Lettre - L’influence de JFK sur ma génération

J’ai onze ans. Plus on est jeune, plus facilement est-on impressionné ! JFK a eu sur ma génération un effet de maturation en accéléré. Pour la première fois de notre jeune vie, nous plongions passionnément dans le monde politique, voulions tout connaître du régime présidentiel américain, suivre très étroitement toutes les étapes d’une campagne électorale, ne pas rater le débat télévisé Nixon-Kennedy en osant l’analyser ! Nous avons écouté ce qui demeure, à mon avis, le discours inaugural le plus inspirant. En octobre 1962, nous avons vécu treize jours d’angoisse où la guerre froide nous a fait alors craindre l’attaque d’un missile et nous apprenait à nous préparer en conséquence notamment en nous cachant sous notre pupitre en classe ! La sortie de cette « crise des missiles cubains » hissait, dans mon esprit influençable, JFK au rang de sauveur ! Ce sombre 22 novembre 1963, j’ai associé illico son assassinat à un probable complot sur fond de vengeance communiste. Je crois que j’ai ressenti d’ailleurs une plus grande peur qu’un an plus tôt. Cet inoubliable week-end donna lieu, en outre, à la première méga-couverture télévisuelle d’un fait d’actualité où tant de journalistes, dont Walter Cronkite, mon favori, ont courageusement composé avec tout ce pathos ! Toutes les rétrospectives me font donc revivre intensément ce qui fut un énorme changement dans notre vie d’adolescent : le passage à la participation citoyenne active, à l’engagement politique. Par conséquent, nous ne sommes pas devenus des témoins passifs au temps de la Révolution tranquille, mais en quelque sorte les ancêtres des « carrés rouges » !

2 commentaires
  • François Desjardins - Inscrit 19 novembre 2013 09 h 02

    Oui en effet...

    Tout près de tout cela aussi, Le Concile Vatican II, l'avènement d'un gouvernement libéral nouvelle ère québécoise. Ça bougeait pas mal!

  • Sylvain Auclair - Abonné 19 novembre 2013 09 h 57

    Les missiles cubains...

    Étrange nom. En effet, la crise n'a pas commencé par l'installation de missiles soviétiques à Cuba, mais par celle de missiles américains en Turquie, à deux pas de l'Union Soviétique. Les missiles installés à Cuba ne visaient qu'à rétablir l'équilibre rompu par les États-Unis.