Lettre - Miroir aux alouettes ou piège à contribuables?

Dans son éditorial du 15 février, Bernard Descôteaux met en doute le bien-fondé de la nouvelle stratégie du gouvernement Marois visant à encourager l’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti. Permettez-moi d’en remettre une couche et de faire une prévision : aucune des coentreprises dans lesquelles l’État prendra une participation ne réussira à exploiter de manière rentable le pétrole d’Anticosti.

 

Mieux : après une, deux ou trois faillites spectaculaires (l’État prenant soin de rembourser tous les créanciers rubis sur l’ongle), des intérêts étrangers, 100 % privés, reprendront le tout à leur compte, moyennant quelques centaines de millions en subventions et garanties de prêts offerts par un nouveau gouvernement pour réparer les pots cassés du précédent.

 

Alors là, et seulement là, les puits se mettront à pomper du pétrole rentable, contre redevances dérisoires.

 

Quelques déversements plus tard, une commission d’enquête conclura qu’on a troqué un joyau (Anticosti) contre quelques perles de verre payées — trois fois — avec notre propre argent.

 

Au moins aura-t-on acheté quelques votes et fait taire quelques belles-mères…

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12 commentaires
  • Jean Duchesneau - Abonné 18 février 2014 05 h 21

    Prophète de malheur?

    Face au projet de nationalisation de l'électricité de René Lévesque dans les années 60 n'auriez-vous pas réagis avec le même cynisme?

    • Benoît Landry - Inscrit 18 février 2014 06 h 39

      Comparé la nationalisation de l'Hydro avec un appui massif à des intérêts privés pour un projet qui risque d'avoir des répercussions environnementales épouvantables.... ça me donne le goût d'être cynique

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 18 février 2014 08 h 14

      Vous ne vous souvenez pas des environnementalistes du temps qui hurlaient à la lune contre la dévastation de nos rivières, M. Landry ? Eh ben !

      PL

    • Benoît Landry - Inscrit 18 février 2014 11 h 06

      M. Lefebvre, justement, bien que la dévastation de nos rivières ait eue et a encore, des conséqeunces bien fâcheuses, on ne se retrouve pas avec des situations irréversibles à cause d'un l'empoisonnement causé par des résidus d'une ressource non-renouvelable. En plus, la nationalisation nous apportait la souveraineté complète de la ressource, tandis que là on subventionne dans les faits encore une fois des étrangers qui vont nous laisser leurs déchets.

      Au lieu de copier Lévesque, le PQ actuel s'inspire de Duplessis qui nous vendait 0,01 $ la tonne. Dans notre État moderne, le gouvernement rend disponible nos réserves financières aux étrangers pour que ceux-ci nous achètent avec notre argent. Dois-vous vous rappeler qu'avec ces 115 millions le gouvernement n'achète que 30 % des actions.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 18 février 2014 11 h 46

      Y a quelqu'un qui n'a pas bien comprit, moi j'ai entendu 50% des actions et plus souvent qu'autrement, toute la journée en fait, à tous les postes et à toutes les heures depuis l'annonce.

      On aura beau ne pas être d'accord, c'est notre plein droit, mais Duplessis ? Me semble que je ferais le lien plus facilement avec le Plan nord de vous savez qui.

      C'est sur que si je m'achète une Saab, y des sous qui vont se ramasser en Suède, mais le char, y est à moi !

      Bonne journée.

      PL

    • Richard Laroche - Inscrit 18 février 2014 12 h 30

      Il y a d'énormes différences sociales, économiques et politiques aujourd'hui.

      Premièrement, dans les années 60, la financiarisation en était à ses balbutiements. Presque personne n'avait de placements: les familles investissaient sur leurs actifs, les enfants, la maison, l'entreprise. Les gens n'avaient pas d'argent à confier à un banquier ou à investir dans l'entreprise de quelqu'un dautre! L'intervention de l'État en tant que moteur financier dans ce contexte permettait alors de créer de la richesse collective qui n'aurait jamais pu se créer par la volonté libre des citoyens.

      Deuxièmement, ceux qui tiraient les ficelles de la finance dans les années 60 au Québec, ce n'était pas des Québécois riches, ni des grands groupes de petits épargnants Québécois. C'était des canadiens d'autres provinces et des américains. C'était eux qui contrôlaient les conseils d'actionnaires et qui avaient le levier sur toutes les administrations d'entreprises, et collatéralement avaient un pouvoir politique considérable. Encore une fois, l'intervention de l'État en tant que moteur financier dans ce contexte permettait de reprendre un contrôle politique et démocratique de l'économie.

      Aujourd'hui, plus rien de tout ce la n'est vrai. Les épargnants Québécois ont déjà entre les mains d'énormes leviers financiers et leur pouvoir politique n'est aucunement restreint, pourvu qu'ils s'impliquent un minimum dans leurs intérêts en tant que propriétaires responsables.

      L'intervention de l'État n'est absolument pas indispensable. Les citoyens peuvent très bien créer un fonds d'investissement volontaire et privé pour développer ces projets. Une telle approche rendrait le pouvoir de décision démocratique à chaque citoyen pour investir ou pas dans ce projet.

      Aujourd'hui dans un contexte mondial, tous les États agissent strictement au service de la finance. C'est pourquoi, dans notre intérêt collectif, nous devons définanciariser l'État et remettre le pouvoir entre les mains des citoyens.

  • Jacques Gagnon - Inscrit 18 février 2014 10 h 59

    Le club des pessimistes

    Monsieur Léonard, si on vous demandait de fonder le club des pessimistes, vous répondriez sans doute : « Ha non, ça ne marchera pas ».

    Mais votre cynisme est encore plus désolant. Ne faisons rien, peut-être que ça va donner quelque chose.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 18 février 2014 11 h 48

      Merveilleux ! Sublime ! Je me tord de rire.

      PL

  • Yvon Giasson - Abonné 18 février 2014 11 h 00

    Je me souviens...

    Un des avantages d'être parvenu à un certain âge, c'est de pouvoir mettre les débats de sociéte contemporains dans un perspective historique.
    C'est ainsi que je constate que ceux et celles qui commentent les articles du Devoir voient souvent les choses différemment selon leur connaissance des enjeux politiques que le Québec a connus depuis les derniers cinquante ans.
    Ces rappels sont fort importants. Il faut les prendre en considération.

  • Pierre Raymond - Abonné 18 février 2014 11 h 14

    Vous me faites peur M. Léonard !

    M. Léonard vous êtes très cynique mais j'ai une peur bleue que vous ayez raison en totalité ou en partie. J'ai choisi de regarder devant avec optimisme car il y a une réalité à laquelle on ne peut échapper... l'alternance des partis politiques à la gouvernance de notre Province.

    Beaucoup de gens sont déçus de voir le gouvernement du PQ se lancer dans l'exploration et éventuellement dans l'exploitation des hydrocarbures en sol québécois car on croyait le PQ engagé sur une autre voie.

    Mais on sait tous que si le PQ ne le fait pas et n'en tire pas les bénéfices électoraux qui découleront de cette décision, les Libéraux qui, tôt ou tard, reprendront le pouvoir sauteront à pieds joints sur l'occasion.

    Triste situation mais c'est là où nous place le mode de fonctionnement de nos institutions politiques. Ais-je entendu quelqu'un parlé de "réforme de nos institutions pollitiques" ?

    Pierre Raymond, Montréal

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 18 février 2014 11 h 53

      Bel approche ! Et nous connaissons tous la méthode libérale de faire des affaires, genre Plan nord ! Des routes en or, des chemins de fer gratuits et des ports de mer pour des miettes.

      PL

  • Normand Murray - Inscrit 18 février 2014 16 h 19

    Peu importe.

    Je ne veux surtout plus revoir les libéraux nul part dans aucun plans économiques que se soit en ce pays.Les pas fiables on en a mare de leur crochitude opaque.Ils nous on foutu dans le rouge ces rouges de malheur.Belle analyse de crié au loup comme le conte personne ne le croyait tellement il a crié pour rien.