Lettre - À la défense de la connaissance de l’histoire

« Ce serait mentir aux élèves que de ne pas leur dire que l’histoire, c’est des interprétations. Tous les historiens savent ça. » Alors si l’on se fie au raisonnement de Mme Louise Proulx, présidente de l’Association québécoise pour l’enseignement en univers social, la fondation de Québec par Champlain c’est une interprétation, la déportation des Acadiens c’est une interprétation, la bataille des plaines d’Abraham, c’est une interprétation. Mais ne nous arrêtons pas là : la Première et la Seconde Guerre mondiale sont des interprétations, l’holocauste c’est une interprétation. Les protagonistes ne sont donc que des interprètes !

 

« Enseigner le passé pour le passé, ça ne dit pas grand-chose aux élèves. Ils vont tout apprendre par coeur pour l’examen et oublier ensuite. L’histoire c’est autre chose que des faits et dates. » Alors pourquoi commémorons-nous le 1er juillet et le 11 novembre ? Ne sont-ce pas des faits et dates ? Est-ce que les élèves apprennent à lire et écrire pour les examens et oublient ensuite ?

 

La réalité est que tout le monde aime se faire raconter des histoires, vraies et fausses. La popularité des romans, des films, et des téléséries en est la preuve. Si vos élèves oublient ce que vous leur enseignez, alors changez de profession ! C’est grâce à des gens comme vous que le Québec compte 50 % d’analphabètes fonctionnels, que Jacques Cartier n’est qu’un pont, que Jean Lesage n’est qu’un aéroport et que René Lévesque n’est qu’un boulevard.

 

En terminant, le nom de votre association est inapproprié. Au lieu d’« univers social », il serait plus juste d’employer « trou noir social », c’est-à-dire : région de l’espace dont le champ de gravité est si intense que rien, pas même de la lumière, n’en peut sortir. Ce nom d’association représente davantage les limites de vos connaissances en épistémologie

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