Lettre - Aide médicale: mieux distinguer pour éclairer

Le projet de loi sur « l’aide médicale à mourir » comporte deux volets majeurs : la promotion des soins palliatifs et « l’aide médicale à mourir », c’est-à-dire l’euthanasie, à savoir le choix de supprimer la vie dans des situations de graves souffrances et que certains voudraient étendre à des cas de gens inaptes à donner un consentement, comme celui de patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Amalgamer les deux volets sème la confusion. Il faudrait scinder le projet de loi en deux pièces législatives distinctes. On saurait ainsi dans quoi on s’engage dans chaque cas.

 

Le développement des soins palliatifs recevra sans doute un appui unanime, tant au sein de la population que de la députation. En revanche, on peut prévoir que le soutien à l’euthanasie sera loin d’atteindre le niveau d’approbation espéré par ceux qui en font la promotion sous l’étiquette trompeuse de « l’aide médicale à mourir ». Il serait déplorable que l’on prenne position sur une question aussi grave sans d’abord dissiper la confusion entretenue par un usage ambigu des mots. Bien cerner l’enjeu du débat aiderait à prendre une décision éclairée.

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3 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 23 septembre 2013 07 h 01

    Confusion!

    Le problème: le Québec vit dans la confusion depuis quelques années. Sur plusieurs sujets, comme le projet de charte des valeurs qui traite plutôt de laïcité et le projet de loi 52 qui évite de parler d'euthanasie mais qui la confond avec les soins palliatifs! Ainsi va le Québec contemporain.


    Michel Lebel

  • Yvon Bureau - Abonné 23 septembre 2013 08 h 36

    Des mots simples

    AMAM, pour terminer son agonie irréversible et sa vie, si librement voulue.

    Soins de fin de vie, maison et unité de fin de vie, lits de fin de vie. C'est plus précis que maison de soins palliatifs, Unité de soins palliatifs...

    Aide médicale à mourir : C'est l'expression de la population. Docteur, aidez-moi à mourir, aidez-moi à en finir. Personne ne demande : Dr aidez-moi à me suicider, euthanasiez-moi...

    Les gros mots comme euthanasie, donner la mort, supprimer la vie, n'appartiennent qu'aux professionnels qui s'opposent à toute aide active médicale à mourir, et souvent qui sont en faveur de la vie jusqu'au bout, naturellement. Et qui veulent l'imposer à tous. À tord.

  • Jean-Léon Laffitte - Inscrit 24 septembre 2013 15 h 41

    Les gros mots sont utilisés par la majorité des médecins...

    Ces mots (euthanasie, donner la mort, supprimer la vie) réflètent la réalité et c'est la raison pour laquelle l'euthanasie est interdite dans 192 pays sur la planète

    Le Dr Paul Saba, de la Coalition des médecins pour la justice sociale, affirmait aujourd'hui même à la consultation publique sur l'«aide à mourir dans la dignité» :

    « Il faut rappeler que 9, 000,000 de médecins, qui font partie de l'Association Médicale Mondiale à travers 100 pays, dénoncent l'euthanasie comme pratique médicale ». Les risques de dérapage sont réels dans les 4 pays autorisant l'euthanasie ou assistance au suicide (Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Suisse) et 2 états américains. Il ne faut pas oublier qu'il y a 192 pays où l'euthanasie est rejetée comme pratique.

    Les études internationales démontrent clairement que les balises et les contrôles sont insuffisants ou déficients. Le tiers des patients euthanasiés en Belgique n'aurait pas été en mesure de donner un consentement libre et informé (J Médical Association Canada, 15 juin 2010). Toujours en Belgique, presque 50% des cas d'euthanasie n'ont pas été rapportés aux autorités (British Medical Journal, 5 octobre 2010). Aux Pays-Bas, plusieurs patients n'ont pas été évalués par un deuxième médecin (BMJ, 24 septembre 2005). En Oregon, 20% de patients déprimés n'ont pas eu accès à une évaluation psychiatrique ou psychologique avant d'être euthanasiés (BMJ, 2 août 2008).

    Après une analyse de 57 articles dans Current Oncology en 2011, le docteur Jose Pereira, directeur des soins palliatifs à l'université de l'Hôpital d'Ottawa, arrive à la conclusion que la sécurité des balises et des contrôles exigés en matière d'euthanasie est illusoire. »

    Les mots « Aide à mourir dans la dignité » sont plutôt ceux de l'illusion...