Lettre - Usito en campagne

La responsable du dictionnaire Usito n’a pas encore réussi à se départir du réflexe largement exploité dans la construction de son projet autrefois appelé FRANQUS : dénigrer autrui pour se mettre en valeur. Dans une interview donnée au Devoir (10 août, p. B2), après avoir qualifié le Dictionnaire québécois d’aujourd’hui et le Dictionnaire du français plus de « beaux ouvrages » (tout un changement de discours chez elle qui les avait pourfendus dans le passé !), elle ne peut s’empêcher de décocher une flèche à l’endroit du Trésor de la langue française au Québec (Université Laval), qui, à l’en croire, n’a « jamais abouti », alors qu’Usito, lui, est en ligne.

 

Rectifions. Le TLFQ a produit en 1998 le Dictionnaire historique du français québécois, qui a été entièrement versé dans la Base de données lexicographiques panfrancophone, véritable dictionnaire numérique : contrairement à Usito, la BDLP se prête à de multiples recherches et sa consultation est… gratuite !

 

Mme Cajolet-Laganière aurait pu en outre se souvenir que son meilleur rédacteur, celui qui a écrit l’article « Bleuet », qu’elle met en évidence, a acquis sa formation au TLFQ. Les articles de ce linguiste, portant sur la faune et la flore, résultent d’une véritable analyse de la documentation québécoise et sont remarquables. Pourra-t-on en dire autant des autres, formant la plus grande partie du dictionnaire, quand on sait qu’Usito reprend le plus souvent les analyses d’un dictionnaire de France, le TLF de Nancy ?

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