu’une espèce, soit le frêne, parce qu’il a une croissance rapide et payante eu égard au vernis écologiste dont voulaient se parer ces administrations. Va-t-on prendre par la suite la piste du défunt maire Drapeau qui, face à la maladie hollandaise de l’orme d’Amérique dans les années soixante (60 000 arbres) à Montréal, les a fait abattre, ou celle de la ville de Québec, qui a privilégié plutôt la voie curative pour combattre ce fléau ? Ce qui explique que l’on voie sur les plaines d’Abraham des ormes d’Amérique de 200 et même de 300 ans d’âge.

 

Puis, il y a cet autre péril jaune qui se montre la tête. Il s’agit du longicorne asiatique, qui s’attaque à tous les feuillus sans distinction tout en voulant ne pas être alarmiste, mais réaliste. Ce copain de l’agrile du frêne, on en entend peu parler et pourtant le danger est bien présent et est très menaçant pour notre flore sylvicole. Va-t-on faire ce que la nature fait depuis des lustres, c’est-à-dire diversifier pour s’adapter, et donc varier les espèces lors de prochaines plantations pour le plus grand bonheur de nos paysages urbains, ou plutôt favoriser une espèce au détriment des autres parce que c’est payant électoralement parlant ?

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