Lettre - Québec: la banlieue contre le centre-ville

L’élection répétée de Régis Labaume et de son « équipe » confirme bien une tendance qui s’est installée à la suite des fusions municipales à Québec : les banlieues contre le centre-ville. Quand on regarde la carte des élus de Démocratie Québec, on constate un regroupement des trois circonscriptions urbaines contiguës. Et comme les banlieusards sont les plus nombreux, ce sont eux qui dirigent la ville fusionnée.

 

En fait, ce sont deux cultures, deux univers sociaux, deux modes de vie qui s’affrontent : un centre-ville densifié contre des banlieues-dortoirs, la voiture (pour ne pas dire les deux voitures familiales) contre le transport en commun, les centres commerciaux contre les commerces de proximité, des banlieues sans trottoirs (donc sans piétons) contre un centre-ville animé, le chacun pour soi dans sa cour contre une convivialité urbaine. Car sans place publique, sans cafés, sans jardins publics, point de discussions, chacun va dans sa voiture. Et c’est donc la majorité banlieusarde qui décide désormais comment on doit vivre au centre-ville.

 

Tout cela a des conséquences au moment de la prise de décisions concernant, le développement des autoroutes sans voies réservées pour le transport en commun, la concentration des manifestations festives et bruyantes au centre-ville afin de ne pas troubler le sommeil des banlieues-dortoirs, etc.

 

Je finis par penser que, dans le cas de Québec, la fusion - apparemment réussie - est un échec et qu’il aurait été préférable, au lieu de fusionner, de mettre en commun un ensemble de services (essentiellement les services techniques, la police et les pompiers) et de conserver l’autonomie des villes. Mais on a voulu faire plus gros en faisant croire que ce serait plus fonctionnel et moins cher !

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