Lettre - J’aimerais comprendre

La Cour supérieure du Québec a invalidé le règlement sur la protection de l’eau que le conseil municipal de Gaspé s’était voté. La Loi sur les mines surplombe les droits essentiels de tous les citoyens du Québec. Au cours des 50 dernières années, les municipalités du Québec ont investi des milliards dans les infrastructures pour donner aux citoyens une qualité d’eau et de vie et ainsi espérer une croissance économique. Ce qui permettrait d’alléger le fardeau fiscal de leurs commettants.

 

Cette épée de Damoclès plane désormais au-dessus de toute communauté qui a été « claimée » par une gazière ou une pétrolière. Notre village, Saint-Côme-Linière, avec une population de 3300 personnes qui habitent sur une superficie de 15 000 acres, est dans la mire de Junex. Il en coûte à cette gazière 1500 $ par année pour pouvoir extraire éventuellement ce gaz de schiste n’importe où dans notre municipalité. Elle devra s’approprier notre eau pour fracturer la roche et ainsi risquer de contaminer nos nappes phréatiques. Pour fracturer un puits, il lui faudra 12 millions de litres d’eau et 30 000 litres de produits chimiques, tout ça devra être transporté sur nos routes qui ne sont pas conçues pour de telles charges, et évidemment sans dédommagement ou redevance à nous, les municipalités touchées par ce fléau.

 

Imaginez ce que ça va être : la plupart de nos élus dorment déjà au gaz dans ce dossier, alors que les gazières n’ont même pas commencé à l’exploiter.

 

Gilles Pedneault - Saint-Côme-Linière, le 11 février 2014

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11 commentaires
  • Marc-Antoine Daneau - Inscrit 13 février 2014 06 h 10

    Et pourtant...

    C'est très simple : le lobby de l'énergie est plus fort que le gouvernement du Québec.

    • Guy Vanier - Inscrit 13 février 2014 09 h 51

      Pourquoi ne pas racheter les droit sur votre territoire? 1500$ / par an c'est moins dispendieux que de faire venir de l'eau en bouteilles pour les années à venir, soigner les malades etc.....

    • Gilles Théberge - Abonné 13 février 2014 10 h 14

      Peut-être que le gouvernement du Québec à les mains attachées par sa faiblesse numérique dans l'assemblée. Et qu'il ne peut pas légiférer comme il se devrait. Peut -être...

    • Jean-Christophe Leblond - Inscrit 14 février 2014 10 h 09

      M. Théberge. Le gouvernement nous donne-t'il vraiment des signes qu'il gouvernerait différemment s'il était majoritaire?

      C'est parce-qu'il est minoritaire qu'il annonce de la fracturation hydraulique sur Anticosti?

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 13 février 2014 08 h 37

    Comprendre, accepter, refuser.

    Avant de refuser radicalement, j'aimerais moi aussi comprendre que sont les conséquences de l'invalidation du règlement sur la protection de l'eau de la ville de Gaspé et au nom de quoi cette invalidation, par la Cour Supérieure. Que ne sait-on pas? Merci. Les opposants Montérégiens à l'exploitation des gaz de schistes chez-eux ont-ils réagi?

  • Robert Henri - Inscrit 13 février 2014 09 h 32

    Le Québec n'a-t-il pas adhéré au principe de précaution ?

    Le Québec n'a-t-il pas adhéré au principe de précaution ? Il faut croire que le gouvernement Marois a préféré le principe de cupidité.

  • J-Paul Thivierge - Abonné 13 février 2014 10 h 24

    Une proposition préliminaire

    Comme les travaux de forage et de fracturation exigent beaucoup d'eaux, un bien collectif.
    comme ces transports et ces travaux endommagent sérieusement les infrastructures routières ; des frais collectifs importants.
    Il est fondamental que les redevances sur l'eau soient plus significatives ; Le PLQ a fixé à 0,007 ¢ du litre l'eau potable et à 0,0025 du litre l'eau pour usage industriel. De plus cette redevance n'est applicable qu'au delà de 75,000 litres par jour. Alors on peut comprendre que cette ressources collectives n'est assez payantes pour couvrir les dommages des futurs exploitants. Ce qui est plus équitable pour la population.

    Selon moi, une redevance de 2¢ le litre à partir de 100 litre, devrait être perçue sur toute l'eau utilisée par les promoteurs exploitants de pétrole ou de gaz de schistes. Ainsi, quelques dizaines de M$ pourront être accumulés pour réparer les infrastructures et compenser la collectivité pour l'utilisation de cette propre ressource naturelle.

    Enfin, pour diminuer la pollution et l'abus de bouteilles d'eau, il serait aussi opportun d'inciter à boire l'eau du robinet.
    Alors pour les entreprises d'embouteillages d'eau, une redevance de 1 ¢ le litre devrait être perçue à pertir de 1000 litres !

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 13 février 2014 10 h 46

    J'aimerais savoir moi aussi...

    Donc pourquoi ne pas demander à un fonctionnaire de l'état du Québec (ministre, sous-ministre ou personne compétente...) de nous expliquer les raisons de cette
    invalidation...et ce,dans un langage clair (pas de langue de bois).
    Voilà l'invitation est lancée...

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 février 2014 12 h 17

      Lisez le jugement, non?