Lettre - La responsabilité des professions

Les préposés à la Société de l’assurance automobile ou à la Société des alcools dispensent des services à la population en tant qu’employé(e)s exécutant les tâches qui reviennent directement à l’État. Il est donc normal que leurs services et la façon de les dispenser soient fixés par le gouvernement.

 

Les services des professionnels de l’enseignement et des soins médicaux, ainsi que la façon de les dispenser, doivent être déterminés par les membres de ces professions, en conformité avec les exigences requises par les services de leur profession. Il va sans dire que l’apparence d’objectivité et d’impartialité dans la transmission des connaissances scolaires et des services éducatifs à la petite enfance est mieux servie par l’absence de signes religieux chez les enseignants et les éducatrices que par leur présence. Il en est ainsi du caractère scientifique des soins médicaux qui ne doivent pas être sous l’enseigne de croyances religieuses diverses en cette matière. Voilà ce qui doit faire autorité en ces matières.

 

Ce n’est donc pas en raison de l’indépendance religieuse de l’État qu’on doit établir la pertinence ou non du port de signes religieux chez les professionnels de l’enseignement, des centres de la petite enfance et des soins hospitaliers. L’interdiction de signes religieux chez les membres de ces professions, bien que souhaitable, n’a donc pas à faire partie d’une Charte de la laïcité. Cela relève des règles des professions. De même que les juges n’ont pas à se substituer aux représentants élus, de même les représentants élus n’ont pas à se substituer aux membres des professions.

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