Lettre - Oui à l’affirmation de nos valeurs communes!

Je me suis vue plutôt indignée mercredi matin en lisant le texte de Francine Pelletier. D’abord, cette dernière émet un lien douteux entre un acte haineux qui fut perpétré envers la communauté musulmane de Saguenay et la future Charte des valeurs québécoises, comme si tous ceux qui étaient en accord avec cette Charte encourageaient la haine envers « l’Autre ».

Ensuite, elle affirme que l’harmonie règne à Outremont, où la communauté hassidique ne demande rien à personne, « sauf peut-être d’être respectée ». Pourtant, cette communauté, « visiblement non intégrée », comme l’affirme elle-même l’auteure, transmet un message clair, soit le fait qu’elle rejette bon nombre des valeurs qui sont communes et qui sont chères à une majorité de Québécoises et de Québécois, dont l’égalité entre les femmes et les hommes.

Le Québec est une terre d’accueil généreuse et ouverte à la diversité, ouverture à laquelle la majorité québécoise est aussi en droit de s’attendre de la part de ceux qui choisissent de venir s’y établir. Ce n’est pas un simple morceau de territoire de l’Amérique du Nord où tous peuvent venir s’installer pour vivre en parallèle de la majorité, rejetant ainsi les valeurs de la nation qui les a accueillis. Aussi, à la fin de son texte, elle affirme vouloir vivre dans ce Québec-là (celui des deux mondes parallèles), et non dans celui qui se fait du sang de cochon. Or, Mme Pelletier, je veux simplement vous annoncer que ce ne sont pas les deux seules options qui s’offrent aux Québécoises et aux Québécois.

Il est en effet possible de rassembler toutes les Québécoises et tous les Québécois, peu importe leurs origines ou leurs croyances religieuses autour de valeurs communes et d’un État résolument laïque. En terminant, je voulais simplement vous mentionner que la féministe en moi n’a aucun scrupule à procéder à une hiérarchisation des valeurs, c’est-à-dire à placer l’égalité entre les femmes et les hommes au-dessus de la liberté de religion, sachant que la religion est responsable de l’oppression d’un nombre important de femmes à travers le monde. Il faut croire que Dieu, Yahvé, Jéhovah ou encore Allah, donnez-lui le nom que vous voulez, était très certainement un homme.

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