Lettre - Denis Coderre, «le respect des adversaires» et le souvenir de 1993

À la une du journal Le Devoir du 17 octobre dernier, on rapportait que Denis Coderre, égal à lui-même, a déclaré en entrevue au même journal : « J’ai bien des défauts, mais j’ai toujours respecté mes adversaires. »

 

Il semble qu’il ait la mémoire sélective de bien des Québécois et qu’il ait oublié ses déclarations malheureuses apparues lors de la campagne fédérale de 1993, dans la circonscription de Bourassa, alors que son adversaire bloquiste, Osvaldo Nunez, était d’origine chilienne.

 

L’un de ses slogans, « Votez pour un candidat d’ici », rebuterait certainement plusieurs des électeurs qu’il compte séduire en dénonçant la Charte des valeurs québécoises ! Sans compter qu’en 1995, ce même Denis Coderre, en parlant de l’adhésion de M. Nunez au projet souverainiste, déclarait devant 200 libéraux : « Des fois, j’ai envie de remettre la loi de la déportation et de renvoyer dans leur pays des gens qui crachent sur mon drapeau. » Voilà qui ne peut être plus clair !

 

M. Coderre, membre du gouvernement fédéral lors de l’éclatement du scandale des commandites, pourrait donc se garder une petite gêne quand il est question de faire la leçon sur le respect des adversaires et l’ouverture. Deux qualités desquelles on peut, à la lumière de ce que l’on sait, douter qu’elles soient celles de Denis Coderre.


Julien Rousseau - Repentigny, le 17 octobre 2013

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14 commentaires
  • Solange Bolduc - Inscrite 19 octobre 2013 09 h 25

    Le torse trop bien gonflé de Coderre ! "Vanitas Vanitatum"

    La vanité de Coderre flotte au-dessus des nuages, peut-on le lui reprocher quand on se donne la peine de regarder la définition de la vanité:

    "Défaut d'une personne vaine, satisfaite d'elle-même, et étalant cette satisfaction." Le Petit Robert)

    À vantardise, dans le liivre des proverbes:

    "La poule qui chante le plus haut n'est pas celle qui pond le mieux."(Anglais)

    "Le hâbleur et le tambour sont également fait pour étourdir."

    Continuez de tambouriner M. Coderre, vous pourrez ainsi vous satisfaire du "poing sur la table", faute de ne pouvoir trouver un moyen plus intelligent d'être entendu!

    C'est assourdissant de vous entendre rien dire !

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 20 octobre 2013 14 h 58

      Vous appelez ça le torse trop bien gonflé?

      Moi j'appelle plutôt ça un gros surplus de poids: pas très bon pour la santé...

      Pour le reste, il lui arrive d'avoir raison et d'avoir du cran comme dans l'affaire Ignatief, alors qu'il avait dénoncé "la gang d'Ottawa" comprendre son entourage, donc des libéraux.

      C'est un genre de Québécois... qui en vaut bien d'autres, même si des fois il déraille.

  • Robert Beauchamp - Abonné 19 octobre 2013 09 h 58

    Autre qualité

    Par contre il faut reconnaître à M. Coderre sa capacité à rassembler les talents. À en juger par la pléthore de candidats en provenance d'Union Montréal qu'il a réussi à rassembler, il confirme l'adage: "Qui s'assemblent se ressemblent".
    Robert Beauchamp

    • lise pelletier - Inscrit 19 octobre 2013 19 h 41

      " sa capacité à rassembles les talents "

      De quoi vous parlez ?

      Le seul talent de ces gens est celui de savoir se réseauter afin de se partager les informations lucratives des contrats municipaux.
      Est-ce vraiment un talent ou simplement savoir renifler les ôdeurs pestilentielles que dégagent les enveloppes brunes souvent de tendances libérales.

  • Colette Pagé - Inscrite 19 octobre 2013 12 h 53

    Vivement pour le bien commun : une alliance Côté-Joly.

    Ce Maire politicien carriériste et populiste est-il le Maire dont Montréal a besoin ?
    Issu du sérail Libéral fédéral avec les scories qu'ont engendrées ses dérives Monsieur Coderre est le produit de ce Parti, un Parti de commandites et d'interventions démesuées sans égard aux règles adoptées par l'Assemblée nationale dans les deux référendums. Adepte de la polémique, le candidat Coderre n'hésite pas, sans attendre le dépôt de la Loi sur la Charte des valeiurs, à vouloir en découdre avec le Gouvernement québécois. Ce qui n'augure rien de bons dans les relations Québec-Montréal.

    Ce qui aurait l'avantage de mêler les cartes et de permettre à Montréal de faire de la Politique autrement serait l'élection de Mélanie Joly. Pour ce faire il faudrait une coalition Côté-Joly, une alliance de deux générations qui enverrait un message aux jeunes de l'importance de s'impliquer en politique. Par la suite, le candidat Côté pourrait agir à titre de mentor et de conseiler stratégique de la mairesse.

    • Solange Bolduc - Inscrite 19 octobre 2013 13 h 14

      Ah, oui, avec la candidate escorte de Mme Joly, qui n'y voit que de l'agréement chez elle, lui fait confiance en tout ?

      J'espère qu'il a au moins un peu de culture politique ou municipale cette candidate ?

  • Colette Pagé - Inscrite 19 octobre 2013 13 h 32

    Un pavé dans la marre ?

    La présence de cette escorte n'est-elle pas révélatrice de la diversité sexuelle de la Métropole. Faut-il en faire un plat. Le courage et la détermination, cette candidate doit en avoir car changer de sexe ne doit pas être une démarche facile. Au lieu de l'ostraciser Mélanie Joly a fait preuve d'ouverture démontrant par là son ouverture à la différence. Par contre, pour le reste elle devrait l'avoir à l'oeil. À tout le moins pour ne pas oublier son nom puisqu'il appert qu'elle offre différents services sur plusieurs identités.

    • Jean-Marie Tremblay - Abonné 20 octobre 2013 14 h 53

      Oui à l'ouverture sur différentes façons de vivre. Ce qui m'embête, ce sont les propos économiques délirants et l'ajout de spécialités comme "psychoanalyse culturelle". Quelqu'un peut m'expliquer?

  • Simon Chamberland - Inscrit 19 octobre 2013 14 h 36

    Ça fait 20 ans

    Je ne voterais jamais pour Coderre (même si je ne vis plus à Montréal).

    Mais cette déclaration, ça fait 20 ans. En 20 ans, on change, et depuis, il est plus respectueux pour ses adversaires.

    Il y a plein de raisons valables pour ne pas voter pour lui. Mais une déclaration vieille de 20 ans ? Non. Surtout que depuis, il a changé pour le mieux sur ce sujet.