Lettre - Des maisons inaccessibles

Régis Labeaume s’est engagé lundi matin à aider financièrement les jeunes familles de la classe moyenne à accéder à une première propriété en mettant sur pied un programme d’aide à l’achat, et ce, dès 2014. Aurait-il donc saisi ce que nos élus tardent à comprendre ? L’industrie de l’immobilier représente près de 26 milliards de dollars. Les retombées fiscales pour le gouvernement sont immenses.

 

Pourtant, au Québec, à peine 60 % des ménages possèdent leur habitation. Comment expliquer cela alors que 90 % des jeunes adultes souhaitent acheter une première propriété au cours des prochaines années ? Un sondage de l’APCHQ révèle que dans 70 % des cas, ce qui empêche les jeunes ménages de réaliser leur projet est une mise de fonds initiale insuffisante. J’ai 21 ans, je suis toujours aux études, et j’ai déjà commencé à économiser pour une première maison puisque les chiffres indiquent que je devrai économiser pendant encore plus de dix ans pour espérer avoir une mise de fonds de 10 %. En 2001, cinq ans m’auraient suffi. Il est actuellement presque impensable pour les jeunes ménages d’acheter une maison sans aide extérieure, et le gouvernement a tout intérêt à ce qu’ils y parviennent. Qu’attend-il donc pour leur donner ce coup de pouce ? Je vous invite à visiter le www.missiongenerations.ca pour davantage d’informations ou pour signaler votre appui.


Yoann Leblanc - Joliette, le 14 octobre 2013


 
13 commentaires
  • J-F Garneau - Abonné 16 octobre 2013 05 h 23

    A peine?

    Vous dites "à peine 60% des ménages possèdent leur habitation".

    Le "à peine" fait réfléchir sur cette "quête" de propriété. En France c'est 55% des ménages qui sont propriétaires. En Allemagne, c'est 43%. En Suisse, c'est 38%.

    L'industrie de l'immobilier n'est pas pour autant plus malheureuse.

    Cependant, une différence notoire est que la grande pression au Québec, fini toujours par se traduire en étalement urbain, développant des bungalows toujours plus loin, toujours moins chers, comme en font foi les statistiques de l'APCHQ.
    Il faut comprendre que de limiter les terrains agricoles à dézoner est une bonne chose.

    10 ans pour accumuler la mise de fonds? Et puis? Plusieurs d'entre nous ont économisé sur cette période avant d'accéder à la propriété. On dépense l'argent qu'on a.
    Les banques américaines (et certaines européennes) ont prêté 100%, voire même 110% de la valeur des maisons dans les années juste avant la crise.
    Heureusement les banques canadiennes n'avaient pas emboité le pas.

    La SCHL continue d'offir des crédits d'impôts à l'achat d'une première résidence. le programme de Régime d'accession à la propriété permet aussi d'utiliser son REER (donc faire d'une pierre deux coups en économisant à l'abri de l'impôt).
    Oui, si on peut en faire plus au niveau provincial ou municipal tant mieux (incitatifs sure les impôts fonciers ou sur les droits de mutation), mais l'APCHQ fait une campagne un peu biaisée favorisant l'étalement urbain, et le bonheur de ses membres, en brandissant des statistiques tendancieuses.

    • lise pelletier - Inscrit 16 octobre 2013 09 h 21

      M. Garneau vous mentionnez que durant la crise :

      "Les banques américaines (et certaines européennes) ont prêté 100%, voire même 110% de la valeur des maisons dans les années juste avant la crise.
      Heureusement les banques canadiennes n'avaient pas emboité le pas."

      En accord avec vous sur ce point mais cela a passé à un cheveu que les banques canadiennes utilisent le même stratagème. Stephen Harper, souvenons-nous voulait déréglementer les banques, le Bloc Québécois, principale opposition à ce moment-là a voté contre.

      Qu'aurait fait le PLC s'il avait été au pouvoir subissant le puissant lobby des banques. Selon moi il aurait fait la même tentative que le PCC.

    • Patrick Lépine - Inscrit 16 octobre 2013 09 h 38

      Bien entendu le Québec, mais surtout le Canada souffrent de cette promiscuité que les européens connaissent bien. De l'espace, de la population, nous en avons tellement plus ici, il est normal qu'on se marche sur les pieds...

      Les bâtiments en hauteur tout le monde le sait, c'est la panacée à la surpopulation, des tours n'ont pas été percutées par des avions chez nos voisins du sud tout le monde sait ça...

    • Victoria - Inscrite 16 octobre 2013 11 h 12

      S’il est vrai que la protection de la zone agricole ne couvre que 2% du territoire du Québec ; que maintenant 10 ans sont nécessaires pour amasser la mise de fonds ; considérant que 30 ans passés seulement, quelques années suffisaient pour économiser presque la moitié du prix d’une maison unifamiliale sans excès, conforme et habitable.

      Quand on observe qu’une résidence unifamiliale, soit le bienfonds (bâtiment et terrain) ayant plus de 30 ans d’âge a une évaluation foncière presqu’aussi élevée qu’une construction neuve ; que deux valeurs sont écrites sur l’évaluation municipale : valeur inscrite et valeur uniformisée; que des investisseurs ont acheté des fonds de terre pour deux fois la valeur marchande ici et là ; que les institutions financières du Québec inscrivaient récemment une transaction hypothécaire à 120% de la valeur foncière ; ainsi de suite… que la fiscalité rattrape le vendeur (le particulier) ou tape sur la succession quelques années suite à la transaction réalisée…

      > Que s’est-il passé pour en arriver là ?
      > Pourrait-on croire qu’un manque de rigueur s’est produit à quelque part ?

      Dans ces conditions, il est facile de conclure que les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent.

      Malgré toutes les bonnes intentions gouvernementales (programmes), plusieurs d’entre nous ne jurent que par leurs « VALEURS » comme si une maison unifamiliale était cotée à la bourse, peu importe son âge réel et les taxe foncières et scolaires payés, assurances, etc.

      Et aujourd’hui, certains sont sous le choc des révélations à la Commission Charbonneau. Ces divulgations seraient-elles que le sommet de l’Iceberg financier et fiscal?

      Quand on se regarde, on se désole ; quand on se compare, on se console.

      Quand on sait que celui qui participe de façon volontaire ou non à un plagiat est sanctionné par la direction d'une école.

      Par conséquent, a-t-on besoin de programmes d’assistance au goût du jour ou d’un redressement social et écon

  • Josette Allard - Inscrite 16 octobre 2013 07 h 57

    Québec

    Ville merveilleuse mais pas tant que çà. Pour accéder à la propriété mieux vaut accepter d'aller vivre en banlieue, tant le coût des maisons en ville est prohibitif pour les jeunes ménages.

  • Mathieu Lutfy - Inscrit 16 octobre 2013 09 h 00

    Autres facteurs aussi

    Effectivement, la meilleure façon d'améliorer l'accès à la propriété serait d'améliorer la qualité de vie dans les quartiers centres (meilleures écoles, services de garde, parcs, pistes cyclacles, atténuaton de la circulation), imposer des normes aux constructeurs pour que les habitations neuves soient convenables aux familles (minimum 2 chambres fermées), et avoir un registre des baux avec mesures complémentaires (logements sociaux, création de coops, ..) pour éviter que la gentrification force l'exode de ceux qui n'ont nulle part où aller quand leur loyer augmente.

    L'APCHQ rêve encore du vieux modèle désuet des années 50...

  • François Beaulé - Inscrit 16 octobre 2013 09 h 05

    Problème réel -- Mauvaises solutions

    Il est vrai que le prix des maisons a augmenté beaucoup plus vite que les revenus des ménages de la classe moyenne depuis 15 ans. Les constructeurs d'habitations en ont beaucoup profité, ils ont participé à une spéculation. Aujourd'hui, ils se plaignent des conséquences de l'étalement urbain qu'ils ont construit sans penser à l'avenir.

    Il est vrai que l'urbanisme ou l'aménagement du territoire est une responsabilité gouvernementale mal assumée. La seule mesure, insuffisante, que le gouvernement a prise, est le zonage. Et quand une zone habitable est rapidement couverte par des maisons individuelles, donc par une faible densité des logements à l'hectare, la disponibilité des terrains diminuent et leurs prix augmentent.

    Le problème est donc une trop faible densité des banlieues. Le zonage ne devrait pas être la seule mesure pour contrôler l'étalement urbain. Le gouvernement devrait avoir (et aurait dû avoir depuis longtemps) le courage d'imposer une densité minimale de logements à l'hectare pour ralentir l'occupation des zones habitables. Il faut cesser d'étaler les banlieues, il faut les densifier.

    Une mise de fonds substantielle est nécessaire pour éviter le genre de crise que les États-Unis ont subi à partir de 2008 alors que trop de gens avaient acheté des maisons trop chères pour leurs moyens. La seule façon de rendre les propriétés plus accessibles aux jeunes est la diminution du prix des habitations et/ou l'augmentation du revenu disponible des jeunes par une augmentation de leurs salaires ou une diminution de leurs impôts. Les jeunes supportent la charge d'une population vieillissante et payent le gros prix quand ils accèdent péniblement à la propriété. Ou quand ils achètent la propriété d'un baby boomer...

  • André Michaud - Inscrit 16 octobre 2013 10 h 07

    Comment crever la bulle ?

    Selon M.Jarilowski le maisons sont 30% trop évaluées au Canada. Mais comment convaincre ceux qui ont des maisons de les vendre en bas du prix du marché? Nos maisons sont nos fonds de pension bien souvent...

    L'idée de M.Labeaume est de vendre pas cher des terrains de la ville à des constructeurs qui s'engageraient à vendre pas plus cher que 200 ou 250,000$ les maisons. Et de l'autre côté, avec l'argent de la vente des terrains aider les jeunes familles à acquérir leur maison. Une bonne idée à paufiner.!

    • François Beaulé - Inscrit 16 octobre 2013 11 h 28

      L'idée de Labeaume est mauvaise. Elle invite la spéculation. Des gens vont acheter les maisons dans le but de les revendre beaucoup plus cher quand les terrains de la Ville «pas chers» seront tous occupés. Si les constructeurs sont capables de construire pour moins de 250 000$, qu'ils le fassent sans aide de la Ville de Québec.

    • Victoria - Inscrite 16 octobre 2013 12 h 34

      Désolé de ne pas avoir lu votre commentaire, M. Michaud, avant de transmettre le mien. Je vis dans un secteur où l'Internet est loin d'être performant et un seul commentaire m'apparaissait.

      Voir mon commentaire sous la première réaction. Ce qui est mentionné est tiré de situations vécues récemment, soit par l'un de mes proches et/ou moi-même, et avec preuves en mains.

      Voici, la fin du dernier paragraphe: " ...ou d’un redressement social et économique? "

      Les municipalités vont jouir de votre réaction, M. Michaud.

      Dans les faits et par toutes sortes de stratagèmes réglementaires avec des ressemblances de légalité, les municipalités se sont donné un droit d'accès à récurrence sur nos propriétés, particulièrement en milieu rural.

      Si je comprends bien votre pensée, faudrait en plus leur donner un accès illimité à nos finances personnelles.

      Êtes-vous certain que ce serait une bonne solution pour aider nos enfants ???

      Ne trouvez-vous pas qu'il y a assez de gens qui ont accès à nos renseignements personnels.

    • André Michaud - Inscrit 16 octobre 2013 18 h 08

      @ M.Beaulé

      On peut faire comme certaines subventions de rénovations , avec délais de 10 ans avant de pouvoir revendre, sinon on doit rembourser l'aide.

      Pour vendre moins cher ça doit coûter moins cher à L'entrepreneur, c'est la logique du commerce depuis belle lurette. Un entrepreneur doit faire des profits , c'est son salaire et un juste retour sur ses investissements est équitable.. Tout comme un salarié ne peut vivre de bénévolat..