Lettre - Rémunérer les ingénieurs par honoraires

C’est par sa façon de rétribuer les firmes de génie que l’État a ouvert la porte à la collusion. D’une part, en attribuant les contrats sur une base financière dans la loi 106, on a traité les ingénieurs comme des entrepreneurs et non comme les membres d’un ordre professionnel. Fait-on cela avec les avocats, médecins ou notaires ? Cette loi a été un ver dans la pomme. Avant son adoption, la concurrence pouvait être basée davantage sur la qualité des offres.

 

Si l’on veut éviter la collusion, il faut retourner à ce qui existait avant le milieu des années soixante-dix. Le régime de rémunération des firmes d’ingénieurs était alors basé sur des honoraires minimums, négociés une fois par année entre l’État et l’ordre professionnel. Ces honoraires assuraient une rémunération convenable qui donnait satisfaction aux propriétaires des firmes. Les mandats étaient accordés sur une base de compétence excluant toute considération financière. Dans certains cas, pouvant donner voie à des émoluments supérieurs, l’ingénieur devait s’adresser au client pour les obtenir. Avec la commission Charbonneau, nous pouvons réaliser que la cupidité de certains politiciens et leur incompétence sont à l’origine de la corruption et de la collusion. Cessons de pourfendre les ingénieurs.


Jean-Marie Desgagné - Québec, le 5 septembre 2013

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