Lettre - Surplus d’électricité ou manque de créativité?

Je ne suis pas économiste. Je suis ingénieur. Les observations et analyses faisant état des surplus de production d’électricité au Québec pour la prochaine décennie et des impacts négatifs sur le fardeau fiscal des Québécois me désolent. Grâce à des décennies d’investissement dans l’hydroélectricité, le Québec est devenu une province riche en infrastructures de production. Il est maintenant temps d’utiliser ce surplus à bon escient, afin d’atténuer notre dépendance au pétrole, mais aussi pour réduire l’empreinte écologique de nos procédés de fabrication et produits de consommation. Le Québec est devenu un chef de file mondial dans la production d’électricité propre. Pourquoi ne deviendrait-il pas un chef de file dans le développement de technologies innovantes utilisant l’électricité comme source d’énergie ? L’électrification des transports est une idée chère aux Québécois (rappelons-nous le moteur-roue), et je me réjouis que notre gouvernement redonne un élan à cet axe stratégique. Pourquoi nous limiter à ceci ? Chers politiciens, en ce temps d’élection, je vous lance une idée : pourquoi ne pas chercher un peu dans les universités, instituts de recherche et petites entreprises du Québec afin de trouver des technologies nouvelles utilisant l’électricité dans les domaines de la conversion des déchets en énergie, de la valorisation des déchets électroniques qui s’accumulent dans nos villes, de la synthèse de nanomatériaux qui peuvent convertir des polluants comme le CO2 en combustibles moins polluants que le pétrole… Ce « surplus » d’électricité représente pour moi un nouveau vecteur de développement économique et de formation de main-d’oeuvre hautement qualifiée et diversifiée pour le Québec.

27 commentaires
  • Marc Bergeron - Inscrit 8 mars 2014 01 h 38

    Un vent de fraicheur

    La créativité apporte souvent des solutions mieux adaptés a nos besoin et au delà des attentes souvent. Ce serait une bonne occasion d'ajouter dans les critères des normes pour ne pas augmenter la pollution de l'air comme le smog et les particules fines 2.5.
    Les rejets de combustion de solide pouvant être éviter j'espère. A mon humble avis, c'est par la technologie et la science et non un retour en arrière, qui pourra nous garantir un avenir meilleur. J'espère que vous serez entendu par tous les partis politique. C'est tellement plus sensé ainsi que d'améliorer les GES au détriment d'une plus grande pollution que l'on respire tous.

    • François Beaulé - Abonné 8 mars 2014 09 h 17

      Vous revenez sans cesse sur les particules fines. Se pourrait-il que dans votre municipalité ou votre voisinage, des poêles à bois non certifiés soient utilisés ? Pourquoi ne pas agir au niveau de la politique municipale, si cette question vous obsède ? Les poêles à bois certifiés EPA ne produisent-ils pas beaucoup moins de particules fines ?

    • Marc Bergeron - Inscrit 8 mars 2014 20 h 16

      M. Beaulé. Avec une province qui émet plus de 47,000 tonnes de particules fines 2.5 cause de smog cela mérite de porter attention.
      Je parle de combustion de solide mais en passant pour répondre à votre question, les poêles EPA ne sont pas une solution acceptable pour votre information. C'est comme de fumer 25 cigarettes plutôt que 28. De plus ils dégagent plus de dioxines et furannes et après quelques année perd de sa performance. Bien entendu on parle dans des conditions maximum, humidité du bois au thermomètre, ajout d'air etc.et ce avec du bois mou contrairement aux anciens poêles. Plus simple de voir les études et test sur le sujet, ça vaut la peine parce que c'est un problème important de santé après vous comprendrai le pourquoi j'insiste.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 8 mars 2014 06 h 17

    Sur !

    Y a une chose de sur et certaine : Quand nous aurons un train électrique, on ne manquera pas de jus pour le faire marcher !

    pl

    • Jean Richard - Abonné 8 mars 2014 12 h 30

      Mais il semble que ce ne sera pas avec des transports publics qu'on va tenter de consommer les surplus d'énergie.

      On pourrait faire des prévisions. La STM, de loin le plus gros utilisateur de véhicules électriques, le métro, pourrait annoncer une diminution de l'offre de service suite au trou supplémentaire dans son budget, trou créé par une augmentation sustancielle de sa facture d'électricité résultant des politiques d'Hydro-Québec, dont le gouvernement du Québec est pour ainsi dire l'actionnaire.

      L'électrification des transports ? Si cette électrification débute par une baisse de l'offre en transport électrique, par une diminution de la part modale de l'électricité dans les déplacements, c'est qu'elle est très mal engagée cette électrification.

      Vendredi midi, j'étais à la station Peel, en pleine semaine, en plein centre-ville. Sur un écran on pouvait lire : prochain départ dans 9 minutes, départ suivant dans 19 minutes. Neuf minutes plus tard, c'est un train bondé qui est arrivé au quai.

      Trouvez-moi une grande ville qui en plein centre-ville, en pleine semaine, en plein milieu de la journée ne trouve rien de mieux à offrir que des trains bondés aux 10 minutes. Mais le régime de disette imposé par nos électrificateurs aux transports en commun expliquent au moins en grande partie cette situation. À Toronto par exemple, la fréquence du métro (subway) est de 2-3 minutes en pointe et 4-5 minutes le reste du temps. Pas 10-12 minutes.

    • François Beaulé - Abonné 8 mars 2014 17 h 36

      L'augmentation du prix payé par la STM pour l'électricité du métro est minime par rapport à son déficit d'opération, de l'ordre de 2%.

      Une plus grande part du budget d'opération de la Toronto Transit Commission est assumé par les utilisateurs comparé à la STM. Les tarifs mensuels sont nettement plus élevés. Le passage simple est à 3$ dans les 2 villes.

    • Simon Chamberland - Inscrit 8 mars 2014 20 h 40

      430 000 $ de moins, ça beau être relativement petit, c'est tout de même 430 000 $ de moins, M. Beaulé. C'est irrationnel de balayer ça du revert de la main quand on sait que le métro est un des deux seul moyen de transport totalement électrique de la province, l'autre étant la ligne de train de Deux-Montagnes.

      La comparaison avec Toronto est aussi irrationnelle. Toronto est une ville plus riche et le revenu par habitant est supérieur, mais Toronto paie un plus haut tarif son énergie, qui coûte plus cher à produire.

      Le 430 000 $ servira à financer la construction d'éoliennes qui ne répondent à aucun besoin. Faut pas banaliser.

    • François Beaulé - Abonné 9 mars 2014 11 h 34

      M. Chamberland, 2% du déficit d'opération, c'est minime. Il n'est pas bien de sous-évaluer les prix de l'énergie et cela vaut pour tout le monde. Si l'électricité et le pétrole coûtaient plus cher nous en consommerions moins. Nos habitations seraient mieux isolées. Il y aurait moins de maisons surdimensionnées. Les autos consommeraient moins et parcoureraient moins de kilomètres par an, etc...

    • Simon Chamberland - Inscrit 9 mars 2014 13 h 16

      M. Beaulé,

      Par km-passager / joule, le métro est beaucoup plus efficace que n'importe quel autre mode de transport motorisé. D'un point de vue l'efficacité énergétique, il faut donc le favoriser.

      430 000 $, ce n'est pas minime, et c'est du pur gaspillage : ça sert ent autres à des éoliennes inutiles. Par contre je comprends pourquoi nous sommes si endettés : on trouve minime 430 000 $ et on n'investit pas dans les moyens les plus efficaces.

    • François Beaulé - Abonné 10 mars 2014 07 h 54

      On n'investit pas dans les moyens efficaces, écrivez-vous, M. Chamberland ? Vous faites grand cas d'un montant minime dans le budget total de la STM et vous oubliez les 2,5 milliards que coûteront les 468 voitures de métro «chromées» aux contribuables québécois. Ces 468 voitures sont construites par Bombardier au prix de 1,2 milliard environ, ce qui en fait les voitures de métro les plus chères au monde.

      La STM ajoute près de 1,3 milliard à ce montant pour faire divers aménagements et gérer le projet, dont 240 millions pour un bureau de projet du matériel roulant qui vient doubler la gestion faite par le consortium Bombardier/Alstom.

      Il faut savoir qu'il faudra aussi remplacer les 423 voitures MR-73 qui restent. Elles sont plus solides et moins vieilles que les MR-63 mais elles ne sont pas éternelles pour autant.

      Le déficit d'opération de la STM s'explique en grande partie par la hauteur des rémunérations des gestionnaires et des employés de la STM qui outrepassent de beaucoup le revenu moyen des voyageurs et des contribuables de Montréal. Le prix de l'électricité payé par la STM restera le plus bas au monde.

  • Pierre Couture - Inscrit 8 mars 2014 07 h 22

    Il y a surplus et surplus

    Vous avez entièrement raison M. Coulombe de vouloir pousser le développement technique en misant sur nos chercheurs et finissants universitaires.

    Mais songeons-y avec ordre et rationalité.

    Vous nous proposez des axes de recherche fort intéressants, mais qui s'inscrivent dans le long terme.

    Quoi qu'on ne cesse de dire que la science nous fait aller de plus en plus vite, vous êtes bien placé pour savoir qu'entre une idée nouvelle germée dans un laboratoire et son incarnation dans un produit commercial prêt pour le marché, il s'écoule de nombreuses années et parfois des décennies.

    Or, les surplus que nous payons inutilement actuellement proviennent en presque totalité des centrales éoliennes que le gouvernement Charest a étourdiment imposé à nos poches de pauvres contribuables.

    Quand vos produits arriveront sur le marché, lesdites éoliennes seront en fin de vie. Elles auront tourné inutilement et auront provoqué de grands dégâts économiques et physiques absolument pour rien.

    Oui, misons sur les technologies électriques, mais de façon intelligente en misant sur une ressource fiable, durable et renouvelable, c'est-à-dire l'hydro-électricité, et abandonnons sans remord la désolante filière éolienne.

  • Nicole Bernier - Inscrite 8 mars 2014 08 h 38

    Enfin quelqu'un qui a de la vision, qui regarde l'avenir l'esprit ouvert...

    Personnellement, je suis profondémment convaincu que ceux qui investissent dans ce qui va diviser la tarte encore plus, comme le cas des cimenteries, nous conduisent àa la faillite.

    Une des rares choses qu'Obama a réussi à faire fut de forcer leur industrie automobile à se renouveller et à changer leur équipe de direction, en échange de financement. La preuve de son succès, c'est comment les compagnies américaines ont commencé à se renouveller et recommencer à faire compétition aux innovations asiatiques... Cependant, ce sont les compagnies qui ont dû faire l'effort de chercher dans les universités les projets les plus excitants, pas le gouvernement...

    C'est bien plus facile de faire comme Marois de vendre à rabais l'électricité et d'augmenter la facture des contribuables plutôt que d'avoir le courage de forcer un changement d'attitude basé sur des exemples de succès en échange de financement gouvernemental....

  • Bernard Terreault - Abonné 8 mars 2014 09 h 03

    Lumineux

    Programme emballant, mais qui demande du travail, de l'imagination, de la persévérance. Trop souvent on cherche les solutions apparemment faciles, comme les subventions à une multinationale, mais qui ne rapportent pas durablement. C'est un changement de mentalité qui est nécessaire dans toute la population, pas seulement chez les supposés leaders de la société. Passer du stade où on exploite nos immenses ressources naturelles sans maximiser leurs potentialités, à un stade où on en tire le maximum. Passer de bûcheurs à techniciens comme l'ont fait d'autres petites nations comme les Suisses et les Scandinaves.

    • Nicole Bernier - Inscrite 10 mars 2014 08 h 03

      Le changement de mentalité que vous souhaité (et que je souhaite) est difficile car les mentalités sont profondément enracinées chez les jeunes par le biais de l'éducation informelle (la famille, etc.) et formelle (l'école et l'université). Ce n'est pas pour rien que l'Occident valorise l'éducation et cherche à prendre le contrôle de l'éducation formelle dans tous les pays, car l'éducation formelle peut offrir un contrepoids à l'éducation informelle. Par contre, où est le contrepoids, de ce que les classes dominantes veulent imposer comme mode de fonctionnement à une société en passant par les institutions?

      Aujourd’hui, le poids de la tradition auquel les jeunes sont incapables d'échapper passe par l’ignorance (ils ne sont plus obligés de reproduire les discours passés, mais ils ne savent pas d’où vient leur savoir) c’est pourquoi, leur créativité ne fait pas peur aux leaders, parce qu’au moment où ils pensent innover (et beaucoup des professeurs universitaires postmodernistes entretiennent cette illusion), ils ne se rendent pas compte qu’ils sont dans la reproduction des vieux patterns...