Lettre - Lettre ouverte à Blaise Renaud, de Renaud-Bray

Monsieur,

 

Vous vous dites préoccupé par la situation difficile et précaire dans laquelle se débattent les librairies québécoises. Vous seriez plus convaincant si vous participiez avec enthousiasme à la coalition pour la réglementation du prix du livre neuf. Or vous êtes l’un des rares libraires à vous y opposer.

 

Vous qui possédez 26 succursales dans plusieurs régions devriez valoriser le métier de libraire et, par conséquent, le travail de vos propres employés. Comment pouvez-vous expliquer qu’avec un chiffre d’affaires de 125 millions par année pour Renaud-Bray, un libraire, un commis ou une caissière gagne à peine plus du salaire minimum en commençant à travailler chez vous ? Est-il concevable qu’au bout de huit ans, un libraire gagne 12,78 $ l’heure chez Renaud-Bray ? Pourquoi tenez-vous à contraindre vos employés à accepter des horaires flexibles : cette semaine, tu travailles 20 heures, la semaine prochaine, 15 ? Pourquoi refusez-vous de reconnaître le métier de libraire dans vos magasins, remplaçant des libraires chevronnés par des commis dévoués mais sans expérience ?

 

Je vous invite, Monsieur Renaud, à négocier de bonne foi avec vos employés syndiqués qui aiment passionnément leur travail et demandent simplement à ce que celui-ci soit reconnu. Et j’invite mes concitoyens et concitoyennes à ne pas franchir les piquets de grève des employés syndiqués. C’est un geste de solidarité élémentaire à l’égard de travailleuses et de travailleurs qui réclament d’abord et avant tout le respect de leur métier.