Lettre - ​Les «belles-mères» oublient un pan de l’histoire du Québec

Suivant les anciens premiers ministres du PQ, Parizeau, Bouchard et Landry — « les belles-mères » —, il faudrait que la Charte se limite à interdire le port de signes religieux ostentatoires aux juges, procureurs de la Couronne, policiers et gardiens de prison, soit des personnes détenant des pouvoirs coercitifs, comme le préconise la commission Bouchard-Taylor.

Ainsi, ils accepteraient que les enseignants, directeurs d’écoles primaires et secondaires soient libres de porter des signes religieux ostentatoires. Pourtant, ces gens exercent une autorité sur des mineurs avec certains pouvoirs s’apparentant à la coercition. Aussi, tous les employés des CPE et services de garde, qui dispensent des services reliés à l’éducation et exercent une grande influence sur des enfants, seraient également libres d’arborer des signes religieux ostentatoires.

Les belles-mères oublient l’avancée de la laïcité dans les écoles publiques résultant de la Révolution tranquille. Quel contraste avec le sage discours de sœur Claire Dumont qui, dénudée de sa coiffe et du costume religieux depuis Vatican II et la Révolution tranquille, promeut sagement et avec conviction la continuité de l’actuelle laïcité dans l’enseignement. Laisser revenir les signes religieux dans les écoles et institutions parallèles des secteurs maternels, primaires et secondaires, ce dont on s’était départis depuis un demi-siècle, serait ouvrir la porte toute grande à un nouveau prosélytisme religieux, et cela serait trahir nos religieux et religieuses catholiques, qui ont sciemment et courageusement adopté le principe de la neutralité et de la laïcité, notamment dans les écoles, en abandonnant leurs habits religieux d’antan. Faut-il rappeler aux anciens ministres du PQ notre devise : « Je me souviens » ?


Guy Vaillancourt - Québec, le 5 octobre 2013

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