Lettre - Charte des valeurs et désobéissance civile

J’écoutais, ce vendredi à RDI, la présidente de la commission scolaire English-Montréal affirmer que, dans le cas de l’adoption du projet de loi sur la laïcité, son personnel s’en remettrait à une forme de résistance passive dans l’application de l’article concernant le port de signes religieux ostentatoires. Au bas de l’écran, il était question de désobéissance civile.

 

Puis, je me suis souvenu avec quelle paranoïa névrotique on discutait de désobéissance civile lors du printemps étudiant de 2012. Seuls les « extrémistes » ou les « radicaux » employaient le terme. Difficile d’oublier avec quelle vigueur gouvernement et lieux d’enseignement supérieur ont pourfendu l’idée même de cette ligne d’action. J’en suis venu à une conclusion toute simple : exécutée par des étudiants, elle est un acte de provocation assimilé au crime et à la violence, mais lorsqu’un organisme « légitime » s’en empare, il s’agit d’une façon comme une autre de faire valoir une pensée, une opinion, une idéologie.

 

Il ne manque maintenant qu’un recteur d’université pour s’en revendiquer. Je ne sais toujours pas si l’ironie du geste me fera rire ou pleurer. Chose certaine, je ne serai pas le seul.

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