Lettre - Un ballon qui ne mérite pas de décoller

Espérons que la fuite concernant la proposition de « Charte des valeurs québécoises » n’est qu’un ballon d’essai et que ce ballon ne décollera pas. Ce serait une attaque injustifiée contre les droits des minorités religieuses.

 

Je suis enseignant et donc un employé du secteur public, mais je ne représente pas l’État québécois. Je travaille pour lui, pour mes élèves et pour la société québécoise dans son ensemble.

 

Si j’ai des croyances religieuses et que je choisis de les rendre visibles, ça ne regarde pas mon patron, tant et aussi longtemps que ça n’affecte pas la qualité de mon travail.

 

Les 450 000 travailleuses et travailleurs du secteur public ont présentement le droit de porter des signes d’appartenance religieuse et, à ma connaissance, ça n’a causé aucun problème dans notre réseau de la santé, dans le monde de l’éducation ou ailleurs.

 

Si l’État exclut une personne d’un travail dans le secteur public en raison de sa religion, il cesse d’être neutre et donc va à l’encontre de la laïcité. Pour un État vraiment laïque, la religion des personnes ne devrait pas être un facteur justifiant soit des privilèges, soit de la discrimination.

 

Le droit de ne pas voir ou connaître la religion des autres n’existe pas. L’obligation qu’on veut imposer aux personnes religieuses de cacher leurs croyances serait le contraire de la laïcité.

 

La religion des autres ne me dérange pas. La religion de mes collègues, visible ou non, ne change rien à la nature laïque de notre école. Le gouvernement Marois semble vouloir créer une crise là où il n’y en a pas. Et ce sont surtout des femmes musulmanes qui en souffriraient. Ce serait une honte pour le Québec.

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