Lettre - Good cop, bad cop

Quand Bernard Drainville joue les gros bras, son camarade Jean-François Lisée joue les bons gars ; ces nouveaux élus politiques ont assimilé les leçons du cinéma et ont choisi de scénariser l’appel au peuple.

 

L’ennui, c’est que le PQ risque de sacrifier sur l’autel du « nous » une occasion unique d’affirmer la laïcité. Cette dernière est une valeur universelle. En la nationalisant pour des fins partisanes, nos scénaristes lui enlèvent sa pertinence, en offrant un droit de retrait aux municipalités, hôpitaux et autres institutions, ils lui retirent sa raison d’être.

 

Faut-il rappeler que les électeurs ne sont pas les spectateurs d’une minisérie intitulée Les dessous du Parlement, mais des citoyens qui majoritairement souhaitent que l’État soit neutre, ne favorise aucune confession et que ses policiers, ses juges et autres fonctionnaires en position d’autorité fassent preuve de la même retenue. Tout le reste, y compris le crucifix de l’Assemblée nationale, relève du folklore.

10 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 20 septembre 2013 01 h 30

    Pas seulement les fonctionnaires en autorité...

    Tout comme l'État n'a pas affaire dans les chambres à coucher, il ne doit pas s'immiscer dans le for intérieur des citoyens et des citoyennes. L'État n'a pas à choisir entre la liberté de conscience (liberté de culte et liberté de croire ou de ne pas croire) et la liberté de religion ou de les mettre en opposition. Il ne doit pas exercer de pression sur les consciences. Nul ne peut être contraint par la force ou par la loi à posséder la béatitude.
    L'égalité citoyenne des hommes et des femmes, la neutralité de l'État vis-à-vis les religions et l'interdiction du port ostentatoire de signes et de symboles religieux par les employés-es de l'État forment un tout organique.
    À contrario, examinons les données suivantes : la religion juive est constituée de multiples sectes (ashkenase, séfarade, hassidim, loubavitch, haredim, etc.), la religion musulmane, de même (sunnite, chiite, ibadiste, wahhabiste, salafiste, soufiste, etc.), la chrétienne aussi. Alors, pourquoi seulement la croix et pas le chapelet au cou, pourquoi la kippa et pas le shtraïmel (chapeau noir dont les larges bords sont ornés de fourrure), pourquoi le foulard et pas le tchador.
    Et puis, si je suis fonctionnaire, et que je me convertis aux disciples de Krishna, pourquoi pas le port du vêtement orange.
    Quant au crucifix du Salon bleu, en plus d'être un symbole fort de la religion catholique, il représente la collusion de l'État et de l'Église voulu par Duplessis. Mais en plus, sa présence voulue renfermait l'injonction suivante : désobéir au pouvoir politique, c'est ipso facto désobéir à Dieu.

  • Martin Maynard - Inscrit 20 septembre 2013 04 h 42

    Laïcité?

    "Cette dernière est une valeur universelle. "
    Hum, je ne pense pas que ce soit une valeur. Disons plutôt un principe. Et je ne crois pas non plus qu'il soit "universel".

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 20 septembre 2013 06 h 41

    Simple et précis

    Voilà qui est simple et précis. Mais plutôt que Good cop/bad cop, j'intitulerais ce propos Laurel & Hardy.

    À moins que ...

    À moins que nous en soyons aux premières escarmouches, à fleuret moucheté, entre deux candidats à la succession de madame Marois.

    Desrosiers
    Val David

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 20 septembre 2013 07 h 52

    Drainville

    Si j'étais Drainville, ça ferais longtemps que j'aurais sauté les plombs à entendre ces cris d'orfraies qui hurlent au massacre contre son projet. Peut-être qu'il avait besoin de prendre ses distances avant que la moutarde ne lui monte vraiment au nez.

    Pensez-y un 'tit peu... Comment réagiriez-vous à un accueil semblable ? Vous-là ?

    • J-F Garneau - Abonné 20 septembre 2013 10 h 16

      "Comment réagiriez-vous à un accueil semblable ? Vous-là ?"

      Drainville, il a créé son "accueil" au projet.
      D'une Charte de la laicité, qui aurait, somme toutes, rallié l'ensemble des québécois, il en a fait une "Charte des Valeurs Québécoises" et exit une grande partie du support. Ensuite en allant plus loin que la sagesse aurait dicté, et l'opinion de la majorité, exit une autre grande partie de support.
      Et en polarisant (gouvernance souverainiste oblige) en associant les supporteurs du projet aux "vrais" (au "Nous", ceux qui se tiennet debout) et les opposants (les fédéralistes) aux "autres" (les colonisés et le ROC) Drainville le populiste a tendu le piège. Si on est contre, pour n'importe quelle raison, on pourra nous reprocher de ne pas être des "vrais".
      Mais voilà, plusieurs indépendantistes qui se considère du "Nous" l'ont désavoué.
      Alors pour un gouvernement qui prétend qu'il veut avoir un dialogue... si on ne tolère pas la chaleur, vaut mieux pas entrer dans la cuisine.
      Drainville et le PQ ont été les artisans de leur sort. Il n'a que lui à blâmer.

  • Michel Lebel - Abonné 20 septembre 2013 08 h 30

    Une question de sondages!

    Cette charte des valeurs est devenue une affaire de sondages, à savoir qui récolterait le plus d'appuis chez les francophones en régions. Et comme la gouvernement a su créer une fausse crise identitaire, il veut capitaliser encore plus sur le phénomène de peur, d'invasion... D'où un Jean-François Lisée qui demande maintenant de reserrer la charte dans le sens de moins de dérogations possibles, les francophones des régions n'aimant pas les exceptions! Et le ministre Drainville de jouer au grand démocrate au-dessus de la mêlée! Quel navrant spectacle avec une supposée grande charte des "valeurs"...!


    Michel Lebel

    • simon villeneuve - Inscrit 20 septembre 2013 11 h 01

      M.Lebel "... devenue une affaire de sondages, à savoir qui récolterait le plus d'appuis chez les francophones en régions. Et comme la gouvernement a su créer une fausse crise ..."

      Avez-vous deja oublier la guerre de sondage des carres rouges contre les carres verts , initier par les liberaux ?

      S.Villeneuve