Lettre - André Mathieu et tant d’autres

Bravo, Alain Lefèvre, d’oser jouer Mathieu au Carnegie Hall, mais, ce faisant, vous illustrez bien de nouveau que nul n’est prophète en son pays ! Mais que faut-il donc à l’OSM et à l’Orchestre métropolitain pour que l’on décide, de saison en saison, de réserver au moins une fois une place d’honneur à nos propres compositeurs disparus ? Les André Mathieu, Jacques Hétu, Pierre Mercure, etc. Pourtant, chaque année, ces orchestres commandent et interprètent des oeuvres contemporaines d’un compositeur canadien vivant, un effort louable mais qui ne rend pas du tout justice à toute notre mémoire musicale ! Notre vaste patrimoine, encore trop peu connu, me semble en outre traité comme du répertoire de moindre envergure presque avec snobisme, à reléguer aux oubliettes en vue des tournées ou dans le cadre de grandes occasions, comme l’inauguration d’une nouvelle salle ou d’un nouvel orgue. Et les quelques minutes qu’on daigne consacrer aux contemporains d’ici s’apparentent à un acquit de conscience qui tente de camoufler l’ignorance qu’on perpétue. Ne serait-il pas temps qu’une institution phare comme l’OSM laisse tomber le double standard et, en toutes circonstances, accorde autant d’importance à la richesse de nos oeuvres qu’aux autres répertoires ?


Carol Patch-Neveu - Montréal, le 10 décembre 2013

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