Lettre - Pétrole à Anticosti

Deux nouvelles très inquiétantes coup sur coup. La ville de Gaspé n’a pas le pouvoir de protéger sa nappe phréatique face aux « fous » de pétrole. Qui va le faire alors ? Le gouvernement québécois ? C’est à voir.

 

Le gouvernement québécois pense nous allécher en allant de l’avant avec la prospection de pétrole à l’île d’Anticosti. Ne vous en faites pas : c’est loin des grands centres, c’est grand, c’est sauvage. Et ce ne sera pas sur une grande surface. Voyons donc !

 

Et le moratoire sur le gaz de schiste, c’est du vent ? Les Québécois étaient et sont encore opposés à la méthode de fracturation, quel que soit le produit recherché. Et le gouvernement a décrété un moratoire de cinq ans dans la vallée du Saint-Laurent sur l’exploitation du gaz de schiste. Le pétrole de schiste n’est pas plus acceptable où que ce soit au Québec ! Et les endroits ciblés pour le pétrole sont toujours dans le golfe Saint-Laurent ou tout près ! Île d’Anticosti, Gaspé et Old Harry, à 80 kilomètres des Îles-de-la-Madeleine.

 

Laissez le Saint-Laurent tranquille ! Au XXe siècle, on l’a assez maltraité : remblayage, pollution généralisée et presque irréversible, îles artificielles, barrages hydroélectriques, érosion des berges, destruction massive des milieux humides, etc.

 

Notre gouvernement n’est pas foutu de protéger le Saint-Laurent, là où vit et s’abreuve la majorité de sa population ! Et il a le culot de dire qu’il vise un Québec vert ! L’exploitation de nos ressources naturelles, pas à n’importe quel prix, pas à tout prix !

 

Pour la première fois en 40 ans, je ne voterai pas pour le Parti québécois.


Christine Larose - Neuville, le 18 février 2014

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2 commentaires
  • Catherine Cecile DUBUC - Inscrite 20 février 2014 09 h 15

    Avec mme Larose

    Moi de même et pour les mêmes raisons
    Moi, je veux un Québec vert: c'est le Québec que je veux léguer à mes petits fils.
    C'est sérieux et réfléchi.
    Massacrer l'eau et vendre les ressources au nom des jobs et de l'économie, c'est avoir la vue courte et manquer de vision et de confiance en nos capacités pour l'avenir qui cette fois-ci vient vite. Écoutez la chaîne EXPLORA une semaine et vous comprendrez de quoi je parle. La pensée magique ne restaure pas les napes phréatiques massacrées, les territoires dévastés au nom de l'économie, etc.
    C'est mon avis

    • Jean Richard - Abonné 20 février 2014 10 h 37

      @Mme Dubuc

      « Moi, je veux un Québec vert: c'est le Québec que je veux léguer à mes petits fils. »

      Je ne veux surtout pas être l'avocat du diable, mais...

      En employant la première personne du singulier, êtes-vous en train de nous dire que le Québec VOUS appartient et que vous allez le léguer à VOTRE petit-fils ? Or, si on vous disait que le Québec ne vous appartient pas et que vous ne pouvez pas léguer à vos héritiers quelque chose qui ne vous appartient pas ?

      Ne sommes-nous pas en face d'une des faiblesses du discours environnemental, l'individualisation des biens collectifs ? À la limite, cette individualisation a comme conséquence désastreuse le syndrome du pas-dans-ma-cour. À qui appartient la planète ? À la collectivité, composées de toutes les espèces qui l'habitent. C'est pourquoi le Je-moi sonne comme une fausse note.

      Et un petit proverbe avec ça : « Donne un poisson à un homme, il mangera un jour ; apprend-lui à pêcher, il mangera toute sa vie. »

      Une variante de ce proverbe : « Donne le paradis à un homme, il pourrait en faire un enfer ; apprend-lui à le gagner, il pourrait en jouir pour la vie. »

      Triste constat : l'empreinte écologique de la jeune génération est beaucoup plus importante que celle de leurs grands-parents. Ils ont donc le pouvoir de changer l'éden en enfer. Se pourrait-il que ces jeunes ne croient guère au préchi-précha des dogmes écolos et que parallèlement, leur éducation scientifique et humaniste soit lourdement déficitaire ?

      Alors, ce serait vain de léguer un Québec vert aux enfants si on ne leur donne pas les moyens de le préserver. Ces moyens de préserver l'environnement, ça s'acquiert par l'éducation. Est-ce que l'éducation scientifique (en écologie notamment) est à la hauteur du défi ? Permettez-moi d'en douter si on en juge par le comportement des jeunes.