Lettre - Les grandes manoeuvres de Maria Mourani

L’été passé, Maria Mourani se démenait comme un diable dans l’eau bénite afin de stopper le projet de redécoupage électoral de sa circonscription envisagé par le gouvernement fédéral. Elle a même voulu attaquer en cour ce projet. C’est que l’enjeu était très grand pour elle : il s’agissait ni plus ni moins de son poste de députée. Ce redécoupage privait en effet madame Mourani d’une bonne partie de son électorat naturel. Et comme elle a remporté ses deux ou trois dernières élections d’infime justesse, elle était battue. Mais voilà que le Parti québécois lui offre une occasion inespérée de sauver son poste : la charte des valeurs et son caractère « inclusif ». La bouillante députée d’Ahuntsic n’allait pas rater l’occasion. Elle crucifie publiquement et en termes très violents le projet de charte, se fait exclure du Bloc québécois, prend un temps de « réflexion » et revient en déclarant que la Charte canadienne des droits la protège mieux que la charte québécoise et que, du même coup, elle n’est plus indépendantiste, jetant ainsi allègrement le bébé avec l’eau du bain. On attend le prochain épisode. Gageons que ce sera son adhésion à un parti politique fédéraliste, libéral ou néodémocrate. À moins qu’elle fasse le saut au provincial. Elle se joindra au parti avec lequel elle aura le plus de chances de conserver un siège de député. La manoeuvre est grosse, pour ne pas dire grossière…

 

J’imagine que les militants et sympathisants indépendantistes d’Ahuntsic qui l’appuyaient sincèrement doivent se sentir roulés dans la farine. J’espère aussi que les électeurs d’Ahuntsic sont conscients des vraies motivations de Maria Mourani et j’ose espérer qu’aux prochaines élections ils lui rappelleront que, même en politique, l’opportunisme a des limites.


Daniel Gomez - Le 18 décembre 2013

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