Lettre - La question de la burqa et du niqab

Dans la foulée du printemps étudiant, les élus de Montréal et de Québec se sont empressés de voter une loi interdisant de se masquer le visage, au nom de l’ordre public. En effet, le fait de ne pas pouvoir identifier les citoyens pose un problème.

 

Alors que nous discutons d’une charte censée affirmer les valeurs de la nation et notamment celle de l’égalité entre femmes et hommes, il me semble important de traiter la question de la burqa et du niqab dans l’espace public. Il est bien d’exiger que recevoir ou donner un service public se fasse à visage découvert, mais ce n’est pas suffisant. Au-delà des considérations importantes sur la sécurité, ce qui est en jeu ici, c’est d’une part le vivre-ensemble, qui ne peut se faire qu’en connaissant l’identité des citoyens, et d’autre part la dignité humaine, qui ne supporte pas une prison, qu’elle soit de fer ou de coton.

 

Comme le déclarait en 2009 le Congrès musulman canadien lorsqu’il en réclamait l’interdiction, la burqa et le niqab ne sont pas des prescriptions religieuses, mais l’expression d’un fondamentalisme et de stratégies politiques. Ils sont d’ailleurs interdits lors du pèlerinage à La Mecque.

 

Les chantres de la liberté individuelle et du relativisme moral crieront encore une fois au totalitarisme et à l’exclusion. Mais qui s’exclut ici ? À nous d’affirmer par la force bienveillante de l’État et de la loi ce sur quoi nous ne transigeons pas.


Jean Ferretti - Le 29 septembre 2013

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