Lettre - Glissade menaçante

Le français poursuit sa lente érosion au Canada, selon le commissaire aux langues officielles Graham Fraser. Comme s’il pouvait en être autrement dans ce pays que Trudeau a voulu bilingue de bout en bout, sans tenir compte de la réalité du vaste pays et au mépris de la spécificité linguistique de la nation québécoise !

 

Ce qui est beaucoup plus grave, c’est l’érosion du français au Québec, ce glissement accéléré vers le bilinguisme devenu monnaie courante, de façon encore plus marquée à Montréal et sa grande région. On ne s’en préoccupe pas. Certaines personnes soi-disant « ouvertes » sur le vaste monde ne veulent même pas voir les signes pourtant évidents du recul de notre langue nationale. Elles sont toutes occupées aux « vraies affaires ».

 

Tout fonctionne comme si, dans cet ensemble canadien et en Amérique du Nord, réalités sociodémographiques anglo-saxonnes, le français n’était pas fragile et n’était pas appelé à le demeurer. On continue, dans de trop nombreux milieux, à être réfractaire à toutes mesures pouvant protéger, encore plus à celles pouvant promouvoir notre langue menacée. Et on se permet de taxer d’alarmistes celles et ceux qui expriment des inquiétudes.

 

Quant aux réalisateurs du récent film La langue à terre, ils « s’interrogent sur les causes politiques et historiques de ce glissement qui pourrait être fatal pour l’avenir du Québec français. Véritable enquête qui s’est étendue sur trois ans » et qui pose « la question : comment en sommes-nous rendus là après plus de 35 ans d’une loi 101 qui devait faire du français la langue commune du Québec ? »


Normand Breault - Le 11 novembre 2013

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