Lettre - Pourquoi pas le péage pour le pont Champlain ?

Au Québec, contrairement à d’autres provinces ou pays, on fait payer le stationnement dans les hôpitaux par les usagers affectés par la maladie, ainsi que par la famille et les amis qui viennent généreusement leur rendre visite. Et cela, dit-on, sert à payer le déneigement et l’entretien de ces établissements hospitaliers, afin qu’ils ne soient pas déficitaires.

 

D’un autre côté, on refuse de faire payer un droit de passage aux usagers du futur pont Champlain (qui va coûter une beurrée). Où que vous habitiez au Canada, vous allez payer par vos impôts la construction d’un pont que vous n’utiliserez peut-être jamais. Pourquoi ne pas faire payer ceux qui l’utilisent ? Où est la logique ? Où est la justice ?

 

Après avoir constaté que 90 % des automobiles traversant le fleuve à Montréal ou à Québec n’ont que le chauffeur à bord, je me suis demandé pourquoi on ne taxerait pas les véhicules selon un barème inversement proportionnel au nombre de passagers dans l’auto ? Cela encouragerait au moins le covoiturage.

 

Gilbert Blachon - Rivière-du-Loup, le 4 mars 2014


 
4 commentaires
  • François Beaulé - Inscrit 6 mars 2014 08 h 01

    Tout juste

    Les politiciens provinciaux et municipaux de la région de Montréal sont irresponsables. Ils s'entêtent à nier l'évidence de la nécessité de péages sur les autoroutes et pour l'accès des ponts. Ils font de la petite politique populiste.

  • François Dugal - Inscrit 6 mars 2014 08 h 07

    Le prix

    Les rivières étant de juridiction fédérale, le péage sur tous les ponts canadiens devrait être universel. N'oublions pas notre hymne national:
    "Près du fleuve géant, le Canadien grandit en espérant"
    Nous avons tous eu le privilège de naître dans le "plusse meilleur" pays du monde, alors déposons une obole reconnaissante dans la guérite prévue à cet effet.
    Oremus, prions ensemble, let us pray.

  • Jean Richard - Abonné 6 mars 2014 11 h 04

    L'automobiliste vote

    L'automobiliste vote et la part modale du transport individuel entre l'île et la banlieue rend l'équation fort simple : les automobilistes sont majoritaires aux urnes.

    Supposons qu'au lieu de construire un immense pont Champlain à l'échelle du pont actuel, avec même une chaussée élargie pour augmenter le nombre de voies, on se contente d'un pont strictement ferroviaire, avec un train léger en prime. Un tel pont et un véhicule sur rail pour le traverser coûterait probablement moins cher que le projet actuel, train non compris.

    Et là, on peut parier qu'on trouverait tout-à-fait normal que l'usager de cette navette paie son passage. Pourtant, la solution aurait été plus économique à la construction, et pourrait s'avérer aussi économique à l'entretien.

    Quelle est la ressemblance entre un automobiliste et un usager des transports en commun ? Les deux utilisent une infrastructure de transport publique. Quelle est la différence ? Le premier croit qu'il a droit à la gratuité alors que le second accepte cette forme de péage qu'est l'achat d'un titre de transport.

    Si la route est totalement gratuite pour l'automobiliste, pourrions-nous imaginer qu'il en soit de même pour le métro, du moins au centre-ville ? Pourtant, au royaume du pétrole, à Calgary, il y a bel et bien une zone du centre-ville à l'intérieur de laquelle on peut se déplacer gratuitement à bord du métro léger, le C-Train.

    Si les usagers du métro au centre-ville ainsi que ceux de la ligne jaune demandaient la gratuité, croyez-vous que M. Coderre et ses vis-à-vis des villes de la banlieue sud y seraient favorable ? Si les ponts sont gratuits, pourquoi la ligne jaune, qui a le potentiel de remplacer plusieurs ponts, ne le serait-elle pas ?

    Et pour ces gens en campagne électorale... Détourner 50 000 automobilistes par jour vers le métro, n'est-ce pas un moyen très efficace d'électrifier les déplacements ?

  • Richard Dagenais - Abonné 6 mars 2014 15 h 35

    Les impôts des autres...

    L'argumentaire des impôts de tous les canadiens qui vont payer pour le pont Champlain est un argument innaproprié. On pourrait dire que les prestations de chômage des sans-emploi de la Gaspésie, par exemple, sont financés par des gens comme moi qui ont cotisé toute leur vie de travailleur sans jamais en avoir retiré ou qui payent pour l'assurance parentale sans jamais avoir d'enfants.

    Il faut cesser le nombrillisme, d'avoir une vision régionaliste et de voir que ce qui est bon pour Montréal est bon pour l'ensemble des régions et que ce qui est bon pour une ou plusieurs régions est également bon pour Montréal.