Lettre - Des tunnels, s’il vous plaît

J’ai parcouru récemment la nouvelle autoroute 50 entre Thurso et Grenville. Quelle tristesse, quelle désolation ! Des tranchées vertigineuses se succèdent sans interruption, donnant l’impression d’une interminable mine à ciel ouvert. Des kilomètres cubes de roc arrachés à la montagne, à grands frais. Les collines verdoyantes de la Petite-Nation transformées à jamais en paysage lunaire.

 

Ailleurs dans le monde, on en aurait profité de la topographie pour creuser des tunnels. Ainsi, le long de l’autoroute qui surplombe la Riviera italienne, entre Gênes et la frontière française, on compte plus de cent tunnels sur une centaine de kilomètres. Les tunnels présentent de nombreux avantages : déneigement réduit, protection du relief, maintien du couvert végétal, préservation de corridors pour la faune. Ils permettent au voyageur d’appréhender et de comprendre la morphologie des régions qu’il traverse.

 

Pourquoi ne creuse-t-on pas de tunnels au Québec ? Est-ce la faute du ministère des Transports, des ingénieurs, des entrepreneurs ? Est-ce tout simplement par habitude et par manque d’imagination ? Le Québec est pourtant couvert de formations rocheuses particulièrement solides et stables.

 

Ce n’est pas non plus l’expertise qui manque : on a fait passer une conduite électrique dans un tunnel sous le fleuve, il y a quelques années.


Philippe Blain - Saint-Lambert, le 28 septembre 2013

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