Lettre - Acheter son ciel

L’archevêque catholique romain de Québec a inauguré dimanche une année sainte, dont l’ouverture de la porte sainte est le symbole. Elle permet aux catholiques romains d’obtenir des indulgences. Je me permets de rappeler brièvement ce qu’elles sont.

 

Selon l’Église catholique romaine, la vie après la mort peut se dérouler dans trois lieux : le paradis, l’enfer et le purgatoire. Au terme de chaque existence, Dieu dresse un bilan des bonnes et des mauvaises actions. Un solde créditeur (très positif en bonnes actions) permet d’accéder au paradis. Un solde débiteur (très négatif en bonnes actions) envoie directement en enfer. Le défunt dans une situation intermédiaire passe un certain temps au purgatoire où il purge sa peine avant d’accéder au paradis. Les saints sont des personnes exceptionnelles dont le solde est très largement créditeur (leurs bonnes actions dépassent largement leurs éventuelles mauvaises actions). Après leur mort, leurs bonnes actions inutilisées sont transférées dans un fonds de placement géré par l’Église catholique romaine. Elle en distribue des parts à ses fidèles pour qu’ils investissent dans leur vie après leur mort. Acheter des indulgences leur permet d’augmenter leur capital de bonnes actions et de réduire d’autant le temps qu’ils devront passer au purgatoire.

 

En 1517, un moine allemand nommé Martin Luther s’était insurgé contre la vente des indulgences qui servait à financer la construction de la basilique Saint-Pierre à Rome. Presque cinq cents ans plus tard, j’ai envie de dire : « Luther, réveille-toi, ils sont redevenus fous ! »

À voir en vidéo