Lettre - Enseignants et représentation de l’État

Gilles Duceppe dit que les enseignants ont de l’autorité, mais qu’ils ne représentent pas l’État. J’ai fait une carrière de professeur et je ne partage pas cet avis. Il existe un ministère de l’Éducation qui établit des normes et des programmes. Ainsi, un cours doit être de tant d’heures, atteindre tels objectifs et couvrir telle matière. Un professeur qui voudrait s’y soustraire serait passible de congédiement. Aussi les écoles qui tentent d’échapper au programme deviennent-elles l’objet d’enquêtes et de sanctions. C’est encore le ministère qui a imposé le cours d’éthique et de culture religieuse et qui imposera un nouveau cours sur l’histoire nationale. Les professeurs sont ainsi appelés à représenter et à appliquer la volonté de l’État dans l’idée qu’il se fait de l’éducation nationale.


Michel Mallette - Laval, le 2 décembre 2013

14 commentaires
  • Ghisline Larose - Abonnée 4 décembre 2013 08 h 53

    Représentation de l'État

    Je suis d'accord avec M.Mallette quant au fait que les enseignants sont des employés de la fonction publique donc représentent l'État.
    Les programmes sont faits par l'État, les exigences académiques également. Tout le système d'éducation est régi par l'État. Comment Gilles Duceppe peut-il affirmer que les enseignants ne représentent pas l'État? Faut-il ajouter que c'est par l'enseignement que l'on forme les futurs citoyens incluant les valeurs québécoises ? Je suis désolée de constater qu'il manque à Gilles Duceppe plusieurs informations de base en ce qui a trait à l'importance d'interdire les symboles religieux dans nos institutions, pourquoi les gens les porteraient-ils s'ils ne signifiaient rien?

  • Bernard Terreault - Abonné 4 décembre 2013 09 h 18

    L'autorité

    J'ajouterai que les enseigants du primaire ont énormément d'influence sur les enfants, qui viennent parfois gronder leurs parents parce qu'ils ne suivent pas les bons principes nutritionnels, écologiques ou autres que leur maîtresse leur ensigne! Au secondaire, au contraire, les profs représentent pour les ados tout ce qu'ils haïssent, la discipline: on n'a qu'à entendre les surnoms qu'ils leurs donnent! Dans un cas comme dans l'autre, si le prof met de l'avant son appartenance religieuse, cela va influencer indûment l'élève, dans un sens ou l'autre. Certaines Janettes auraient-elles été aussi virulentes envers le catholicisme si leurs enseignantes avaient été dépourvues de cornettes et de grandes robes noires aux chevilles? Reportent-elles sur la religion les frustrations qu'elles ont, avec raison, ressenties comme jeunes filles, alors que ces restrictions sexistes étaient le fait de TOUTES les sociétés, catholiques ou non, à cette époque?

  • enid bertrand - Inscrit 4 décembre 2013 10 h 22

    Maisons d'enseignement, et non camps de rééducation

    Les écoles sont avant tout des maison d'enseignements, de transmetteurs de connaissances. Elle ne sont (ou ne devraient) pas être des formateurs d'une quelconque valeur citoyenne. Ce sont aux familles à donner leurs valeurs, pas à l'état, pas aux écoles. Actuellement, certains professeurs se croient imbus d'un jugement incontestable, et se considèrent investis du devoir de convertir (environnement, nationalisme). Après avoir lu et relu la lettre de l'auteur, je ne suis pas certaine qu'il apprécie vraiment la tournure prise par les responsables de l'éducation actuellement, comme semblent le croire les deux premiers commentateurs.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 5 décembre 2013 06 h 38

      Si on se fie aux parents pour être des «formateurs d'une quelconque valeur citoyenne» et «donner leurs valeurs, pas à l'état, pas aux écoles», dans combien de générations celle-ci disparaitra vue que les «parents» en sauront de moins en moins vue qu'ils ne l'ont pas appris à l'école ?

      Que deviendront les écoles «maison d'enseignements, de transmetteurs de connaissances» si elles n'enseignent plus et ne transmettent plus les connaissances accumulées ? Une salle d'attente avant de rentrer sur le marché du travail ?

      Regardez le sens du mot «éducation» et dites-moi si notre système en fait ? Je me souviens aussi que notre système, quand mes enfants étaient à l'école, disait que «l'éducation» revenait aux parents . Il leur reste quoi à faire ? De la surveillance ?

      Je commence à en avoir plein mon truck des commentaires plein de mots qui ne veulent rien dire ! J'ai l'impression de jaser avec Couillard !

      Le sens des mots pour l'amour du ciel, le sens des mots ! J'en connais beaucoup moins que d'autres des mots, mais ceux dont je me sert, je sais ce qu'ils veulent dire ! Videz les mots de leur valeur et de leur poids et vous n'obtiendrez que du charabia ! On s'en approche !

      La connaissance ne se mesure pas au nombre de mots que vous pouvez aligner sur une feuille, mais de comprendre le sens de chacun et de les utiliser à bon escient !

      Bonne journée.

      PL

    • enid bertrand - Inscrit 5 décembre 2013 08 h 58

      @Pierre Lefèvre

      Où avez-vous lu que je disais que les maisons d'enseignement ne devaient plus transmettre les connaissances? Je dis qu'elles doivent se limiter à ça, et ce serait déjà très bien. Et je n'ai pris que quelques lignes pour ça. Regardez la longueur de votre texte...

  • Jean Lapierre - Inscrit 4 décembre 2013 13 h 41

    Représentants de l'État ?

    À moins de donner des cours privés ou de travailler dans une institution privée, les enseignants du Québec exercent leur profession au sein d'un organisme public subventionné par le gouvernement. Ils sont donc au service de l'État et représentants de l'État.

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 4 décembre 2013 14 h 06

    Merci de votre témoignage

    En effet, monsieur Mallette, les enseignants sont des employés de l'État dont le travail est régi et contrôlé par le ministère de l'Éducation, et dont le fonds de pension et le salaire sont payés par les contribuables, leur clientèle.