Lettre - L’école et la famille

On parle souvent de la persévérance scolaire. On déplore le décrochage et le faible taux de succès des élèves aux examens de fin secondaire. Pourquoi les élèves décrochent-ils ? Parce qu’ils sont malheureux à cause des échecs et aussi d’une mauvaise pédagogie déconnectée de la réalité. Je ne blâme pas les enseignants, ils font leur possible. Ils sont bloqués par une pédagogie qui vole au-dessus des nuages, des réformes irréalistes.

 

Les savants bureaucrates imposent des textes écrits dans un jargon obscur, hermétique, j’ajoute, écrits dans une langue artificielle, incompréhensible par une personne non avertie. Ils imposent des objectifs qu’ils appellent compétences, objectifs qui dépassent le niveau d’apprentissage des élèves. Je leur dis donc : retournez lire Piaget.

 

Conséquence du jargon pseudo-scientifique, l’école se coupe de la famille.

 

Or pour réussir, tout système scolaire a besoin de la coopération des parents. École et famille doivent marcher dans la même direction, utiliser le même langage.

 

Donnons quelques exemples. En grammaire, le sujet n’est plus un sujet, c’est un groupe nominal. C’est un groupe, même s’il est seul. Si je dis : « L’oiseau vole dans le ciel », même s’il y a un seul oiseau, on va l’appeler groupe nominal sujet. Où est la logique, savant bureaucrate ? On pourrait continuer les expressions de notre grammaire moderne.

 

On a le groupe verbal, le groupe prépositionnel, le groupe adjectival, le groupe adverbial. Bref, on a la maladie des groupes. Ce n’est pas tout. On a remplacé le complément circonstanciel si riche par un stérile complément de phrase. Les parents sont étonnés et mêlés, ils ne peuvent plus aider. On a oublié que l’éducation est une oeuvre de coopération.

 

Conclusion : Il faut revenir à la vraie grammaire, la grammaire traditionnelle qui a formé nos auteurs, nos écrivains, nos journalistes.

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24 commentaires
  • Nancy Leblanc - Inscrite 26 novembre 2013 01 h 52

    Vendre sa salade.

    J'ai passé 30 ans de ma vie dans l'enseignement. J'ai été obligée de me soumettre à chacune des 4 réformes d'une réforme précédente.

    J'ai assisté impuissante à la dégradation des acquis académiques chez nos élèves.
    Tout au long de ce processus "suicidaire" je me suis dit que, puisqu'on n'a jamais eu besoin d'eux, le seul moyen pour les savants bureaucrates de justifier leur emploi était de se montrer "innovateurs", d'inventer des projets "créateurs".
    Ils se sont donc tournés vers des cerveaux universitaires déconnectés de la pédagogie de terrain, vers ces illuminés à la plume facile (celle qu'on met au chapeau) en mal de valorisation par la découverte du Saint Graal de l'éducation.

    Ils ont donc innovés dans le contenu, dans le language, dans le style, dans les publications et dans l'art d'en imposer aux intervenants de première ligne.
    Un enrobage magnifique!
    Une pomme de salade d'un vert irrésistible au centre mou et pourri:

    Ils ont créé la science de l'échec.

  • Guy Lafond - Inscrit 26 novembre 2013 05 h 48

    Circonstanciel


    Merci, Monsieur Paradis. Votre réflexion est de circonstance.

    Moi aussi, je suis pour la grammaire traditionnelle.

    Je suis pour ne pas perdre de vue la tradition dans un monde qui change beaucoup trop rapidement.

  • François Dugal - Inscrit 26 novembre 2013 08 h 10

    Nous avons perdu la guerre

    La situation de l'enseignement au Québec est désespérante; elle est due aux méthodes pédagogiques déjantées imposées par les «cerveaux» du MELS. Un verbe n'est plus un verbe, une addition n'est plus une addition pour ces pédagogues de pacotille.
    L'opnion des enseignants, qui ont une expérience de terrain, est considérée comme ringarde et non-avenue. Les parents qui ont à cœur la réussite de leurs enfants sont tassés dans un coin. Le profil de l'élève qui décroche est majoritairement constitué d'élèves doués qui n'en peuvent plus d'être considérés comme des imbéciles. Vous a-t-on parlé des jeunes enseignants fuient le «système» et ont perdu leurs illusions?
    Vous voulez combattre le décrochage? c'est par l'intérieur qu'il faut commencer et faire le ménage au MELS.
    S'il est vrai que l'économie du futur est basée sur «la matière grise» et une éducation de qualité, alors là, voici une bien triste nouvelle: nous avons perdu la guerre. Le Québec de demain sera une république de banane.
    François Dugal, enseignant à la retraite.

  • Sylvain Auclair - Abonné 26 novembre 2013 08 h 12

    Quand même!

    La grammaire traditionnelle, c'est comme les saignées pour faire tomber la fièvre: ça n'a aucun sens. Un seul exemple. On mettait les déterminants possessifs et démonstratifs dans la même catégorie que les adjectifs, mais à part des articles. On devrait donc en conclure que, si le groupe «Une belle pomme» est correct, alors, «Une cette pomme» devrait l'être aussi, puisqu'on ne fait que remplacer un adjectif par un autre, non?

    • Yvon Goyette - Inscrit 26 novembre 2013 10 h 00

      @S. Auclair,
      Même avec une grammaire "renouvelée", il faut recourir au bon jugement. Votre exemple est vraiment très mal choisi.

      Yvon Goyette

    • François Dugal - Inscrit 26 novembre 2013 10 h 36

      a pa con pri ton example, tsé coi tu veu dir?

    • Sylvain Auclair - Abonné 26 novembre 2013 11 h 03

      Et pourquoi donc, monsieur Goyette? Ne voyez-vous pas que ces, les et mes ont beaucoup plus en commun que ces et beaux? Et pourquoi donc mettre ou et lorsque dans la même catégorie, les conjonctions? Et dites-moi donc quelle la nature du mot voici dans la grammaire traditionnelle (attention, vous n'avez droit qu'aux neuf parties du discours traditionnelles).

    • André Michaud - Inscrit 26 novembre 2013 12 h 37

      La langue française n'est pas rationelle à la base.

      Pourquoi une chaise est féminine et un arbre masculin?

    • Sylvain Auclair - Abonné 26 novembre 2013 14 h 34

      Ça, monsieur Michaud, ça ne pose problème qu'aux non-francophones voulant apprendre le français. Bien qu'il faille rappeler aux Québécois qu'un autobus ou que de l'argent, c'est masculin.

      Parlant d'irrégularités... Pourquoi, en anglais, le mot record a-t-il son accent sur la première syllabe s'il est un substantif et sur la seconde s'il est un verbe?

  • Nestor Turcotte - Inscrit 26 novembre 2013 08 h 44

    Quelle grammaire ?

    Stephane Gendron, ancien maire d'Huntingdon, répétait sans cesse à la télévision qu'il fallait revenir à l'usage de la grammaire éditée par les Frères du Sacré-Coeur. Et il a raison. J'ai toujours ce volume et je m'en sers à l'occasion.

    Évidemment, mon ouvrage de référence est la gramaire de Maurice Grévisse, LE BON USAGE (grammaire française) publiée aux Éditions J. Duculot, S.A. Gembloux, 1964. 1194 pages. Les professeurs de français connaissent-ils seulement l'existence d'un tel ouvrage.

    Si j'étais ministre de l'Éducation, j'imposerais aux jeunes professeurs l'étude sytématique de ce livre et j'annoncerais la disparition de toutes les autres grammaires qui véhiculent un charabia indescriptible.

    Pour le primaire, je remettrais à jour l'ouvrage des Frères du Sacré-Coeur. Quelle luminosité, quelle clarté, et quelle belle présentation. Les technocrates du ministère y gagneraient à s'inspirer des pédagogues chevronnés qui ont bâti ce livre exceptionnel.

    • André Michaud - Inscrit 26 novembre 2013 12 h 42

      Pour avoir vu des tonnes de copies de l'examen écrit de secondaire 5 je peux vous dire que mon père avec une 4i`année primaire avait une meilleure formation en français que les jeunes de secondaires 5 !!! Et cela sans aucune exagération. Si on corrigeait aujourd'hui avec la même efficacité que nos ex religieux, au moins 80% des jeunes de secondaire 5 n'aurait jamais leur diplôme.

      On aura beau critiquer les religieux sur d'autres points , mais leur enseignement du français était très très nettement supérieur. Et il ne faut pas ici critiquer les profs d'aujourd'hui car ils se sont fait imposer des réformes farfelues par les technocrates du MELS.