Lettre - Gabrielle souffre-t-elle?

Dans les médias, on entend et on lit que Gabrielle Marion-Rivard « souffre » du syndrome de Williams. Pourtant, il me semble au contraire que c’est « grâce » au syndrome de Williams qu’on lui a attribué le rôle principal du film du même nom. C’est donc grâce au syndrome de Williams qu’elle se fera connaître à travers le monde, et qu’elle en sensibilisera plus d’un sur cette condition. En revanche, il est sans doute vrai qu’à cause de sa condition, Gabrielle souffre d’exclusion, de rejet ou d’indifférence, qu’elle fait face à de nombreuses barrières, parce qu’elle n’atteint pas nos standards sociaux de productivité, de rapidité, de perfection, de beauté, de richesses matérielles ou de supériorité intellectuelle. Alors, je vous le demande, Gabrielle souffre-t-elle ? Si c’est le cas, ce n’est pas son syndrome qui la fait souffrir, mais bien notre propre attitude face à son exceptionnalité.

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