Lettre - Mon indispensable librairie indépendante

Pour compenser l’absence du recours à une bibliothèque digne de ce nom, bien nantie et facile d’accès, j’ai dû, j’imagine comme beaucoup d’autres lecteurs, devenir une cliente de librairie. Heureusement, m’accompagne sans relâche, avec passion et dynamisme depuis une trentaine d’années, une librairie indépendante qui non seulement a survécu contre vents et marées, mais réussit allègrement à tirer son épingle du jeu même à l’ère de l’engouement pour le livre numérique, format qu’elle ne boude pas d’ailleurs.

 

Elle ne m’impose aucun palmarès, ni coups de coeur, expose certes les meilleurs vendeurs sans claironner outre mesure. Ma librairie indépendante respecte mon indépendance de goût et de jugement. En tout temps, je peux compter au besoin sur des suggestions étayées de conseillers réellement éclairés, toujours curieux de connaître l’avis des clients après lecture !

 

Récemment, une vitrine était consacrée entièrement à la poésie québécoise ; j’aime ce type de nuances de gris ! Et nul besoin de chercher les nouveautés littéraires québécoises : elles sont bien en vue. Il y a fréquemment des rencontres avec des auteurs, il y a un espace d’exposition.

 

Oui, je paie plus cher que dans des grandes surfaces, mais en m’enrichissant ! Ma librairie n’est pas un commerce du livre, un « auto-service », c’est une brasseuse d’idées, d’opinions, un terroir d’émulation ; dans notre quartier, c’est un rare carrefour culturel !

 

Ce que je souhaite le plus profondément, c’est la pérennisation de tels lieux qui participent entre autres à l’épanouissement de notre francophonie. Leur extinction ne contribuerait qu’à transformer le livre en simple objet de consommation plutôt qu’en allumeur de méninges et de métaphores ; pire, à reléguer aux oubliettes de nouveaux écrivains, des auteurs prometteurs. La survie des lettres en dépend !

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2 commentaires
  • Michel Lefebvre - Inscrit 21 août 2013 05 h 44

    «Pour compenser l’absence du recours à une bibliothèque digne de ce nom, bien nantie et facile d’accès»... vous ne demeurez pas à Montréal? je me demande comment on peut en arriver à considérer la Grande bibliothèque comme n'étant pas «digne de ce nom, bien nantie et facile d'accès». Trop loin de chez vous, peut-être? Ceci dit, je pense qu'on devrait protéger les librairies indépendantes, mais leur clientèle ne grossira pas avec l'adoption du prix unique, seuls les Costco et al. seront touchés.

    Michel Lefebvre, Montréal

  • Guillaume Deschênes - Abonné 21 août 2013 12 h 12

    Vous ne demeurez pas à Montréal???

    Vous avez bien raison!

    Hors de Montréal, point de salut!
    Comment se fait-il que des gens habitent en dehors de la région métropolitaine?


    (Je fais du sarcasme en passant...)

    Guillaume Deschênes